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Haliotis 2 au service de l'industrie propre

Un thé ou un café, une bonne douche, arrosage des plantes sur le balcon, peut-être un plongeon dans la piscine... Si cela ressemble - pour certains - à un début de journée estivale classique, il est un élément : H2O, autrement dit, l'eau, qui est tenu pour acquis. Elle fait partie du quotidien. Malgré les sécheresses, malgré les appels pour la sauvegarder, elle était encore une fois utilisée, souvent gâchée. Elle disparaissait tout simplement dans les canalisations. Plus maintenant. Les stations d'épuration, un peu partout en France, sont de plus en plus performantes. D'ailleurs, le nouveau Plan eau, dévoilé en mars dernier par le président Macron, ne prévoit-il pas, entre autres, une réutilisation des eaux usées à hauteur de 10 % d'ici 2030, contre à peine 1 % aujourd'hui ? Mieux, ces stations d'épuration nouvelle génération traitent non seulement les eaux usées, mais elles ont aussi une autre fonction : celle de produire de l'énergie, décarbonée, qui pourra être utilisée pour le chauffage et refroidissement d'immeubles, ou pour d'autres activités, dont celles de l'industrie. Bref, en récupérant l'eau, c'est toute l'activité économique qui verdit en bout de chaîne ! Certes, ces nouvelles fonctions des stations d'épuration ne doivent pas empêcher les citoyens de se montrer responsables quant à leur usage de l'eau, mais elles ont la vertu de les faire participer à une nouvelle forme d'économie, plus durable.

C'est ainsi le cas de la future station d'épuration de la Métropole Nice Côte d'Azur. Lancée le 20 avril dernier, elle fera la transition entre un modèle traditionnel, Haliotis, et un nouveau complexe, Haliotis 2, producteur de ressources et d'énergie. En traitant et en valorisant les eaux usées de la Métropole, le projet, le plus grand en France et l'un des plus imposants d'Europe, est emblématique en termes d'ambitions à la fois territoriales et nationales. La nouvelle station, qui viendra progressivement se substituer, d'ici 2030, à l'actuelle, dans la Baie des Anges, devrait d'abord permettre à la Métropole d'atteindre facilement l'un des objectifs fixés par le Plan eau, puisque 26 communes, ce qui équivaut à une population de 680 000 habitants, seront raccordées à la nouvelle station, soit six de plus que pour l'ancienne. Quelque 5 millions de mètres cubes d'eaux usées y seront traités pour être réutilisés, d'autant que des filtres spéciaux auront éliminé, dès 2028, 90 % des microplastiques contenus dans ces eaux. Autant de ressources donc, qui ne seront pas prélevées dans la nature et qui serviront à arroser les espaces verts et à nettoyer les voiries de la Ville de Nice, dont elles couvriront la totalité des besoins. Mais surtout, la nouvelle station produira de l'énergie. Quatre fois plus, même, qu'elle n'en consomme aujourd'hui pour ses opérations. Et ce ne sera pas uniquement parce qu'elle aura des panneaux photovoltaïques sur son toit ! En fait, toutes les boues issues du traitement des eaux usées seront utilisées pour produire des énergies renouvelables, au rythme de 43 GWh par an de biogaz, ce qui représente la consommation de 11 000 logements ou le combustible pour faire rouler 290 bus. En outre, les calories des eaux usées traitées seront récupérées et permettront de produire de la chaleur pour l'aéroport et le Grand Arenas, le nouveau quartier d'affaires et de vie tout proche. « Avec Haliotis 2, nous anticipons les futures normes et législations. Tous les objectifs qui ont été développés par le gouvernement dans le cadre du Plan eau se retrouvent dans le cahier des charges du projet. La construction de cette nouvelle station va permettre de limiter la pression sur la ressource en eau grâce à la réutilisation des eaux usées traitées, de garantir la qualité des eaux de baignade et de protéger la biodiversité de notre territoire », résume Hervé Paul, vice-président de la Métropole, en charge de l'eau, de l'assainissement et de l'énergie, président de la régie Eau d'Azur et maire de Saint-Martin-du-Var. Cette initiative a un coût, évidemment : l'investissement total sera de 700 millions d'euros, pris en partie en charge par la Métropole.

« Usine ressource »

« Cette commande correspond parfaitement à l'expertise technologique de Suez pour la conception de stations d'épuration de nouvelle génération, relève Sabrina Soussan présidente directrice générale de Suez, qui a remporté l'appel d'offres. Pour aboutir à cette réponse sur-mesure et à une véritable usine ressource, contribuant à la transition énergétique du territoire, Suez a pu mobiliser l'ensemble des compétences du groupe. Nous sommes pleinement engagés auprès de partenaires locaux pour nourrir le développement économique, social et scientifique sur le long terme. » L'expertise technologique du maître d'œuvre se fonde aussi sur « l'intelligence artificielle et l'analyse de données, qui permettront d'anticiper et de mieux gérer les épisodes de pluie et leurs conséquences », poursuit Sabrina Soussan.

Pour Nice, ce futur complexe s'inscrira non seulement dans sa vision d'économie circulaire pour l'eau, mais bénéficiera aussi à son Plan Climat, qui vise à réduire de 55 % ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 et à atteindre la neutralité carbone en 2050. « La ressource en eau est un enjeu majeur de notre siècle, surtout pour notre territoire, déclare Christian Estrosi, maire de Nice, président de la Métropole Nice Côte d'Azur, et président délégué de la Région Provence-Alpes-Côte-D'Azur. C'est notre devoir de tout mettre en œuvre pour la sauvegarder. Ce futur complexe, une première en France, nous permettra de répondre aux défis des prochaines décennies et de faire prendre à notre métropole un temps d'avance. » Des défis qui concernent l'eau, mais aussi le verdissement des activités industrielles.

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