France
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Une nouvelle canicule touche la France depuis le 31 juillet . Les températures diurnes varient de 35 à 40  °C. La canicule, initialement confinée à la région méditerranéenne, s'est propagée à travers le pays cette semaine en passant par le sud-ouest jusqu'à la côte atlantique. Un épisode du troisième procès pour la nature comme pour l'homme. Deux experts du Service de santé publique (SPF), Mathilde Pascal, épidémiologiste en charge du programme « Changement climatique et santé », et Isabelle Bommalin, responsable de l'unité chargée de la prévention des infections et des risques environnementaux, ont déclaré : Santé impacts des vagues de chaleur et plus largement du changement climatique.

Le changement climatique est désormais reconnu comme une menace majeure pour la santé. quel est l'impact ?

Matilde Pascal Les vagues de chaleur sont les effets les plus emblématiques des phénomènes météorologiques extrêmes. La chaleur a un impact important sur votre santé. La température du corps humain devrait être stable autour de 37,5  °C. Le corps mobilise de nombreuses ressources physiologiques et comportementales pour affronter et maintenir les pics de chaleur qui sont à l'origine de la fatigue. Mais lorsque cette thermorégulation échoue, le risque de décès devient réel. C'est un coup de chaleur, un coup de chaleur. Avant que cela ne se produise, le corps est épuisé en essayant de réguler sa température interne. Le danger est encore plus grand pour ceux qui ont des problèmes de santé sous-jacents.

Quelles sont les conséquences spécifiques de cette hyperthermie ?

Mathilde Pascal Les troubles sont multiples. Les dommages peuvent s'étendre aux reins, au cœur, aux vaisseaux sanguins et même à la psyché. À cet égard, la recherche a montré des liens entre les tentatives de suicide et la chaleur, et entre l'impulsivité et la température élevée. Il est également connu que les traitements destinés à traiter les maladies mentales sont sensibles à la chaleur. Les effets des vagues de chaleur sur la grossesse ont également été documentés, et il existe un risque de prématurité et de faible poids du bébé. Enfin, l'impact est important pour les travailleurs. Les températures élevées affectent les fonctions cognitives et augmentent le risque d'accidents. Sans parler des effets que l'on connaît mal...

Qui est le plus à risque ?

Mathilde Pascal Ou bien s'exposer davantage pour des activités professionnelles, ou si votre logement est mal isolé. Nous pensons que la combinaison de tous ces facteurs peut affecter tout le monde. Ainsi, des jeunes en très bonne santé peuvent présenter un risque de décès s'ils se retrouvent surexposés à des pics de chaleur.

Les précautions suffisent-elles ?

Isabelle Bonmarin Pour qu'une action soit efficace, les gens doivent se sentir concernés, entendre parler d'action et agir en conséquence. Certains n'ont peut-être pas les moyens de les appliquer pour leur profession. Mais il y a des moyens : essayez de garder votre logement au frais et compensez en allant dans des endroits climatisés, ce n'est pas toujours vrai. Nous devons donc trouver d'autres moyens de les convaincre. Par exemple, on s'appuie sur une communication très brève, notamment pour apprendre à reconnaître les premiers signes avant-coureurs.

De quels indicateurs disposez-vous ?

Comme pour Mathilde Pascal Covid-19, nous suivons les données d'usage médical pour des causes bien précises liées à la chaleur (visites aux urgences, appels à SOS Médecins, hospitalisations, ). Une fois l'été terminé, nous examinerons l'effet sur la mortalité. Pour estimer l'impact d'un événement particulier, on compare la mortalité à ce qui devrait être observé en temps « normal ». On commence à avoir une perspective assez historique. Reconstitution de toutes les canicules depuis 1970.

En effet, il existe des preuves d'une relation entre les vagues de chaleur et la mortalité.

