J’apprends qu’à l’âge de 15 ans, Amélie Nothomb s’était mis en tête de traduire L’Iliade. C’est elle-même qui le raconte dans une interview au Télégramme : « J’étais mal dans ma peau et j’ai décidé de m’attaquer à la traduction de ce formidable récit. » Elle ajoute aussitôt : « Soyons honnêtes : je n’en ai traduit qu’un tiers. » Elle dit ça comme si elle s’excusait. Pfff, je suis vraiment trop nulle, je n’ai réussi à en traduire qu’un tiers, tout de même, j’aurais pu faire un effort, après tout il ne me restait plus que deux tiers à traduire. Oui, c’est cela, Amélie. Pour nous mettre la honte, c’est réussi. Combien d’entre nous ont eu l’idée de traduire L’Iliade à l’âge de 15 ans, hein ? Et combien auraient été capables d’en traduire juste un tiers, soit, tout de même, quelques centaines de pages ? Ne levez pas la main tous en même temps. En tout cas, à en croire Amélie, on a loupé quelque chose : « J’étais, assure-t-elle, dans un état d’extase absolue. » Oui, bon, d’accord, ça va, Amélie, n’en fais pas trop, non plus. Après tout, moi aussi, à l’âge de 15 ans, je faisais du grec. Et j’aurais très bien pu me mettre à traduire L’Iliade. Sauf que j’étais occupé à autre chose. Moi, c’était la traduction de L’Odyssée. Soyons honnêtes, comme dit Amélie : ce que j’ai traduit, c’est la première page de L’Odyssée. Et j’ai effectivement ressenti un état d’extase absolue. Quand j’ai enfin réussi à finir de la traduire. Chacun son extase.