Macron au Proche-Orient : ses propositions entendues par la Jordanie et l'Egypte ? Emmanuel Macron a rencontré le roi de Jordanie ce mercredi matin et doit s'entretenir avec le président de l'Egypte dans l'après-midi. Il doit prendre la température auprès des pays arabes après avoir proposé la mobilisation de la coalition internationale contre l'EI pour "lutter contre le Hamas" et évoqué la solution à deux Etats.

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Emmanuel Macron a aussi eu un mot pour les otages, rappelant que leur libération est une priorité. "Plus de 200 otages sont détenus par le Hamas" et "tous les otages doivent être libéré dans les meilleurs délais" sans distinction a assuré le chef de l'Etat qui a au détour de son discours confirmé le statut d'otage des 9 ressortissants français toujours portés disparus. La libération des otages est également un objectif prioritaire de l'Egypte qui prend part aux négociations avec le Hamas sur ce point. Le président Abdel Fattah Al-Sissi estime qu'il est important d'éviter l'escalade du conflit pour "gagner du temps pour libérer davantage d'otages". "Cela se fera par le truchement de l'apaisement de la situation autant que possible" a-t-il ajouté.

La protection des civils et l'acheminement de l'aide humanitaire ont été un point important de la prise de parole d'Emmanuel Macron et d'Abdel Fattah-Al-Sissi. Le Président français a d'ailleurs réitéré la demande de la France à ce que l'accès à l'eau soit totalement sécurisé dans la bande de Gaza et à ce que l'électricité soit de nouveau disponible notamment pour les hôpitaux qui menacent de ne plus pouvoir fonctionner après ce mercredi.

Emmanuel Macron a surtout annoncé qu'un "avion français se posera demain sur le sol égyptien pour acheminer du matériel médical [à destination de la bande de Gaza] et [que] d'autres suivront". "Un navire de notre marine nationale appareillera pour soutenir les hôpitaux de Gaza" a ajouté le chef de l'Etat, le départ du bateau hôpital doit avoir lieu dans les prochaines 48 heures.

"Le chemin politique du règlement de la question palestinienne doit être suivi en même temps qu'on combat le terrorisme" a soutenu Emmanuel Macron. Le chef de l'Etat a également assuré que le règlement de la question palestinienne est "éminemment compatible avec la sécurité d'Israël". "Ce n'est qu'à ces conditions que nous aurons la paix dans la région : la capacité des Etats de la région à accepter l'existence d'Israël et la reconnaissance du droit des Palestiniens à avoir un Etat en sécurité" a conclu le président de la République. 

Après son entretien avec le président Abdel Fattah Al-Sissi, Emmanuel Macron a déclaré vouloir "bâtir une initiative de paix et de sécurité pour éviter l'escalade du conflit entre Israël et le Hamas" avec tous les partenaires régionaux et internationaux sur trois axes : la lutte contre le terrorisme, la protection des civils et l'aide humanitaire et enfin la question politique avec le règlement de la question palestinienne.

Sur ce dernier point, Emmanuel Macron a à nouveau mis en avant la solution à deux Etats et le "droit légitime des Palestiniens de demander un Etat". "Il faut agir pour trouver la solution de deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité. [...] Ce n'est pas parce que l'idée est vielle qu'elle est devenue caduque" a ajouté le chef de l'Etat jugeant des aménagements nécessaires mais possibles pour aboutir à une solution.

"La France ne pratique pas le double standard, la droit international s'applique à tout le monde et la France a toujours porté des valeurs universelle d'humanisme, toutes les vies se valent" a déclaré Emmanuel Macron en conférence de presse en réponse aux critiques de certains pays arabes qui ont dénoncé une politique du "deux poids, deux mesures" entre les frappes menées contre Israël et celles visant l'enclave palestinienne, ces dernières n'étant pas assez condamnée selon certains.

Emmanuel Macron déclare que parmi les plus de 200 otages retenus par le Hamas neuf sont des Français ou des binationaux franco-israéliens. Il a également annoncé que 31 ressortissants français ont été tués dans les frappes.

