France
This article was added by the user . TheWorldNews is not responsible for the content of the platform.

La « Reine des neiges » à la Comédie-Française, délivrée de Disney

Pour leur adaptation du conte initiatique d’Andersen, Johanna Boyé et Elisabeth Ventura ont restitué toute l’ambivalence et le mystère du texte originel. Un retour aux sources très éloigné du blockbuster du studio américain.

Article réservé aux abonnés

Dans ses recherches, le nom du conte revenait fréquemment, comme si le destin insistait. Mais monter au théâtre La Reine des neiges ? « Je me disais : oh non, trop Disney, trop déjà vu… J’avais un a priori sur ce blockbuster, reconnaît la metteuse en scène Johanna Boyé. Et puis quand j’ai lu le texte original, j’ai eu un vrai coup de cœur. Il y avait du mystère, une quête initiatique, des personnages hauts en couleur et une petite fille ni peureuse ni amoureuse, qui m’évoquait la Matilda de Roald Dahl, dont je pensais d’abord m’emparer » – un projet empêché à cause de droits d’adaptation bloqués.

C’est donc ainsi que s’invite au Vieux-Colombier, l’une des salles de la Comédie-Française, le texte publié en 1844 par Hans Christian Andersen et dont l’empire Disney a fait un film d’animation devenu une machine à cash. Les deux volets, sortis en 2013 et 2019, ont généré un total de plus de 2,7 milliards de dollars de recettes.

Pour faire sienne cette histoire, Johanna Boyé, dont c’est la première incursion dans l’univers du jeune public, a conçu une adaptation, avec l’aide d’Elisabeth Ventura, diplômée de philosophie et comédienne, qu’elle a notamment dirigée dans Les Filles aux mains jaunes et L’Invention de nos vies – deux pièces à l’affiche du Théâtre Rive Gauche jusqu’au 31 décembre.

Un voyage initiatique

« En lisant La Reine des neiges, sur la suggestion de Johanna, j’étais très surprise, raconte Elisabeth Ventura. J’ai deux filles biberonnées aux dessins animés, dont l’une se promène fièrement avec son sceptre à la maison. J’ai découvert à quel point le texte originel est différent. »

Dans leur adaptation, nulle trace d’Elsa, ni d’Anna ni de Sven, les personnages de la version Disney devenus familiers des enfants, et dont les costumes et figurines ont été commercialisés sur tous les continents. Mais, comme Andersen l’a voulu, Gerda, une jeune fille en quête de son ami, Kay, adolescent mélancolique retenu dans le royaume de la Reine des neiges.

Pour le retrouver, elle se lance sans trembler dans un périple à travers un monde hostile – été infini, forêts ravagées –, recelant des épreuves et peuplé d’êtres merveilleux. Loup aux oreilles pointues, renne échappé de Laponie, corneille hilarante, magicienne à la tête surmontée d’une couronne de paille et de fleurs, Prince et Princesse Lunettes… Sur un plateau mobile où les décors changent souvent, les six comédiens endossent une multitude de rôles savoureux.

« Andersen a beau l’avoir choisie pour baptiser son œuvre, il ne la fait surgir qu’au début et à la toute fin. Qui est cette femme ? Il nous a fallu l’imaginer. » Johanna Boyé, metteuse en scène

Il vous reste 50.52% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

Découvrir les offres multicomptes
  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.

Lecture restreinte

Votre abonnement n’autorise pas la lecture de cet article

Pour plus d’informations, merci de contacter notre service commercial.