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L'UE prépare des sanctions contre la Biélorussie et la Turquie

L'Union européenne passe de la parole aux actes. Elle va lancer vendredi le processus de sanctions pour faire cesser la répression en Biélorussie après la réélection contestée du président Alexandre Loukachenko et afficher sa solidarité avec la Grèce et Chypre face à la Turquie. Les ministres des Affaires étrangères se réunissent par vidéoconférence à 15 heures (13 heures GMT) dans un contexte tendu, la situation étant jugée « très sérieuse » par le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

La France a déployé des moyens militaires à Chypre et en Grèce pour adresser un avertissement à Ankara et de nombreux dirigeants européens veulent sanctionner la répression menée par le régime autoritaire d'Alexandre Loukachenko contre ses opposants. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a réclamé vendredi des sanctions pour les coupables de violations des droits de l'homme.

L'Allemagne favorable à des sanctions contre la Biélorussie

« Il est inutile de redire notre sérieuse préoccupation. Il faut des conséquences », avait auparavant plaidé le chef de la diplomatie lituanienne Linas Linkevicius. « Je vais proposer d'appliquer des sanctions individuelles aux fonctionnaires et hommes politiques directement responsables de l'usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques, et aussi de la falsification des élections », a déclaré le ministre à l'Agence France-Presse.

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La Lituanie a accueilli l'opposante Svetlana Tikhanovskaïa, contrainte à l'exil après avoir contesté la victoire d'Alexandre Loukachenko. Elle a appelé vendredi à des « manifestations pacifiques » dans tout le pays durant le week-end. « Je demande à tous les maires de se faire les organisateurs les 15 et 16 août de rassemblements pacifiques de masse dans chaque ville » biélorusse, a-t-elle dit dans une vidéo publiée en ligne. Minsk s'est dit vendredi prêt à un « dialogue constructif » avec l'étranger et a commencé à relâcher des centaines de personnes arrêtées à Minsk depuis lundi. Les témoignages dénoncent l'extrême brutalité de la police et des forces spéciales.

Le gouvernement allemand s'est dit vendredi favorable à des sanctions de l'Union européenne contre la Biélorussie face aux répressions après la réélection controversée du président Alexandre Loukachenko. « Du point de vue du gouvernement, il devra aussi être question des sanctions » lors d'une rencontre des ministres des Affaires étrangères de l'UE prévue dans la journée à Bruxelles, a indiqué le porte-parole du gouvernement, ajoutant que cette rencontre constitue « un pas important pour formuler une réponse commune européenne aux événements au Bélarus ».

« Ce sera plus complexe avec la Turquie »

La réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères « va clairement dans le sens de la préparation de sanctions » contre le régime de Loukachenko, a confié à l'Agence France-Presse un diplomate européen. Ce sera la voie pour forcer Minsk à ouvrir un dialogue sur le plan de médiation en trois points proposé par la Lettonie, la Lituanie et la Pologne, voisins de la Biélorussie.

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Les dirigeants des trois pays sont prêts à jouer les médiateurs pour résoudre la crise politique en Biélorussie, a expliqué le président lituanien Gitanas Nauseda. La libération des détenus est une des conditions de cette médiation. « Ce sera plus complexe avec la Turquie », a estimé le diplomate européen. « Avec Ankara, il faut en passer par une phase de montée d'adrénaline pour contraindre Erdogan à revenir au dialogue », a-t-il déploré.

L'UE exprime sa « totale solidarité » avec la Grèce

Le président turc a demandé jeudi à s'entretenir avec Angela Merkel et avec le président du Conseil européen Charles Michel. La chancelière avait contribué à apaiser les tensions en juillet, mais elle avait averti Recep Tayyip Erdogan qu'il lui serait difficile d'éviter l'adoption de sanctions économiques de l'UE si la Turquie poursuivait ses forages illégaux dans les eaux chypriotes et au large de l'île grecque de Kastellorizo, près des côtes turques, a raconté à l'Agence France-Presse un responsable européen.

Charles Michel lui a conseillé jeudi « d'éviter les provocations » et lui a confirmé la « totale solidarité » au sein de l'UE avec la Grèce, a-t-on indiqué de source européenne. Les ministres de l'UE ont donné mandat à Josep Borrell en juillet pour préparer des « mesures adéquates afin de répondre aux défis posés par la Turquie ». La gamme des mesures prévoit notamment des sanctions économiques, a-t-on précisé de source européenne. L'Espagnol s'est engagé à soumettre différentes options aux ministres lors de leur réunion informelle les 27 et 28 août à Berlin.

De son côté, le gouvernement allemand a « pris acte », vendredi, des manœuvres françaises en Grèce et a appelé Paris, Athènes et Ankara à éviter « l'escalade » dans le conflit en Méditerranée orientale autour de l'exploration d'hydrocarbures. Berlin « prend acte » du renforcement de la présence militaire française en Méditerranée, a indiqué le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert, ajoutant que « ce qui est important, c'est la désescalade (…), tout doit être entrepris pour éviter une nouvelle escalade », a-t-il ajouté alors qu'Angela Merkel s'est entretenue jeudi avec le Premier ministre grec et le président turc, dans une tentative de médiation.

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Aucune décision attendue vendredi

La réunion vendredi pourrait durer plusieurs heures. Aucune décision n'est attendue, car la réunion est virtuelle, mais les ministres doivent donner leur feu vert à des groupes de travail pour commencer la préparation de « conclusions » adoptées par procédure écrite, a-t-on précisé de source européenne. « Cela peut accélérer le processus pour l'adoption d'actions concrètes », a-t-on expliqué de même source.

La Biélorussie est toujours sous le coup d'un embargo sur les ventes d'armes et de matériel pouvant être utilisés pour la répression. Quatre personnes sont par ailleurs encore interdites de séjour dans l'UE et leurs avoirs ont été gelés. Les propositions de sanctions pour la Biélorussie et la Turquie seront soumises aux ministres lors de leur réunion à Berlin. L'unanimité des 27 est nécessaire pour leur adoption.

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