L’un des plus beaux spectacles automnaux que nous offre la nature, le brame du cerf, semble perdre en puissance depuis quelques années. Brames mous, courts, plus timides, plus hypothétiques ou moins intenses : de nombreux témoins évoquent cette perturbation du rut des cervidés dans le massif vosgien. En cause : les dérangements croissants provoqués par l’homme.

Le soir s’estompe sur les crêtes vosgiennes ce jeudi 22 septembre, lorsqu’un grand mâle se montre, enfin, au loin sur les hauteurs. La discrétion croissante du brame illustre une problématique de partage de l’espace naturel.  Photo L’Alsace /Marc WILB

Pouvait-on imaginer ne plus pouvoir faire ciller ses yeux de biches devant les odes wagnériennes d’un stentor à bois ? Le rut des cervidés a pourtant son étiquette. À la période des amours, il permet d’attirer les biches et leur dire des mots doux, voire plus, ainsi qu’à dissuader les soupirants éventuels. Ici, c’est chez moi, s’époumone le coiffé, pas touche à mes chéries ! La saison du brame s’avère d’ailleurs très épuisante pour le cerf, qui peut perdre plus de 20 % de sa masse corporelle. Donc pas question, quand l’amour est dans le bois, de devoir décamper parce qu’un malotru s’est faufilé dans votre « chambre nuptiale ».

« Des comportements de plus en plus aberrants »

Dans sa manifestation la plus sonore, le cerf est victime de son succès, ainsi que de celle des loisirs verts. Les Brahms de la forêt ont trouvé leur public. Ainsi au centre d’initiation à la nature du Rothenbach, au-dessus de Wildenstein, un excellent poste d’observation, la fréquentation en période de brame s’est...