France
This article was added by the user . TheWorldNews is not responsible for the content of the platform.

[Inflation] Des factures d'énergie qui s'envolent

Les serristes ont été confrontés au prix du gaz qui s'est s’envolé lors de la dernière saison : 20 €, 40 €, 220 € /Mwh ! "Certains ont dû raccourcir leur calendrier de production pendant la période hivernale avec pour conséquence une perte de 10 à 30 % de chiffre d’affaires", a expliqué Isabelle Georges, directrice de la coopérative de tomates Solarenn (29 exploitations, 60 ha de serres), le 14 octobre 2022, à la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine à Rennes.

Jean Guilbaud ne chauffe presque plus ses 23 000 m² de serres à Cesson-Sévigné : "En temps normal, mon rendement est de 50 kg/m² en tomates anciennes. En cumulant les pertes de production liées au calendrier, à la pénurie de CO2 (1) à injecter dans les serres, à la pression sanitaire et à la moindre qualité des produits, il risque de tomber à 30 kg/m². Or, avec 8 salariés permanents l’hiver et les saisonniers (17 ETP), mon prix d’équilibre se situe à 35 kg/m²."

Trouver des solutions

Toutes les exploitations d’Ille-et-Vilaine ne sont pas impactées de la même façon. Les serristes sont particulièrement exposés, même s'ils ont réduit leur consommation depuis plus de 10 ans, en s’équipant avec la régulation électrique ou encore le stockage d’eau chaude. Les petits consommateurs (puissance inférieure à 36 kVA), comme la plupart des élevages laitiers, bénéficient du bouclier tarifaire de l’État.

© Isabelle Lejas - Sans chauffage, les rendements en tomates sont très réduits, a témoigné Jean Guilbaud, adhérent de Solarenn, en tribune le 14 octobre, à la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine à Rennes.

Au-delà, la facture est plus ou moins lourde selon que l’entreprise dispose d’un contrat en cours ou qu'elle est sur le marché avec des factures qui vont être multipliées par 2 ou 3. C'est le cas notamment pour les producteurs de porcs ou de volailles. "Outre le conflit Ukrainien, l’énergie restera durablement chère, prédit Loïc Guines, président de la chambre d’agriculture. Chacun doit définir sa politique énergétique. Certains vont devenir producteurs d’énergie : biogaz, panneaux photovoltaïques se développent. De nouvelles possibilités s’ouvrent sur l’autoconsommation avec la revente du surplus."