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[] L’implantation du colza au strip-till fonctionne

Ces dernières années, l’implantation du colza dans le système dit « innovant » de la plateforme Syppre (1) en Champagne est satisfaisante, comparée au témoin. La culture est semée après un pois d’hiver avec un strip-till, et en association avec du fenugrec. Ce dernier est implanté en même temps que le colza, sur la même ligne de semis, grâce à des micro-granulateurs, pour permettre de biner entre les rangs, et de localiser les interventions de désherbage ou d’insecticide.

Obtenir des plantes capables de mieux résister aux ravageurs d’automne

Le semis est précoce, entre le 15 et le 20 août, pour profiter de l’humidité du sol après la moisson, ou d’une pluie par la suite. L’objectif de cet itinéraire est de favoriser une levée rapide, pour obtenir un colza robuste capable de mieux résister aux ravageurs d’automne, comme la grosse altise.

Dans le système « témoin », plus représentatif des pratiques dans la plaine, le colza est implanté précocement également, derrière une céréale et après un labour, en association avec de la féverole semée en plein. Les deux cultures sont semées en deux passages.

Cette année, le colza a atteint le stade 4 feuilles le 20 septembre dans le système innovant, étape clé qui évite une intervention contre les grosses altises. À cette date, le témoin était au stade 2 ou 3 feuilles.

Moins sensible à la battance

Pour Jonathan Majerus, ingénieur ITB et pilote opérationnel de la plateforme, et Mathieu Dulot, ingénieur à Terres Inovia, le précédent pois du système innovant est un avantage. « Il laisse moins de résidus pailleux, limitant la concurrence de l’azote pour la dégradation de la paille, et permettant un meilleur contact entre le sol et la graine avec le strip-till, expliquent-ils. L’azote restitué par la légumineuse favorise de plus une dynamique de croissance du colza tout au long de l’automne. »

Par ailleurs, le système innovant est moins sensible à la battance du sol de craie champenois que le témoin, pour lequel le labour et les deux passages de semoir affinent la terre. Lors de la campagne 2020/21, un orage avait entraîné de la battance sur le système témoin et contraint à resemer le colza. « Derrière le strip-till, les éléments du sol sont plus grossiers, et les résidus de la culture précédente sur l’inter-rang protègent de la battance », souligne Mathieu Dulot. Si l’itinéraire innovant devait être appliqué sur sol argileux, l’ingénieur conseille de séparer le passage du strip-till et du semis, pour laisser le temps au sol de ressuyer si les conditions le demandent.

Échec sur sol sec

Le strip-till ne travaille que le rang de semis. En 2022, à cause du sol très sec, la formation de terre fine par l’outil a été difficile. Le pivot ne s’est pas bien enraciné, et l’implantation a été un échec, alors que dans le système témoin, le labour a permis de remonter de la fraîcheur. « Cette année, dans l’itinéraire innovant, on a scalpé à faible profondeur pour nettoyer et affiner l’ensemble de la surface. La graine a ainsi été placée dans une zone mieux préparée », indique Jonathan Majerus. Le sol légèrement déchaumé a néanmoins rendu impossible le guidage de la bineuse et de la rampe pour le désherbage localisé. « Un passage de bineuse a finalement été fait, avec une personne à l’arrière pour la diriger », précise l’ingénieur.

Justine Papin

(1) Arvalis, Terres Inovia et ITB