France

Les Palestiniens « trahis » et impuissants

Ramallah

De notre correspondante

La signature des « accords d’Abraham », le mardi 15 septembre, s’est jouée sur trois scènes. À la Maison-Blanche, en Israël où, au même moment, les restaurateurs israéliens brisaient leurs assiettes au sol pour protester contre le reconfinement du pays, et puis en Cisjordanie et à Gaza. Dans l’enclave palestinienne, treize roquettes ont été tirées dans la nuit du mardi 15 au mercredi 16 septembre, faisant deux blessés légers israéliens, tandis qu’à Ramallah une manifestation était organisée conjointement par le Fatah et le Hamas contre ces « accords de la honte ». Au milieu d’une foule arborant des drapeaux palestiniens, des figures politiques des deux mouvements ont défilé main dans la main. L’heure est désormais à la cohésion, analyse Daoud Quttab, éditorialiste palestinien basé à Amman, pour qui ce rapprochement n’a rien de feint : « Une unité est en train d’émerger car les factions ont compris qu’il y va de leur survie. Après, il sera trop tard. »

Faire bloc, donc. Mais comment trouver sa place dans ce nouveau modèle de « transaction » (comme l’a dit Donald Trump), où la diplomatie traditionnelle semble passée de mode et le rôle des acteurs supranationaux secondaire ? « Dans ces accords, nous n’avons jamais fait partie de l’équation », tranche Saeb Erekat, secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Illustration cruelle de cet état de fait, le débat qui se tient cette semaine à l’Assemblée générale des Nations unies sera exclusivement virtuel, coronavirus oblige, privant les Palestiniens d’une importante tribune. Désormais, on fait la « paix » sur fond d’accords commerciaux et sécuritaires, comme avec ces avions de chasse F-35 promis aux Émirats par les États-Unis.

Au sein de la population, le sentiment qui domine après la signature des accords est celui d’une « trahison », comme le montre le dernier sondage de l’Institut de sondage indépendant de Khalil Chikaki à Ramallah, qui rapporte par ailleurs que 70 % des Palestiniens sont convaincus que d’autres États arabes vont suivre. Lors de son discours à la Maison-Blanche, l’émissaire bahreïnien a pourtant réitéré la volonté de son pays d’œuvrer à la création d’un État palestinien. Mais ici, personne n’y croit vraiment. Pas plus qu’à l’annonce des Émirats, qui se targuent d’avoir mis fin aux velléités israéliennes d’annexer une partie de la Cisjordanie en échange de la normalisation de leurs relations. Le peu d’échos rencontrés par les appels à manifester témoigne aussi de l’impuissance d’une Autorité palestinienne vieillissante et marginalisée à l’international comme au sein des Territoires. Les responsables de l’OLP semblent incapables de se remettre en question.

« Les dirigeants continuent à penser comme dans les années 2000. Ils ne voient pas que les gens ont évolué et qu’ils sont en décalage avec les aspirations de la population », souligne Diana Buttu, politologue et ancienne conseillère de Mahmoud Abbas. Les Palestiniens sont conscients que leur cause reste populaire dans le monde arabe. « La nuit où les États-Unis ont annoncé que Bahreïn allait se joindre à la normalisation d’Israël, nous avons reçu des milliers de messages de Bahreïniens s’excusant et nous disant que cela ne les représentait pas, assure Saeb Erekat. Les peuples arabes soutiennent pleinement la Palestine. »

Dans ce contexte, la reprise de négociations de paix « à l’ancienne » semble difficile à imaginer mais n’est pas totalement à exclure. « Cela arrivera, mais pas sous l’égide de l’administration Trump », précise le secrétaire général de l’OLP. Pour Diana Buttu, le « plan de paix » américain est « un échec total ». « Les Américains pensent qu’avec de l’argent et du pouvoir on peut tout obtenir. Mais cela ne fonctionne pas pour le conflit israélo-palestinien. »

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