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Macron accueilli à Washington comme un «allié vital» des États-Unis

Macron accueilli à Washington comme un «allié vital» des États-Unis
Emmanuel Macron doit passer au total trois jours dans le pays.

Photo AFP

publié le 30 novembre 2022 à 21h43.

Emmanuel Macron a entamé une visite d’État de réconciliation. Objectifs, solder les griefs d’hier et déminer les tensions autour du protectionnisme américain.

« La France est un allié vital pour les États-Unis » : la vice-présidente Kamala Harris a accueilli mercredi Emmanuel Macron, à l’entame d’une visite d’État qui doit solder les griefs d’hier et si possible déminer les tensions d’aujourd’hui autour du protectionnisme américain (lire en encadré).

Sur un ton chaleureux, et avec force sourires de part et d’autre, elle a reçu le Président français au siège de la Nasa pour vanter une coopération « basée sur des principes démocratiques et des valeurs partagées. » Emmanuel Macron a lui estimé, en anglais, que ces « valeurs démocratiques partagées » devaient s’appliquer aussi dans l’espace, qu’il a qualifié de « nouveau lieu de conflit » international.

Le Président français a donc appelé la France et les États-Unis à travailler ensemble pour rétablir de « nouvelles règles » régissant la conquête et l’exploration spatiale. Il était accompagné des astronautes Sophie Adenot et Thomas Pesquet - ce dernier s’étant d’ores et déjà porté candidat pour embarquer dans l’une des fusées que l’Amérique compte envoyer sur la Lune, dans le cadre de son ambitieux projet Artemis.

Le Président français, le premier à qui l'administration Biden fait l’honneur d’une visite d’État, doit passer au total trois jours dans le pays.

Le premier sera studieux : après la Nasa, il aura une réunion sur l’environnement avec des parlementaires américains, et une autre sur le nucléaire civil avec des acteurs de la filière. Le chef de l’État s’adressera aussi à la communauté française, après une traditionnelle cérémonie au cimetière national d’Arlington. Enfin, Emmanuel et Brigitte Macron rencontreront Joe et Jill Biden pour un dîner se voulant intime, loin du faste protocolaire que va déployer jeudi la Maison Blanche pour le Président français, entre coups de canon, réunion dans le Bureau ovale et dîner de gala.

Des contentieux franco-américains à régler

1 L’affaire des sous-marins. En septembre 2021, les États-Unis annonçaient une nouvelle alliance, AUKUS, avec l’Australie et le Royaume-Uni, suscitant l’ire de la France, tenue à l’écart dans une région-clé du monde et qui perdait, au passage, un mégacontrat pour vendre des sous-marins à Canberra. Depuis, Washington a multiplié les gestes pour apaiser son allié et veut, comme l’a dit John Kirby, porte-parole de l’exécutif américain, un partenariat « résolument tourné vers l’avenir ».
2 Le protectionnisme américain. L’avenir, c’est notamment la transition énergétique, la compétition face à la Chine, la relance industrielle… Le Président américain aborde ces défis avec un patriotisme économique décomplexé qui irrite Paris.
Joe Biden a engagé un pharaonique programme de dépenses, le Inflation Reduction Act, avec pour mot d’ordre le « Made in USA » : il entend, en particulier, subventionner généreusement toute la filière des véhicules électriques. De quoi alimenter ce jeudi la conversation dans le Bureau Ovale. Jugeant cette loi « protectionniste », Paris a dit espérer obtenir des « exemptions » pour certaines industries européennes. Mais la Maison Blanche n’a pas l’intention d’annoncer des dérogations dans l’immédiat, et préfère parler d’un plan « gagnant gagnant », qui bénéficiera, in fine, également à l’économie européenne.
L’Élysée voudrait rallier les Européens à une autre forme de parade : l’adoption d’une arme commerciale comparable, un « Buy European Act ».
3 Le prix du gaz. Du côté français, l’on souhaite parler du fait que les Européens paient le gaz texan cinq fois plus cher que les consommateurs américains, alors que les pays du Vieux continent sont les premières victimes des sanctions internationales contre la Russie.