France

La VOD de la semaine. « La Reconstitution »

Si Pintilie a eu une carrière en pointillé, en partie à cause de la radicalité de ce film, il n’en reste pas moins un déclencheur et un maître à penser. C’est lui qui dans cette « Reconstitution » a édicté les deux constantes du cinéma roumain : humour et violence ou, pour le dire autrement, dérision et crudité. Comme on le constate avec cette farce qui est aussi un drame, le meilleur cinéma roumain adjoint un fond de noirceur à la folie de la comédie à l’italienne. « La Reconstitution » est une œuvre totale, qui parle aussi bien du cinéma que de la société des sixties et du régime ubuesque de Nicolas Ceausescu, Conducator régnant sans partage sur son pays.

A priori, il s’agit d’une simple partie de campagne aux motivations incongrues : dans un décor champêtre au bord d’un lac, un procureur flanqué d’un militaire idiot et d’un professeur alcoolique organise la reconstitution d’un fait-divers. Il est aussi accompagné d’un caméraman et des protagonistes du fait-divers, qui doivent mimer les désordres qu’ils ont causé dans une buvette — pris de boisson, ils se sont battus et ont blessé le serveur. Prétexte à un happening dément dont la folie et l’absurdité prennent peu à peu de l’ampleur.

Variant à l’extrême les angles, les distances et les mouvements de caméra, Pintilie met en scène plusieurs personnages et leur arrière-plan dans un récit qui est à la fois une mise en abyme du cinéma et une satire des aberrations de la société roumaine. Au départ, cela se présente comme une escapade bon enfant au bord d’un lac, reflétant l’hédonisme des années soixante. Le procureur affiche une certaine désinvolture, comme les divers protagonistes, en particulier une adolescente espiègle en bikini qui hante presque tous les plans. La force de Pintilie c’est de mettre en crise ce processus aux apparences anodines. Cela commence dès l’arrivée de l’auto qui véhicule la petite troupe. A son arrivée, elle cale soudain et son klaxon strident retentit pendant de longues minutes. Pendant ce temps, les protagonistes déboulent par la porte avant du véhicule, en rappelant l’épisode de la cabine de paquebot d’« Une nuit à l’opéra ». Pintilie cultive la dissonance et le malaise en mettant en scène de jeunes délinquants auxquels il s’identifie. Son parti-pris de perturbation se manifeste aussi par les incessantes rumeurs d‘un match de foot qui a lieu loin de là et est retransmis par la télévision du café. D’où un surprenant effet de réel lorsqu’une ambulance vue à la télé sur le stade de foot déboule en trombe dans le site de la reconstitution. Ce brouillage permanent, ce jeu avec les différents registres, sont tels que lorsque la tragédie survient, elle passe presque inaperçue. Ce n’est qu’à la toute fin que le vertige s’arrête et débouche sur une forme d’amertume ; le cinéaste renvoie alors dos à dos le spectateur voyeur et le système politique manipulateur et cruel.

« La Reconstitution » de Lucian Pintilié. Roumanie, 1969, 1 h 49

A voir en VOD sur les sites cinetek.com ou universcine.com

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