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Faute d’électricité abordable, les industriels se ruent sur les générateurs diesel

Qui n’a pas son diesel de secours ? Depuis quelques semaines, les entreprises cherchent tant bien que mal à se prémunir contre l’envolée des coûts de l’énergie. Certaines réduisent leur production, d’autres la décalent la nuit ou le week-end quand l’électricité est moins chère. Pour faire des économies, beaucoup se tournent aussi vers les groupes électrogènes qui, en plus, leur permettent de se prémunir des coupures. C’est le cas des PME comme des grands groupes comme Michelin ou le verrier Arc international.

Avec un coût de l’électricité au-dessus de 400 €/MWh, il est plus intéressant financièrement d’utiliser un générateur d’appoint pour produire son courant, plutôt que d’être branché sur le réseau. Sur les marchés de gros, vendredi 30 septembre, les prix étaient à 885 €/MWh pour novembre et à 1 320 €/MWh pour décembre.

Des machines arrivent de l’étranger

« C’est la ruée, au point qu’il n’y aura sans doute pas assez de machines pour tout le monde », estime Thibaut George, le PDG d’Axciss, un groupe de maintenance industrielle, dont une filiale, Dekran Power, loue des installations électriques provisoires. Pour répondre à la demande, il explique avoir déjà rapatrié en urgence une cinquantaine de groupes électrogènes du Moyen-Orient afin de les réinstaller en Champagne et dans les Alpes. Ses clients ne veulent pas être cités, dit-il, car ils ont peur d’être attaqués sur leur empreinte environnementale.

Jusqu’à présent, le marché français des groupes électrogènes était assez limité, avec des ventes plutôt stables. Il s’adresse principalement aux structures qui doivent être équipées pour des raisons réglementaires (centres commerciaux, hôpitaux, etc.), et celles qui ont des besoins ponctuels, comme les grands chantiers du BTP et les organisateurs d’événements.

Les prix sont très variables

Mais aujourd’hui, la demande change de dimension. « Beaucoup d’industriels sont paniqués et cherchent des solutions, notamment tous ceux qui ne peuvent pas se permettre d’arrêter leurs machines », explique Frank Roubanovitch, président du CLEEE, une association de grands consommateurs d’énergie. Certains veulent faire tourner les groupes 24 heures sur 24, ce qui nécessite en plus de construire en urgence des cuves, certaines pouvant contenir jusqu’à 20 000 litres. Pour obtenir un mégawattheure d’électricité, il faut 250 litres de diesel.

Pour répondre à leurs besoins, des entreprises cherchent aussi à louer plusieurs groupes électrogènes, reliés les uns aux autres. C’est le cas, par exemple, dans la métallurgie, les sucreries ou encore les cimenteries, dont la demande peut avoisiner 10 MWh. Les prix des installations varient, évidemment, en fonction de la taille. Il faut compter une vingtaine de milliers d’euros pour une centrale alimentant un magasin alimentaire équipé de réfrigérateurs.

Des pénuries sur tous les composants

Pour les grosses installations, la facture peut grimper jusqu’à 400 000 € pour celles qui produisent 1 MWh. Il y a peu de fabricants, et au coût de la machine elle-même s’ajoutent les équipements électriques nécessaires pour la faire fonctionner, comme les transformateurs.

« Nous sommes en situation de pénurie sur tout, comme sur les câbles, et les délais d’attente s’allongent. Pour avoir un gros disjoncteur, il faut compter entre quinze et vingt semaines. Idem pour une cuve de gazole. Pour un transformateur haute tension, il y a un an de délai », souligne le patron d’Axciss. Le personnel manque également, aussi bien pour couler le béton et que pour faire le réglage des installations. Dans l’usine de Drekan dans l’Aisne, les salariés travaillent maintenant le samedi et l’entreprise cherche en urgence à embaucher des intérimaires.