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Grande dictée à Angoulême : record absolu pour la 20e et la der’ de Jean-Pierre Mathieu

Jeu avec le public

On a même dû refuser 120 personnes.

Pour sa dernière, qui coïncide avec la 20e édition, il a rempli les 720 sièges du théâtre d’Angoulême où se déroule chaque année l’évènement organisé par Cosmopolite. « On n’a jamais eu autant de monde », jubile Pascal Dulondel, directeur de la librairie, ému. Pour la première fois, elle est retransmise sur écran dans le bar du théâtre pour ceux qui n’ont pas trouvé de place dans la grande salle. On a même dû refuser 120 personnes. »

Renaud Joubert

Ce samedi à 14 h 50, la file d’attente s’étire encore devant le théâtre. « C’est la première fois qu’on a autant de mal à se garer pour la dictée », glissent en habituées Annie Challard et Françoise Amoros, 68 et 70 ans. À quelques minutes du début de la cérémonie – marquée par un hommage à Jean-Pierre Mathieu, puis un autre à François Goubault, journaliste à CL, décédé il y a quelques mois et qui en 20 ans a été le seul à réaliser un sans-faute - les équipes de Cosmopolite ouvrent précipitamment des boîtes à stylos pour combler l’affluence record.

« Géasters fimbriés », « billevesée », « œdicnème criard »

Pour sa dernière, l’homme de 74 ans a fait du Jean-Pierre Mathieu. Attendu trois minutes qu’un pitchoun finisse d’écrire sa phrase, houspillé gentiment ceux qui regardent leur téléphone, et enchaîné les blagues. « Sa personne a forcément joué un rôle. Il n’y a que lui qui peut le faire », souffle son ami Jean-Pierre Houtoy, qui l’aide à l’écriture finale de la dictée. Jean-Pierre Mathieu résume la formule. « C’est un jeu avec le public. »

“C’est un jeu avec le public. »
“C’est un jeu avec le public. »

Renaud Joubert

« On passe un bon moment, il rend le moment festif », soulignent Emilie, Isabelle et Marie, trois amies venues pour la première fois. Le public sait aussi lui reprocher quand l’orateur oublie un « est » dans une relecture, ou qu’il prononce le mot « billevesée ».

Au cours de cette 20e, il a aussi replacé des mots qui ont déjà fait causer lors des éditions antérieures. « L’œdicnème criard », les noms de champignons farfelus. « Géasters fimbriés ». « On pensait mettre encore plus de références aux années précédentes, mais on s’est dit que ça avantagerait trop les anciens », pointe Jean-Pierre Houtoy. Maryvonne Lesenne, 69 ans, fidèle participante, conclut : « Il a la classe qu’il faut. Mais c’est bien de renouveler. Les mots seront peut-être un peu plus contemporains. » L’identité du vainqueur de cette vingtième édition sera récompensé samedi prochain.

Le texte

Pitchoun. Pour réussir notre dictée, n’oublions pas nos conjugaisons, les règles de grammaire et l’écriture des mots difficiles. Évitons de trop regarder sur le voisin ou la voisine et faisons confiance à notre savoir.
Scolaire. Nous vérifions pour chaque mot sa nature, devenue depuis quelques décennies « classe grammaticale ». Puis sont détectés les genres, masculin ou féminin. Enfin le nombre est repéré, singulier ou pluriel, de même que les invariables, dont nous connaissons la liste non exhaustive des exceptions évidemment.
Junior. Écrivons mœurs comme d’habitude et mets à déguster. Le temps des analyses est venu : elles sont logiques ou grammaticales ; une autre analyse, appelée structurale, a déserté les manuels appelés aussi livres de classe. Abordons maintenant la partie sensible et comique de l’ouvrage ; celle par laquelle sont fixées les mémoires, les huées, les vociférations ou les billevesées.
Confirmé. En référence aux dictées précédentes, ce sont les noms de champignons comme géasters fimbriés à chair blanche ou d’oiseaux comme œdicnèmes criards, dont nous ignorions l’existence avant cette heure ; de desserts comme le kouign-amann ou de fleurs comme le fuchsia. Cela dicté sans psychose pour éviter d’être dithyrambiques ! Que n’oserait-on pas pour avoir l’heur de plaire ! Tout le monde. À la fin du film « Les Choristes », tombent des fenêtres les billets d’au revoir pliés pour voler.