La canicule de Mathilde Pascal est l'événement météorologique extrême le plus meurtrier en France depuis 1970. Plus de 39 000 personnes sont décédées depuis ce jour, dont 15 000 en 2003. Mais malgré les mesures mises en place après cet épisode dramatique, les décès par chaleur excessive sont toujours estimés à plus de 9 000. L'impact est beaucoup plus fort depuis 2015, associé à une augmentation des canicules. La nature changeante des événements climatiques les rend complexes à gérer dans une perspective de prévention. En 2020, les vagues de chaleur ont été relativement discrètes, mais il y a tout de même eu 2 900  décès supplémentaires contre 1 700 en 2015. Maintenant, presque chaque été, nous sommes confrontés à ce type d'événement.

Diriez-vous que ces pics thermiques augmentent ?

Mathilde Pascal Difficile à dire. Vous devriez pouvoir comparer les vagues de chaleur. Mais ils sont tous différents. L'une des nouveautés clairement liées au changement climatique est l'apparition de vagues de chaleur en juin et septembre. Vous pouvez également voir que la zone s'agrandit. Depuis 2015, des zones auparavant épargnées sont touchées, par exemple en Bretagne, où les températures ont dépassé 40 °C, comme on l'a vu à la mi-juillet. Il est très rare d'atteindre de telles températures dans cette région. Il en est de même en 2019 où le sud de la France a enregistré plus de 46 °C. Cela existe depuis longtemps, mais seulement une fois tous les 20 ans. C'est plus commun maintenant.

Face à cette menace, la prévention suffit-elle ?

Isabelle Bonmarin J'ai deux questions. Est-ce suffisant pour aujourd'hui ? et pour l'avenir. S'adapter, c'est engager de véritables transformations de l'environnement pour intégrer ces nouvelles données climatiques. Cela affecte l'organisation du travail, pour que les gens ne soient pas exposés à certains moments, les changements de logement, l'isolement... C'est un processus de longue haleine. Cependant, la prévention individuelle reste la pointe de l'iceberg.

Mathilde Pascal Je ne sais pas à quel point je dois m'adapter aujourd'hui. En 2019, il faisait 46   °C en une journée. Pouvez-vous vous adapter à 50   °C pendant 2 semaines ? Nous ne savons pas. Il existe peu de rapports ou d'études dans les régions déjà touchées par de telles températures (Moyen-Orient, Inde, Asie du Sud). La meilleure précaution, par conséquent, est que nous n'ayons pas à vivre des événements pires que ceux que nous avons connus. Le GIEC affirme qu'il existe encore un potentiel pour lutter contre le réchauffement climatique et sa gravité. Il est essentiel de se protéger du pire et offre d'énormes avantages pour la santé. Nous devons nous adapter, atténuer et protéger la biodiversité. Convertit les objets, les systèmes qui causent des problèmes de santé. Lutte contre les transports (et la sédentarité derrière, pollution de l'air), problèmes alimentaires... D'un point de vue sanitaire, l'inaction, c'est perdre le présent autant que l'avenir. .

La chaleur extrême n'est pas le seul résultat du changement climatique. Il y a aussi les incendies, les tempêtes et les inondations...

Matilde Pascal Oui, mais les effets sur la santé ne sont pas les mêmes. Les vagues de chaleur sont géographiquement répandues et ont un impact significatif et rapide sur de nombreuses personnes. Ces autres événements extrêmes peuvent causer des victimes directes (blessures, noyades), mais l'impact direct sur la santé est moins important. Le mauvais temps cause généralement un nombre important de victimes en raison du bon fonctionnement du système d'alerte. La santé mentale, en revanche, est affectée par ces phénomènes. Pas très perceptible, mais pas négligeable. Ce n'est donc pas parce que les événements extrêmes ne causent pas beaucoup de décès qu'ils restent insensibles. Quant aux incendies, des études récentes ont montré de réels effets sur la santé, y compris pour les personnes vivant à grande distance, en raison des pics de pollution causés par les incendies et les fumées.