France
This article was added by the user . TheWorldNews is not responsible for the content of the platform.

En Turquie, une explosion à Ankara qualifiée d’« attentat à la bombe » par le ministère de l’intérieur

Lecture restreinte

Votre abonnement n’autorise pas la lecture de cet article

Pour plus d’informations, merci de contacter notre service commercial.

Bakhmout, Oblast de Donetsk, Ukraine, le 25 février 2022 La dernière route d’accès à la ville de Bakhmout, dans le Donbass, autour de laquelle les forces russes resserrent leur étau. A l’entrée de la ville, une des ambulances qui viennent chercher les blessés gît carbonisée, touchée l’avant-veille par une roquette. Photo Laurent Van der Stockt pour Le Monde
LAURENT VAN DER STOCKT POUR « LE MONDE »
Par Rémy Ourdan

Article réservé aux abonnés

RécitLa première phase du conflit a été jalonnée de tant de surprises qu’elle a masqué le rythme d’une guerre conventionnelle classique, avec ses rudes batailles mètre par mètre. A Kiev, l’illusion d’une victoire rapide s’est envolée.

De l’état de choc face à l’invasion lancée par Moscou à l’ardeur de la résistance, de la colère suscitée par les crimes russes à l’enthousiasme des victoires militaires initiales, l’Ukraine n’a guère pu réfléchir, dans l’urgence des premiers mois, à la nature du conflit. L’hiver et le froid sont alors arrivés, avec une guerre de positions et d’usure. Puis sont revenus le printemps, l’été, et désormais un autre automne, avec leurs âpres batailles mètre par mètre. Le défi pour Kiev, aujourd’hui, est l’épreuve du temps.

L’homme qui a déclenché cette guerre en envahissant l’Ukraine et qui serait, à ce titre, le seul à pouvoir y mettre un terme en retirant son armée du champ de bataille, le président russe, Vladimir Poutine, l’a appris à ses dépens : son projet de conquérir Kiev en trois jours s’est transformé en un conflit dont nul, pas même lui, ne peut entrevoir la fin.

S’il n’existe pas de maître des horloges, il y a parfois des sages. Des gens lucides mesurant pleinement, souvent avant les autres, les risques et les aléas des combats, les difficultés à venir, et qui savent que la guerre est synonyme d’incertitudes, de hasards et de surprises. En Ukraine, l’un de ces sages est Valeri Zaloujny, le chef d’état-major des forces armées. Ce général, passé par le commandement des opérations spéciales et entré dans l’histoire pour avoir mis en échec le plan initial d’une armée aussi puissante que celle de Moscou, a averti que ce conflit pourrait durer longtemps. Pourtant, bien qu’il soit le mieux placé pour juger de la situation, et par ailleurs l’homme le plus populaire du pays, peu d’Ukrainiens l’ont écouté, ou réellement compris.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés

Depuis le déclenchement de l’invasion russe, que ce soit dans un article coécrit, en septembre 2022, avec le général Mykhaïlo Zabrodsky – « Les perspectives de la campagne militaire en 2023 du point de vue des Ukrainiens. Combien de temps cette guerre peut-elle durer et comment pouvons-nous la gagner ? » –, ou dans de rares entretiens accordés aux médias, Valeri Zaloujny n’a cessé de mettre en garde son pays, en rappelant deux évidences. D’abord, la volonté de M. Poutine est de conquérir l’Ukraine, et une nouvelle tentative de s’emparer de la capitale n’est pas à exclure. Ensuite, l’objectif de Kiev de libérer tous les territoires ukrainiens jusqu’aux frontières de 1991, s’il n’est pas hors de portée, nécessite un effort colossal et du temps.

Le plan B de la Russie

L’idée que Russes et Ukrainiens soient engagés dans une guerre longue est pourtant contenue dans quelques données originelles. Si l’ordre d’invasion a été émis le 24 février 2022, l’armée russe s’y préparait depuis des années et les racines du conflit armé remontent à 2014, avec l’annexion de la Crimée et les affrontements dans le Donbass. La guerre aura donc bientôt 10 ans, ce qui en soi est déjà long et témoigne de la détermination russe à conquérir l’Ukraine, pas d’un caprice éphémère. Autant dire qu’il serait difficile pour Moscou de renoncer. L’échec de son assaut contre Kiev, qui visait la tête du pouvoir et le cœur du pays, impliquait un conflit s’inscrivant dans la durée : la guerre longue est simplement le plan B de la Russie.

Il vous reste 83.46% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.