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Le pape François demande aux nouveaux cardinaux « d’écouter les autres »

Sur la place baignée de soleil ce matin, des hommes vêtus de rouge viennent de faire leur entrée. Des milliers de fidèles venus assister à la cérémonie devant la basilique Saint Pierre de Rome s’élèvent des youyous. Un petit groupe a fait le voyage depuis Juba, la capitale du Soudan du Sud, pour accompagner Mgr Stephen Mulla, l’archevêque de la ville visitée par François en janvier.

Dans quelques minutes, ce samedi 30 septembre, l’Église catholique comptera 21 cardinaux supplémentaires. 18 sont âgés de moins de 80 ans, et donc électeurs en cas de conclave. Parmi eux figurent deux Français : le nonce apostolique aux États-Unis, Mgr Christophe Pierre, et l’évêque d’Ajaccio, Mgr François Bustillo. 900 pèlerins feront entendre tout à l’heure une impressionnante ovation en l’honneur de l’évêque corse, lorsque François aura posé la barrette rouge sur sa tête.

Devant eux, samedi matin, le pape François a tenu à comparer le Collège cardinalice à un « orchestre symphonique »« chaque musicien doit écouter les autres ». « Une symphonie vit de la composition savante des timbres des différents instruments : chacun apporte sa contribution, parfois seul, parfois uni à un autre, parfois avec tout l’ensemble », a insisté François.

« Si l’on écoutait que soi-même… »

Les mettant en garde, en creux, contre la cacophonie qui menace tout orchestre, mais sans jamais prononcer ce mot, le pape François a aussi demandé aux cardinaux d’être comme les musiciens et de se garder de jouer seul sa propre partition. « Si l’on écoutait que soi-même, aussi sublime que puisse être son propre son, cela ne servirait en rien la symphonie. »

Outre cette invitation à la « symphonie », François a aussi comparé les cardinaux aux juifs de toutes origines réunis à Jérusalem le jour de la Pentecôte, tels qu’évoqués dans le passage des Actes des apôtres lu début de la cérémonie. « Normalement, nous pasteurs, lorsque nous lisons le récit de la Pentecôte, nous nous identifions aux apôtres », a commencé François. Mais « cette Parole du Livre des Actes nous fait penser qu’avant d’être “apôtres”, avant d’être prêtres, évêques, cardinaux, nous sommes “Parthes, Mèdes, Élamites” etc. etc. Et cela devrait éveiller en nous l’étonnement et la gratitude pour avoir reçu la grâce de l’Évangile dans nos peuples d’origine respectifs. »

Ouverture imminente du synode

Au cours de cette cérémonie, à laquelle assistait notamment le ministre de l’intérieur en charge des cultes, Gérald Darmanin, François a exhorté les nouveaux cardinaux à « ne pas oublier » le « peuple » auquel ils appartiennent. Une manière de rappeler à ces hommes venus de Tanzanie, du Portugal, de Malaise, d’Espagne ou de France qu’ils avaient pour tâche de faire entendre à Rome la voix de l’Église de leur pays d’origine.

Contrairement à l’habitude, François a choisi d’attendre quelques jours avant de célébrer la messe avec les nouveaux cardinaux. Cette cérémonie doit avoir lieu à Saint-Pierre de Rome, le 4 octobre prochain, alors que s’ouvrira à Rome la première assemblée du Synode sur la synodalité. Un moment décisif pour l’avenir de l’Église, comme l’est la nomination des hommes qui éliront le prochain pape.