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La Norvège n'accordera plus de nouvelles licences pétrolières dans des zones vierges jusqu'en 2025

Plus gros producteur d'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest, la Norvège freine toutefois cette activité jusqu'en 2025. Le gouvernement a en effet accepté de ne pas organiser de cycle de concessions dit "ordinaire" d'ici à la fin de l'actuelle législature, à savoir 2025. Ce mécanisme permet depuis 1965 aux compagnies pétrolières de se porter candidates à la prospection dans des zones jusqu'alors peu ou pas explorées du plateau continental norvégien.

Cette mesure concerne aujourd'hui principalement les eaux de la mer de Barents dans l'Arctique, susceptibles de receler les plus grosses réserves d'hydrocarbures restant à découvrir dans le pays. Car la mer du Nord a déjà été abondamment prospectée ces dernières décennies.

L'accord n'exclut pas en revanche l'attribution de licences pétrolières dans les zones dites matures. Si les chances d'y découvrir de gros gisements sont plus minces, ces zones, déjà largement exploitées, restent attractives pour l'industrie pétrolière car le développement de nouvelles ressources éventuelles y est plus facile et moins onéreux à partir des installations existantes.

Cette mesure a, en tout cas, été prise dans le cadre de négociations menées par le gouvernement de centre-gauche, minoritaire, afin de faire adopter son projet de budget 2023. Elle a été émise par la Gauche socialiste (SV), petit parti qui fait figure de force d'appoint et dont l'urgence climatique est un des chevaux de bataille. « SV avait cela à cœur, ils ont eu gain de cause », a déclaré le Premier ministre Jonas Gahr Støre lors d'une conférence de presse mardi 29 novembre.

Aucun cycle de concessions ordinaire n'a par ailleurs non plus eu lieu cette année. Ce, du fait d'un autre compromis conclu l'an dernier entre le gouvernement et la gauche socialiste dans le cadre des précédentes tractations budgétaires.

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La Norvège se veut plus verte, sans se passer des énergies fossiles

Au début du mois de novembre, le gouvernement norvégien a indiqué relever ses ambitions climatique en portant à « au moins 55% » son objectif de réduction de ses émissions d'ici à 2030. Il prévoyait jusqu'à présent une réduction des émissions comprise entre 50% et 55% par rapport au niveau de 1990. Une décision qui se veut conforme aux engagements pris à son arrivée au pouvoir l'an dernier et qui aligne le pays scandinave sur l'objectif de l'Union européenne, dont il n'est toutefois pas membre.

Pour parvenir à cet objectif, Oslo compte présenter des plans climatiques annuels. Il est cependant exclu de démanteler le secteur pétrolier, dont le poids est prépondérant dans l'économie nationale. Pour le Premier ministre norvégien, la planète a encore besoin de pétrole dans les années à venir, notamment pour des usages industriels. « Ce n'est pas une mauvaise chose qu'une partie provienne du plateau continental norvégien qui a les émissions les plus basses et qui doit encore les réduire progressivement », a-t-il estimé.

Ses ressources en gaz sont aussi primordiales aujourd'hui, particulièrement depuis la guerre en Ukraine et la réduction des livraisons russes. Un nouveau champ gazier va d'ailleurs être exploité d'ici 2026 (lire encadré ci-dessous). La Norvège est d'ailleurs aujourd'hui le premier fournisseur de gaz de l'Union européenne et du Royaume-Uni. « La demande d'énergie d'origine fossile va baisser et la production d'énergies renouvelables doit augmenter. Il faut que cela se fasse concomitamment », considère néanmoins Jonas Gahr Støre.

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UN NOUVEAU CHAMP GAZIER POUR 1,4 MILLIARDS D'EUROS

Le géant énergétique norvégien Equinor et ses partenaires vont investir 14,8 milliards de couronnes (1,4 milliard d'euros) pour développer en Norvège un nouveau gisement gazier qui permettra d'approvisionner le Royaume-Uni et le continent européen. Situé dans des eaux profondes (1.350 mètres) de la mer de Norvège, le gisement Irpa recèle des réserves récupérables estimées à environ 20 milliards de m3 de gaz, soit sept ans de consommation de près de 2,4 millions de foyers britanniques, a indiqué Equinor fin novembre.

La mise en exploitation est prévue à compter de la fin 2026 pour une fin établie à 2039. Dans la pratique, le gaz du gisement Irpa (auparavant baptisé Asterix) sera extrait via des installations sous-marines reliées par gazoduc à un gisement existant, Aasta Hansen, dont la durée de vie sera ainsi prolongée de sept ans.

(Avec AFP)