L’or n’a pas d’odeur, mais celui qui circule en Suisse est “douteux”, rapporte Le Temps. La Suisse, “principal importateur d’or du monde”, ne peut garantir que le métal précieux qu’elle fait venir est extrait dans des conditions acceptables”, affirme un rapport de Swissaid publié jeudi 16 juillet, qui vise les Émirats Arabes Unis (EAU), premier exportateur d’or en Suisse, et Dubaï, une “plaque tournante” de l’import “de métaux précieux d’Afrique”, souvent “soupçonnés d’être d’origine criminelle”.

Crimes de guerre

L’ONG pointe l’entreprise suisse Valcambi, plus grande raffinerie de métaux précieux du monde. Avec une capacité de raffinage de 2 000 tonnes par an, Valcambi est aussi le principal importateur suisse d’or des EAU et se fournit auprès de deux entreprises émiraties, Kaloti et Trust One Financial Services (T1FS). Swissaid écrit :

Kaloti se fournit en or dans un souk à Dubaï, où les contrôles manquent de sérieux, et au Soudan. Kaloti serait le principal client de la banque centrale de cet État africain, qui, selon l’ONU, achète de l’or à des milices impliquées dans des crimes de guerre et des violations des droits humains au Darfour.”

Première conséquence du rapport de Swissaid : le groupe helvète Argor-Heraeus, qui importe aussi de l’or des EAU, “va réévaluer certaines relations d’affaires à la suite des mises en garde”.

Un rapport du Contrôle fédéral des finances en juin pointait “des lacunes en Suisse”, explique le journal. Ainsi, “les douanes se contentent notamment de demander le nom du dernier pays par lequel l’or a transité avant d’arriver, et son pays d’origine.” Le pays d’extraction ne figure presque jamais dans les registres. Swissaid résume le problème : “les Suisses ‘ne sont pas tenus de s’assurer que l’or a été produit sans violer les droits humains’”.