Depuis la double explosion survenue dans le port de Beyrouth, mardi 4 août, la communauté internationale se presse pour venir en aide au Liban. Le bilan provisoire fait état d’au moins 100 morts et 4 000 blessés. Sur son compte Twitter, le chef de l’État français a annoncé qu’il se rendrait sur place dès jeudi 6 août pour y rencontrer les dirigeants libanais ainsi que “l’ensemble des acteurs politiques”.

Quelques heures plus tôt, Emmanuel Macron avait déjà fait état de sa solidarité avec le peuple libanais. Il avait annoncé l’envoi d’un détachement de la sécurité civile et de “plusieurs tonnes de matériel sanitaire”, rapporte le quotidien belge Le Soir, ajoutant que la France emboîtait le pas “au Qatar et au Koweït, qui ont respectivement annoncé envoyer des hôpitaux de campagne et de l’aide médicale d’urgence”.

Le New York Times, relayant les informations de l’agence de presse américaine Associated Press, détaille la nature de l’aide acheminée par trois avions français. Parmi le personnel dépêché au Liban se trouvent des spécialistes des risques chimiques et technologiques formés aux interventions sur des sites d’accidents industriels :

Leur mission consistera entre autres à identifier les risques spécifiques que représentent des produits présents dans la zone ainsi que d’autres risques liés aux dégâts de l’explosion et la sécurité civile. […] Parmi ces 55 professionnels figurent également des équipes d’intervention en cas de catastrophe, des spécialistes des soins d’urgence, des médecins et des pompiers.

Une première depuis l’assassinat de Rafic Hariri

Par ailleurs, citant une source diplomatique française, le journal libanais L’Orient-Le Jour souligne le caractère inédit de la visite du chef de l’État de l’ancienne puissance mandataire :

Il s’agit de la première visite d’un chef de l’État français à l’étranger, à la suite d’une catastrophe n’impliquant pas la France, si l’on excepte le déplacement de l’ancien président Jacques Chirac à Beyrouth, le 14 février au soir, quelques heures après l’assassinat de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri dans un attentat à la bombe.

Le titre ajoute que le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, s’est entretenu par téléphone avec son homologue libanais, Charbel Wehbé : “C’est dans les épreuves que les amis sont là, et nous sommes là”, a-t-il déclaré.

Comme l’explique le quotidien francophone de Beyrouth, l’aide ne vient pas seulement de France. L’Allemagne, dont certains membres de l’ambassade auraient été touchés par l’explosion, a promis d’apporter “son soutien” tout comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Canada, l’Iran, la Turquie ou encore la Russie.

Ce secours venu des quatre coins du globe n’est pourtant pas de nature à rassurer le Daily Telegraph. Le journal britannique y voit les prémices d’une lutte d’influence entre grandes puissances, sur le territoire d’un État déjà en proie à des difficultés économiques, sociales et politiques abyssales :

Les États occidentaux offrent une aide humanitaire pour panser les blessures de Beyrouth, mais le Liban a besoin d’une énorme aide financière pour se reconstruire et se redynamiser […]. Si l’Occident ne paye pas, alors ses principaux rivaux, la Russie et la Chine, sont bien placés pour prendre sa place.”

Selon le quotidien conservateur, la Chine se serait déjà positionnée pour reconstruire le port de Beyrouth. Le Kremlin suivrait quant à lui de très près l’évolution de la situation afin de préserver les intérêts de son allié syrien.