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Enquête sur Gaël Perdriau : après une « attaque sans précédent contre la liberté de la presse », la justice tranche finalement en faveur de « Mediapart »

La vice-présidente du tribunal judiciaire de Paris est revenue sur sa précédente décision du 18 novembre, dans laquelle elle interdisait au site d’investigation de publier de nouvelles informations sur le maire de Saint-Etienne.

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Mediapart a finalement pu publier, mercredi 30 novembre, ses dernières révélations sur les pratiques politiques du maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau. La vice-présidente du tribunal judiciaire de Paris, Violette Baty, est revenue sur sa première décision du vendredi 18 novembre, dans laquelle elle interdisait de publier de nouvelles informations tirées d’un enregistrement audio datant de 2017. Le directeur de la publication, Edwy Plenel, avait alors dénoncé une « censure préalable », pointant notamment le fait que Mediapart n’avait pas eu droit au contradictoire. Entendu en référé vendredi 25 novembre, il était venu demander « de mettre fin au plus vite à une attaque sans précédent contre la liberté de la presse ».

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Un vœu exaucé en grande partie par Mme Baty, qui a cette fois tranché, mercredi 30 novembre, en faveur du site d’investigation, condamnant le maire de Saint-Etienne à lui verser 9 000 euros. Dans son ordonnance, la juge reconnaît entre les lignes s’être fait manipuler par l’avocat de M. Perdriau, Me Christophe Ingrain, évoquant notamment « la rétention d’éléments » par ce dernier et « le défaut d’information du juge des requêtes sur l’état des discussions en cours avec le journaliste ».

« Le recours à la requête entraînant un traitement judiciaire exorbitant, dérogeant à un débat contradictoire immédiat, ne doit pas être dévoyé de son objet et servir à instituer un contrôle a priori de toute publication », prévient la magistrate. Contacté, l’avocat critiqué n’a pas répondu aux sollicitations du Monde.

Si Fabrice Arfi, le coresponsable du pôle enquête de Mediapart, se réjouit de cette victoire judiciaire, le journaliste espère désormais que cette « censure historique » permette une réflexion parlementaire. « Cela éclaire la nécessité d’un changement législatif pour mettre fin au conflit entre cette procédure civile qui existe et ce que sont les exigences de la liberté d’informer dans notre République », assure-t-il.

« La presse est attaquée de toutes parts »

Réagissant à la procédure visant Mediapart, la sénatrice centriste Nathalie Goulet a déposé, lundi 21 novembre, une proposition de loi pour compléter la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, garantissant qu’une publication ne puisse « être interdite qu’en application d’une décision judiciaire rendue contradictoirement ».

En attendant, de nombreux syndicats de la profession s’inquiètent de la multiplication des « procédures bâillons » à l’égard des journalistes. « La presse est attaquée de toutes parts, alerte Dominique Pradalié, présidente de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), car de plus en plus de sociétés détournent la loi pour affaiblir la liberté d’informer. » La représentante du FIJ était justement présente aux côtés du site d’information Reflets.info, dont l’audience en appel se déroulait aussi mercredi 30 novembre devant la 14e chambre de la cour d’appel de Versailles.

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