Emmanuel Macron prend la parole dans une conférence de presse commune avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Suivez la conférence de presse en direct et en vidéo.

16:08 - La Jordanie est un "partenaire essentiel" dans le processus de "paix juste et durable" au Proche-Orient

Plusieurs heures après son entretien avec le roi de Jordanie, Abdallah 2, Emmanuel Macron a assuré sur X (ancien Twitter) que le pays arabe est un "partenaire essentiel" dans le projet de "paix juste et durable" possible au Proche-Orient. Le chef de l'Etat ne précise pas davantage les échanges qu'il a pu avoir avec le monarque jordanien.

L'Egypte qui partage un petit bout de frontière avec la bande de Gaza et est mêlée à l'histoire du conflit israélo-palestinien a décidé de jouer un rôle dans la guerre qui oppose Israël au Hamas, la rencontre d'Emmanuel Macron avec son son homologue égyptien est donc indispensable selon un député Renaissance contacté par BFMTV. Parmi les objectifs du chef de l'Etat avant sa rencontre avec le président Al-Sissi on compte surtout l'obtention d'une facilitation de l'entrée de l'aide humanitaire dans Gaza - le poste-frontière de Rafah étant le seul point d'entrée possible car non contrôlé par Israël.

Emmanuel Macron pourrait aussi aller chercher le soutien de l'Egypte sur la solution à deux Etats proposée pour mettre un terme au conflit. L'Egypte veut afficher sa solidarité avec la Palestine, mais refuse de voir le peuple palestinien s'installer sur son sol craignant d'assister à une installation à long terme, la reconnaissance d'un Etat palestinien voisin d'Israël semble donc être une solution défendable pour l'Egypte.

Face aux Etats-Unis et à l'Europe qui ont apporté leur soutien à Israël après l'attaque terroriste du Hamas, mais qui se sont faits plus discrets ou ont mis plus de temps à réagir aux frappes israéliennes lancées sur Gaza et faisant des victimes parmi les civils, la Turquie dénonce par la voix de son ministre turc des affaires étrangères, Hakan Fidan, une "politique de deux poids deux mesures très grave. Le ministre s'est entretenu avec son homologue du Qatar ce mercredi et les deux hommes sont du même avis. "Il n'est pas permis de condamner le meurtre de civils dans un contexte et de le justifier dans l'autre" a déclaré de son côté le ministre qatari en conférence de presse.

A noter que les deux pays sont des défenseurs de la cause palestinienne. Le ministre des Affaires étrangères du Qatar a ajouté et rappelé que son pays dispose de communication avec le Hamas et travaille au désamorçage du conflit.

Si Emmanuel Macron fait un tour de dirigeants d'Israël, de la Palestine, de la Jordanie et de l'Egypte, en parallèle le dirigeant du Hezbollah a indiqué s'être entretenu avec ceux du Hamas et du Jihad islamique ce mercredi. L'objectif de la rencontre était de trouver des moyens de soutenir le mouvement islamiste palestinien dans la guerre contre Israël alors que les affrontements et les frappes sont devenus quasi-quotidiennes à la frontière entre Israël et le Liban.

Emmanuel Macron a pris la direction de l'Egypte, il est attendu au Caire en début d'après-midi et doit s'entretenir aux alentours de 15 heures avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Cette fois une déclaration à la presse devrait avoir lieu à l'issue de la rencontre, vers 16 heures.

Emmanuel Macron a posé l'idée d'un hommage nationale en mémoire des victimes françaises tuées dans les attaques entre le Hamas et Israël sur la table, selon une information du Parisien. "Nous devrons honorer la mémoire de nos victimes. Je vous demande de réfléchir à la manière dont on pourrait organiser la cérémonie. Faites-moi des propositions dans les prochains jours" a-t-il d'ailleurs demandé à ses collaborateurs lors d'une récente réunion avec des ministres. La cérémonie est donc en préparation, mais la tâche est délicate car "tant qu’on n’a pas stabilisé le nombre de personnes décédées, c’est difficile d’organiser un pareil événement. Il faudra attendre le décompte définitif" indique une source au journal.

