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Le Venezuela sort peu à peu de son isolement

Les Vénézuéliens entrevoient, pour la première fois depuis 2017, une possible sortie de l’impasse politique qui les a plongés dans une sévère crise économique. Sous le patronage du Mexique et de la Norvège, samedi 26 novembre, le pouvoir et l’opposition ont signé un accord qui débloquera une partie des fonds du Venezuela gelés à l’étranger, du fait des sanctions américaines. Plus de 3 milliards d’euros seront injectés dans des programmes d’aide d’urgence, de quoi donner de l’air à un régime aux abois et à une population qui sombre dans la pauvreté.

À l’annonce de cet accord, les États-Unis ont immédiatement décrété un allègement de l’embargo pétrolier contre le pays sud-américain, qui détient les premières réserves d’or noir du monde. Concrètement, le géant pétrolier Chevron pourra reprendre durant les six prochains mois une partie de ses extractions d’hydrocarbures. De quoi relancer la production locale, tombée à 765 000 barils par jour (contre 2,3 millions dans les années 2000) sous l’effet des sanctions américaines décidées en 2019, dans l’espoir d’évincer le président contesté Nicolás Maduro.

« Le pétrole vénézuélien est devenu stratégique »

Entamée le 8 mars dernier, la reprise du dialogue entre les États-Unis et le Venezuela se confirme sur fond de guerre sur le continent européen. « Du fait des sanctions contre la Russie, le contexte énergétique a changé, rappelle Jean-Jacques Kourliandsky, directeur de l’Observatoire de l’Amérique latine de la Fondation Jean-Jaurès. Le pétrole vénézuélien est devenu stratégique, ce qui a poussé les Américains à revoir leur politique, entraînant dans leur sillage les Européens. »

Le pouvoir à Caracas sort peu à peu de son isolement diplomatique. Prenant le contrepied de son prédécesseur, le nouveau président colombien Gustavo Petro a entamé la normalisation de ses relations avec son voisin, dès sa prise de fonction en août. La position de la France a aussi spectaculairement évolué. Recevant au Forum de la paix l’opposition et le pouvoir, le 11 novembre dernier, Emmanuel Macron a appelé Nicolás Maduro « président » à plusieurs reprises, actant de fait l’échec du président autoproclamé Juan Guaido, que les Européens avaient pourtant reconnu.

La poursuite des négociations

Dans les semaines à venir, le pouvoir et l’opposition doivent aborder à Caracas le volet politique des négociations. Parmi les éléments de la discussion, figurent l’organisation d’une élection présidentielle libre, l’amnistie générale et la fin des sanctions économiques. «Nicolás Maduro, qui était dans une situation critique, a su se saisir des opportunités offertes par le conflit en Ukraine, ajoute le chercheur Jean-Jacques Kourliandsky. Si le quotidien des Vénézuéliens s’améliore, il est possible qu’il en tire un avantage face à une opposition profondément divisée. »