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Les Etats-Unis échappent au «shutdown» au tout dernier moment

Au basket-ball, on dirait que la décision s’est faite au buzzer. Les Etats-Unis ont évité in extremis la paralysie de leur administration fédérale, dans la nuit de samedi à dimanche 1er octobre, avec l’adoption par le Sénat d’une mesure d’urgence permettant de continuer temporairement son financement. Elle prévoit que l’administration américaine continue d’être financée pendant 45 jours et a été adoptée trois heures seulement avant le shutdown, qui aurait mis des fonctionnaires au chômage technique et coupé l’aide alimentaire à certains bénéficiaires.

Dans une tentative ultime d’éviter la paralysie de l’administration américaine, la résolution proposée à la dernière minute par le chef de file des républicains à la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, a été adoptée par la Chambre avant d’être validée par le Sénat à 21 heures (3 heures du matin, heure de Paris). Adopté avec 335 oui (91 non) à la Chambre, le texte a été ensuite approuvé par 88 sénateurs contre 9.

1,5 million de fonctionnaires vont pouvoir être payés

«Ce soir, les majorités bipartisanes de la Chambre des représentants et du Sénat ont voté en faveur du maintien de l’ouverture du gouvernement, évitant ainsi une crise inutile qui aurait infligé des souffrances inutiles à des millions d’Américains qui travaillent dur», s’est félicité le président Joe Biden, dans un communiqué. Le vote de samedi est «une victoire pour le peuple américain, et une défaite totale des extrémistes de droite», s’est félicité le chef des démocrates à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries.

Des centaines de milliers de fonctionnaires américains ont retenu leur souffle à l’approche de l’échéance (minuit dans la nuit de samedi à dimanche, soit 6 heures heure de Paris), car aucune des deux chambres du Congrès - ni le Sénat aux mains des démocrates, ni la Chambre des représentants contrôlée par les républicains - n’avaient trouvé d’accord sur une loi de finances pour prolonger le budget de l’Etat fédéral. Si la mesure de M. McCarthy n’avait pas été adoptée, la première économie du monde aurait ralenti dès dimanche : 1,5 million de fonctionnaires auraient été privés de salaire et le trafic aérien aurait été perturbé, tandis que les visiteurs des parcs nationaux auraient trouvé porte close.

Un vote distinct pour l’aide à l’Ukraine

La victoire n’est pas complète pour Joe Biden. Car l’aide à l’Ukraine, pierre d’achoppement entre démocrates et de nombreux républicains, est la grande absente du texte. Les législateurs doivent à présent se pencher sur un projet de loi distinct, alors que le président américain aurait aimé qu’elle figure dans la mesure de financement d’urgence, portant sur une aide militaire et humanitaire de 24 milliards de dollars à Kyiv. Un vote pourrait avoir lieu en début de semaine prochaine, selon les médias américains. «Je m’attends à ce que le président du Congrès respecte son engagement envers le peuple ukrainien et garantisse l’adoption du soutien nécessaire pour aider l’Ukraine en ce moment critique», a déclaré Joe Biden, faisant référence à Kevin McCarthy.

«Ce que la Russie a fait est mal. Mais je pense que quoi que nous fassions, il faut que nous définissions ce qu’une victoire veut dire et ce que le plan doit être», a dit de son côté Kevin McCarthy à la presse. «Je pense qu’il y a une vraie frustration à travers l’Amérique, qui voit ce président ignorer les frontières des Etats-Unis et se préoccuper davantage d’un autre endroit», a-t-il ajouté, en allusion à ce que les républicains qualifient de «crise migratoire aux Etats-Unis».

Une poignée d’élus républicains trumpistes refuse de débloquer une quelconque nouvelle aide à l’Ukraine, estimant que ces fonds devraient être alloués à la gestion de la crise migratoire. Ces lieutenants de Donald Trump, sous la présidence de qui les Etats-Unis avaient connu leur plus long shutdown au cours de l’hiver 2018/2019, ont reçu l’ordre de la part de l’ancien président, qui pourrait affronter Joe Biden en 2024, de «paralyser» l’Etat fédéral à moins d’obtenir gain de cause sur «tous» les dossiers budgétaires en débat. Leur pouvoir est disproportionné en raison de la très faible majorité républicaine à la Chambre.