La date n'est donc pas encore définie et tributaire de l'obtention d'un bilan définitif. Quant au lieu il n'est pas arrêté non plus mais la place des Invalides pourrait accueillir la cérémonie selon les premiers pistes de réflexion. Si l'hommage national envisagée sera laïque, un autre hommage religieux cette fois pourrait être organisé par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

Pas de conférence de presse commune à l'issue de la rencontre entre Emmanuel Macron et le roi de Jordanie Abdallah 2. L'entrevue a eu lieu ce matin, mais aucun des deux hommes ne s'est exprimé ou n'a précisé la teneur des échanges qu'ils ont eu au sujet du conflit entre Israël et le Hamas. Si l'on sait que le chef de l'Etat français a plaidé pour les propositions évoquées hier, on ignore tout de la réponse de la Jordanie.

Les déplacements d'Emmanuel Macron en Jordanie et en Egypte ne semblent pas avoir été décidés au hasard, car les deux pays tentent de calmer le jeu en Israël depuis le début de la guerre avec le Hama. Ils appellent notamment à une solution pour accueillir temporairement les habitants de Gaza à l'intérieur du territoire israélien. L'Egypte comme la Jordanie refuse d'ouvrier leurs frontières aux Palestiniens et enjoignent Israël à ne pas se "débarrasser de la question palestinienne". Ces engagements sont-ils le signe que les pays accepteront de suivre les propositions de la France pour tenter de résoudre le conflit ?

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Deux semaines après l'attaque du Hamas sur Israël, qui a depuis engendré de nombreuses ripostes de l'État hébreux sur la bande de Gaza, suscitant ainsi un vif regain des tensions au Moyen-Orient, mais également à travers le monde, Emmanuel Macron est attendu mardi 24 octobre 2023 en Israël. Un déplacement à Tel-Aviv qui sera particulièrement scruté alors que la guerre opposant Israël au Hamas n'est pas sans conséquences en France.

Depuis le début du conflit, les passes d'armes entre femmes et hommes politiques ne cessent de se multiplier, en témoigne encore celle opposant Jean-Luc Mélenchon à Yaël Braun-Pivet ce lundi. De même, un peu partout dans les rues du pays, des manifestations en faveur des différents camps ont également été organisées en nombre. Le tout dans un contexte d'insécurité grandissant, marqué par l'attaque d'Arras et l'attentat de Bruxelles qui ont conduit les autorités à replacer la France en état d'urgence attentat.

Notons encore qu'Emmanuel Macron devra, lors de ce déplacement en Israël, ménager les différentes parties afin de ne froisser aucun de ses partenaires à l'international, les États-Unis défendant, par exemple, les intérêts de l'État hébreu tandis que les États du Moyen-Orient et du Maghreb sont plutôt acquis à la cause palestinienne. 

Emmanuel Macron veut discuter de la création d'un État palestinien

Alors, concrètement, qu'attendre de la visite d'Emmanuel Macron en Israël ? Lundi soir, l'Élysée a donné un petit aperçu, révélant notamment que le président de la République française appellera mardi à la "reprise d'un véritable processus de paix". Si Emmanuel Macron compte exprimer la solidarité de Paris avec Israël et les Français d'Israël, le chef de l'État souhaite également discuter de la création d'un État palestinien, à côté de l'État hébreu.

La création d'un État palestinien impliquerait aussi "l'arrêt de la colonisation" en Cisjordanie, a précisé le palais présidentiel. "Le seul moyen d'être utile, c'est : 1- D'apporter de la solidarité à Israël. 2- Prendre des engagements très clairs contre les groupes terroristes. 3- Rouvrir une perspective politique", énumère l'Élysée dans son communiqué. 

À noter que la question des otages français retenus par le Hamas devrait également être abordée lors de la visite d'Emmanuel Macron en Israël. Visite lors de laquelle le chef de l'État doit s'entretenir avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Pour rappel, à ce jour, sept ressortissants français sont possiblement retenus par le Hamas. Toutefois, "la jeune Mia Shem est la seule dont le statut d'otage est confirmé". Emmanuel Macron promet cependant régulièrement aux familles d'otages français que Paris fera tout "pour qu'ils reviennent sains et saufs".