Le leader travailliste a proposé à l’ensemble de l’opposition de s’allier derrière lui pour lui permettre de devenir – temporairement – premier ministre.

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Jeremy Corbyn, à Londres, le 15 mars. Henry Nicholls / REUTERS

Plus de trois ans après le vote du Brexit et alors que le premier ministre conservateur Boris Johnson menace de faire sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) « coûte que coûte » le 31 octobre, cela ressemble à l’émergence d’un vaste camp du refus. Rien n’assure encore que cette initiative anti-Brexit aboutisse, mais sa seule existence marque un tournant.

Mercredi 14 août, Jeremy Corbyn, le leader du Parti travailliste, a envoyé une lettre à l’ensemble des responsables politiques du pays opposés au Brexit brutal brandi par M. Johnson depuis son entrée à Downing Street, le 24 juillet.

Dans cette missive, le chef de file de l’opposition met son euroscepticisme notoire de côté pour proposer une alliance transpartisane afin de renverser M. Johnson juste après la rentrée parlementaire, prévue le 3 septembre. « Notre priorité devrait être de travailler ensemble au Parlement pour empêcher une sortie sans accord douloureuse, qui empêcherait les électeurs d’avoir le dernier mot », réclame M. Corbyn aux leaders du Parti nationaliste écossais (SNP), du Parti libéral démocrate, aux nationalistes gallois et à plusieurs députés indépendants et conservateurs connus pour leurs positions pro-UE.

Alors que M. Johnson ne dispose actuellement que d’un siège de majorité à Westminster, le travailliste leur propose de s’allier derrière lui pour qu’il prenne sa place à Downing Street « pour un temps strictement limité ».

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Campagne pour l’organisation d’un nouveau référendum

Une fois au pouvoir, il demanderait immédiatement à l’UE un nouveau report de la date butoir, actuellement fixée au 31 octobre, afin d’organiser des élections anticipées. M. Corbyn s’engage ensuite à faire campagne pour l’organisation d’un nouveau référendum qui prévoirait explicitement « l’option de rester dans l’UE », et donc d’annuler le Brexit. S’il ne dit pas clairement qu’il soutiendra cette option, le leader travailliste refusait jusqu’ici d’évoquer une telle idée, de peur de s’aliéner l’électorat populaire qui a voté pour le divorce en 2016.

L’initiative de M. Corbyn découle directement des menaces de contournement de Westminster formulées ces derniers jours par le camp conservateur.

Avec sa majorité étriquée, M. Johnson se prépare en effet depuis plusieurs semaines à perdre le vote de confiance, mais il compte ensuite sur les divisions du camp du « Remain » pour se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible.