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Législatives en Italie : entre Giorgia Meloni et Matteo Salvini, le jeu des 7 différences

En quelques années, la droite radicale italienne a changé de visage. Matteo Salvini, chef de file de la Ligue, s’est fait doubler par Giorgia Meloni, présidente du parti post-fasciste Fratelli d’Italia. C’est cette formation qui est donnée en tête des intentions de vote aux élections législatives qui se tiendront dimanche 25 septembre.

Alliés au sein de la coalition centrodestra(« centre droit »), les chefs de file des deux partis s’écharpent régulièrement sur certains aspects de leurs programmes respectifs. Ces divisions ne devraient toutefois pas empêcher la formation d’un gouvernement commun en cas de victoire.

► Deux tonalités opposées

Avant même les idées, la rhétorique employée par Giorgia Meloni et Matteo Salvini diffère. La présidente de Fratelli d’Italia a tiré les leçons de la chute de popularité de son allié. La tonalité populiste et anti-élite chère à ce dernier est absente des discours de Giorgia Meloni, soucieuse d’éviter les outrances.

De même, bien que cette dernière ait admis publiquement sa foi, elle reste attachée à la laïcité. Elle n’use pas de l’imagerie religieuse tandis que son homologue de la Ligue se montre le crucifix au cou ou entouré d’icônes de la Vierge Marie.

► Relations avec le Kremlin

La guerre en Ukraine a mis en lumière des divergences en matière de politique étrangère. Fervente atlantiste, partisane du maintien de l’Italie dans l’Otan, Giorgia Meloni s’oppose frontalement à son allié quant aux relations avec Moscou.

Elle condamne l’invasion depuis le premier jour. « Les données dont nous disposons nous disent que les sanctions produisent leur effet », affirme-t-elle. Matteo Salvini, lui, soutient que les sanctions contre la Russie sont inefficaces.

► Crise énergétique

Dépendante à 40 % de la Russie pour le gaz, l’Italie subit une hausse considérable des prix de l’énergie. Matteo Salvini prône un plan de 30 milliards d’euros pour apaiser les effets de la crise. Plus à cheval sur la maîtrise du déficit, Giorgia Meloni a mis en garde son homologue : « C’est un choix que l’on ne fait jamais à la légère. C’est l’argent de la dette que l’on lègue à ses enfants et sur lequel on paie des intérêts. »

► L’Union européenne

Les deux leaders ne cachent pas leur défiance face à Bruxelles. « Si je gagne, pour l’Europe, les plaisanteries sont finies », avertissait la quadragénaire lors d’un meeting de campagne. Jusqu’à récemment, son parti plaidait d’ailleurs pour la sortie de l’euro.

Quant à Matteo Salvini, après s’être tu sur la question européenne (en raison du plan de relance dont l’Italie est le premier bénéficiaire et de son soutien au gouvernement Draghi), il a repris ses critiques à l’égard de l’UE.

► Un rapport à la France compliqué

La Romaine parle couramment la langue de Molière, ce qui ne l’a pas empêchée par le passé d’accuser Paris d’avoir bombardé la Libye « parce que cela les gênait que l’Italie ait un rapport privilégié dans le secteur énergétique avec Kadhafi, en nous exposant au chaos migratoire ». Elle a aussi dénoncé le franc CFA comme « une monnaie coloniale ».

Depuis que le pouvoir semble être à portée de main, ses critiques s’adoucissent. Mais contrairement à Matteo Salvini qui affiche ouvertement son soutien à Marine Le Pen, la présidente de Fratelli d’Italia n’a pas noué d’alliance avec aucun parti français. Elle a même renvoyé dos à dos Emmanuel Macron et la présidente du Rassemblement national lors du second tour de l’élection présidentielle 2022.

► Immigration zéro

Frontières, migrations, sécurité : sur ces thèmes centraux pour l’extrême droite, Meloni et Salvini parlent de concert. L’Italie, disent-ils, est submergée par une vague migratoire incontrôlable. Toutefois, les mesures proposées par les deux partis diffèrent.

Matteo Salvini milite pour le rétablissement de deux décrets qu’il avait imposés lorsqu’il était ministre de l’intérieur en 2018, fermant les ports italiens aux bateaux des ONG humanitaires. Giorgia Meloni penche pour un « blocus naval », avec une « mission militaire européenne, réalisée en accord avec les autorités libyennes, pour empêcher les barges de migrants de partir en direction de l’Italie ».

► Autonomie pour les régions du Nord

Autre pomme de discorde entre les deux alliés du centrodestra, la question du pouvoir des régions italiennes. C’est un cheval de bataille de la Ligue, qui fut longtemps un parti régionaliste. Son homme fort en Vénétie, Luca Zaia, exige davantage d’autonomie. Giorgia Meloni est, elle, partisane d’un pouvoir centralisé à Rome.