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France

Interdite, la marche des portraits a fait bonne figure

Envoyée spéciale.

Sous le regard impassible des CRS postés aux quatre coins de la zone, leur nombre a enflé. À 10 heures, le Petit Bayonne grouillait de ces groupes insolites, allant tous azimuts, un chapelet de journalistes sur leurs pas. À 10 h 10, des têtes sont apparues aux fenêtres pour crier à tout ce monde par où se diriger. À 10 h 20, un petit millier de personnes se retrouvaient esplanade Roland-Barthes, avant de repartir en un cortège vindicatif, brandissant les 128 portraits présidentiels décrochés des murs des mairies depuis janvier (le dernier ce jeudi, à deux pas de Biarritz, au nez et à la barbe des 13 000 policiers déployés dans le Pays basque), afin de dénoncer l’inaction climatique de l’État.

Non autorisée mais méticuleusement préparée, résolument non violente mais opiniâtrement bruyante, l’action de désobéissance civile aura duré deux heures. Suffisant pour braquer l’attention des médias français et internationaux dépêchés pour le G7 sur le message que les militants pour la justice climatique entendaient passer : non, Emmanuel Macron n’est pas le champion du climat qu’il prétend.

Une politique à l’envers

« On le voit encore avec ce G7 : il voudrait se faire passer pour le sauveur de l’Amazonie ! » relève Jon Palais, militant de Bizi !, mouvement alter-écolo basque à l’origine de l’initiative, aux côtés d’ANV-COP21. « La vérité, c’est qu’il n’est pas capable de mener une politique convaincante en matière de climat. » Épinglés, en vrac, son recul sur les objectifs de réduction des gaz à effet de serre ou encore la poursuite de projets incompatibles avec une sortie rapide des énergies fossiles, tel celui, autoroutier, du grand contournement ouest de Strasbourg. « La France s’obstine à ne pas prendre les mesures aptes à limiter la hausse des températures à 1,5 °C », reprend Jon Palais. Et quand elle fait mine de le faire, « c’est au détriment des plus précaires », conclut-il, ciblant la taxe carbone.

Exposés tête en bas, pour symboliser une politique qui fonctionne à l’envers, les portraits ont fini par être remballés et ramenés dans les cachettes où ils sont conservés. On peut s’attendre à une prochaine sortie courant septembre, alors que doivent reprendre les procès des 57 faucheurs inculpés à la suite de leur décrochage.

L’opération a démarré dimanche matin, furtivement, dans le Petit Bayonne, quartier claquemuré par les forces de police depuis près d’une semaine. Un peu après 9 heures, dans les rues vidangées de toute animation, des grappes d’individus ont commencé à débouler de partout et de nulle part, marchant, sagement et l’air de rien, dans ce paysage fantomatique, quelques paquets rectangulaires sous le bras, emballés dans du kraft.

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