A Montpellier, dans l’Hérault, un épais brouillard enveloppe la campagne des municipales. En rééducation après une opération, le maire, Philippe Saurel (divers gauche), n’a toujours pas annoncé s’il avait l’intention (ou non) de présenter sa candidature, même si quelques indices le laissent présager. La semaine dernière, par exemple, son équipe a convié la presse, pour défendre le bilan du mandat.

A deux mois du scrutin, 20 Minutes a ressorti des archives le tract de 2014, présentant les propositions du candidat Saurel, pour vérifier s’il avait bien tenu ses promesses.

« Nous nous engageons à ne pas augmenter les taux d’imposition »

Philippe Saurel a tenu sa promesse. Que ce soit à la ville ou à la métropole de Montpellier, l’élu a respecté son engagement de ne pas augmenter les impôts locaux : pendant six ans, sa part de la douloureuse n’a pas bougé d’un iota.

« La régie publique de l’eau »

La promesse est tenue. La métropole de Montpellier a repris en main la gestion de l’eau potable le 1er janvier 2016, revendiquant une baisse de 10 % du tarif. Cela concerne 13 communes, dont Montpellier, soit environ 80 % des habitants du territoire.

« La sécurité des personnes et des biens »

En 2014, Philippe Saurel avait annoncé qu’il renforcerait le nombre de policiers municipaux et nationaux, sans préciser de chiffres. L’engagement est tenu : les effectifs de la police municipale sont passés de 127 agents en 2014 à 183, et il a obtenu une vingtaine de policiers nationaux de plus de la place Beauvau. La vidéosurveillance a aussi explosé à Montpellier, et les caméras de la ville et de la Tam ont été regroupées.

Reste qu’un fort sentiment d’insécurité monte, notamment dans le centre-ville. Dans l’Ecusson, certains mineurs non-accompagnés, par exemple, ont sombré dans la délinquance : en 2018, 120 affaires, notamment de vols à l’arraché ou de cambriolages, seraient liées à ces adolescents, qui sont pris en charge par le département.

« Le trajet unique [du tramway] sera ramené à 1 euro »

Philippe Saurel n’a pas tenu sa promesse. Ou pas tout à fait. Lorsque l’on achète un ticket de tramway à Montpellier, on paie aujourd’hui 1,60 euro, soit 0,20 euro de plus qu’en 2014. En revanche, l’élu a ramené le prix d’un carnet de 10 tickets à 10 euros, soit 1 euro le ticket. Côté abonnements, Philippe Saurel a baissé le prix de l’abonnement pour les jeunes, mais augmenté le prix de l’abonnement pour tous.

Enfin, et ce fut l’un de ses projets majeurs, Philippe Saurel a entièrement repensé la ligne 5 du tramway, avant de lancer les travaux. Désormais, les rames ne passent plus par le parc Montcalm, qui a bien été préservé, conformément à sa promesse de 2014.

« Montpellier, ville propre »

Philippe Saurel a mis le paquet sur la propreté pendant six ans : l’élu a renforcé les tournées de nettoiement, a créé une brigade de lutte contre les incivilités et a installé près d’une trentaine de toilettes publiques (alors qu’il n’y en avait qu’une seule en 2014). Mais la ville, souillée par les incivilités, est encore très loin d’être nickel.

« Un centre-ville réparé »

C’est sans doute l’un des points forts du bilan de Philippe Saurel. En six ans, il n’y a pas un quartier qui n’a pas bénéficié d’une rénovation ou d’un réaménagement : selon un décompte fourni par son équipe, 230 rues, 26 espaces publics et plus de 400 trottoirs auraient eu droit à un lifting. Et en profondeur, pour certains. La Grand Rue Jean-Moulin a été redessinée, les halles Laissac reconstruites et les halles Castellane réaménagées.

Les nouvelles halles Laissac, à Montpellier.
Les nouvelles halles Laissac, à Montpellier. - N. Bonzom / Maxele Presse

« Un maire à plein temps »

Ce n’était pas inscrit dans sa profession de foi, mais Philippe Saurel n’a eu de cesse de le répéter lors de la campagne en 2014 : il sera un « maire à plein temps ». Rapidement, cet engagement a pris du plomb dans l’aile. Alors qu’il avait choisi Max Lévita pour présider l’agglomération, Philippe Saurel en a finalement pris la tête, et a créé la métropole. En 2015, sa promesse s’est éloignée encore un peu plus : l’élu s’est présenté comme tête aux listes aux régionales, avec ses « Citoyens du Midi ». Il n’a obtenu que 5 % des suffrages.