France

Farine : pas de panique, le meunier ne dort pas…

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Pas la peine de stocker de la farine. II y en aura pour tout le monde… Et si on peut aller acheter son pain chez le boulanger, c’est encore mieux.

Peur de manquer de farine ? Aucune raison : la France en est le deuxième producteur européen, exportant même une partie de sa production. Seul problème : en ce moment, une très forte demande s’est reportée sur la farine en sachet. Or, les meuneries françaises spécialisées dans la farine en conditionnement ne sont plus légion. Certains jours, on ne trouve plus de farine dans les rayons.

« La demande pour la farine en sachets a doublé en huit jours » précise Jean-François Loiseau, président de l’Association nationale de la meunerie française. « Le problème est que ce secteur ne représente plus que 5 % des ventes et que, sur les 358 entreprises de meunerie françaises, seules quatre ou cinq fabriquent de la farine en petit conditionnement. À force de tordre le cou à nos entreprises, en tirant toujours au plus bas les prix, la grande distribution - celle-là même qui a besoin de nous aujourd’hui - les a dissuadées de travailler dans ce secteur ». Ceci étant posé, le président de l’ANMF souligne que les meuneries se sont rapidement adaptées à la demande : mise en place des 3X8 sur six, voire sept jours sur sept. « Aujourd’hui, on arrive à produire en quantité suffisante mais il faut aussi que le consommateur fasse preuve de civisme. Ce n’est pas la peine d’acheter dix kilos de farine. Deux ou trois, c’est suffisant ».


Des sachets de cinq kilos


En Bretagne (*), les meuneries, en fonction de leurs moyens, participent à cet « effort de guerre ». À l’instar de la meunerie Paulic, de Saint-Gérand (56), où les trois moulins et les 34 salariés sont mobilisés : « On a commencé à livrer des sachets de cinq kilos, lundi, précise le P-DG, Jean Paulic. On utilise au mieux nos petits moyens pour approvisionner plusieurs enseignes. Nous avons la chance de travailler pour divers secteurs : industrie pâtissière, biscuiteries, charcuteries, laboratoires de la grande distribution, sachets… Ce qui nous permet de maintenir notre volume de production. Ce qui n’est malheureusement pas le cas des collègues qui travaillent principalement pour la boulangerie artisanale, dont le chiffre d’affaires s’est écroulé de 50 % ».


Soutiens aux boulangers


Tel est le cas de la meunerie Jaffrès, à Bohars (29) : « Nous avons de la demande mais nous ne pouvons y répondre car nous ne sommes pas équipés pour livrer de la farine en sachets en grande quantité », confie le directeur, Jean-François Jaffrès, président régional de l’ANMF. « Après un pic avant le confinement, ce qui a entraîné un réapprovisionnement en farine des boulangers, les ventes ont chuté. Ça semble remonter un peu, toutefois. Les boulangeries à la campagne s’en sortent mieux que dans les villes, sachant que pour la viennoiserie et la pâtisserie, ça souffre partout. Seul point positif : les témoignages de soutien de clients saluant les efforts des boulangers pour rester ouverts dans de bonnes conditions de sécurité, proposant aussi, parfois, des services de commande ou de portage ».


Investir pour être plus autonome


Autres points positifs, selon Jean Paulic : « Les gens redécouvrent que la farine est un bon produit et se remettent à la cuisine. Cette crise redonne également toute sa valeur à la notion de territorialité et de proximité ». Ce qui confirme que le récent investissement de dix millions d’euros pour tripler le volume de production de sa meunerie (60 000 tonnes), afin, notamment, de rendre la Bretagne plus autonome en production de farine, apparaît, plus que jamais, judicieux.

(*) 37 meuneries, de moins de 1 000 à 22 000 tonnes de capacité de production
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