Jean-François Cesarini, député LREM de la première circonscription de Vaucluse, est décédé des suites d’un cancer ce dimanche. Richard Ferrand, président LREM de l’Assemblée nationale et député du Finistère a twitté ce dimanche soir le décès de son collègue qui n’avait que 50 ans.

Jean-François Césarini, classé à l'aile gauche du parti présidentiel, a reçu dimanche soir l'hommage de plusieurs de ses collègues, notamment Mathieu Orphelin (Libertés et territoires), qui a évoqué son cancer diagnostiqué entre les deux tours des élections législatives de 2017. «Tu étais de ceux qui placent les convictions avant les consignes, qui font de la politique pour les gens et en les aimant, qui placent la justice sociale au-dessus de tout», a écrit Mathieu Orphelin.

«Opposés politiquement j'avais découvert un collègue courtois et doué d'humour ce qui nous avait permis de dépasser nos divergences», a tweeté pour sa part le député RN Sébastien Chenu.

Un élu franc-tireur

L’élu du Vaucluse, issu du PS, avait notamment « fait râler » en critiquant la réforme des retraites ces derniers mois. Ce membre du « collectif social démocrate », qui réunit une vingtaine de « marcheurs » à la fibre sociale, avait par exemple lancé qu’Edouard Philippe s’était « tiré une balle dans le pied » avec l’âge pivot.

Adepte des tribunes, au point que certains pointent une « manie », cet élu à l’allure sage en avait cosigné plusieurs dernièrement, plaidant pour que la réforme ne soit pas budgétaire. Des initiatives « pas idéales », selon le patron des « marcheurs » Gilles Le Gendre.

Chef d’entreprise dans l’immobilier

A Avignon, où il avait brigué en vain une investiture LREM aux municipales, il s’est illustré aussi en indiquant qu’il voterait pour la liste écologiste. Chef d’entreprise dans l’immobilier et titulaire d’un DEA de philosophie, Jean-François Césarini n’en était pas à ses premiers actes d’indiscipline, rappelait l’AFP dans un portrait datant de janvier 2020. Il s’était notamment illustré à l’automne 2018 en défendant une progressivité de la CSG sur les petites retraites.

Le député, qui avait aussi plaidé en vain pour un « nouvel ISF », martelait toutefois qu’il n’est pas « frondeur ». Il alertait en cas de « dérive très libérale de la majorité », n’ayant pas « fait la campagne de Juppé ».

Rocardien puis strauss-kahnien, il avait notamment monté une antenne du cercle de réflexion Terra Nova (proche du PS) dans le Vaucluse, rejoignant En marche « une petite année avant l’élection » d’Emmanuel Macron.

Il découvre son cancer entre les deux tours

Il avait découvert entre les deux tours des législatives qu’il était malade et est depuis « toujours en chimiothérapie tous les 15 jours », demeurant actif car rester « entre quatre murs serait encore plus dur ».

Martine Wonner, membre du collectif, voiyait en lui un « progressiste collaboratif, loyal, stratège, sympa, sensible, drôle », tandis que Matthieu Orphelin (ex-LREM) dit partager « l’idée qu’il vaut mieux exprimer ses convictions que de les taire ».