Pour l’instant, le maire sortant Les Républicains de Toulouse n’a pas encore dévoilé ce qu’il compte proposer aux Toulousains pour les six ans à venir s’il est réélu. S’il doit présenter les grands axes de sa liste « Aimer Toulouse » au cours des prochains jours, Jean-Luc Moudenc a d’ores et déjà annoncé qu’il demanderait aux « Toulousains de revalider certains projets » à l’occasion de ces municipales.

Après une traversée du désert, il avait réussi en 2014 sa reconquête du Capitole. Pour parvenir à rendosser le costume de maire qu’il avait perdu en 2008 au profit de la gauche, l’élu alors UMP avait élaboré un programme de campagne dense, dont certains projets s’inscrivaient alors déjà sur deux mandats. Des promesses de campagne sur lesquelles 20 Minutes s’est re-penché pour voir si elles ont été tenues ou non.

Des moyens importants sur la sécurité

Ce qui avait été promis. « Nous sommes convaincus que la sécurité est une responsabilité municipale, au contraire du maire sortant qui prétend que l’État est le seul garant de la protection des citoyens », avait expliqué Jean-Luc Moudenc en 2013, en en faisant un axe prioritaire. Pour y parvenir, il avait promis de doubler les effectifs de la police municipale et de généraliser l’implantation de caméras de vidéoprotection en multipliant leur nombre par dix, soi t autour de 200 de plus.

Ce qui a été réalisé. Six ans plus tard, la Ville rose compte plus de 400 caméras, les agents de la police municipale sont 375 sur le terrain, contre 150 auparavant et, depuis 2015, ils patrouillent de nuit. Une brigade motorisée pour les interventions rapides a aussi vu le jour. Si les moyens sont bien là, pour l’opposition le compte n’y est toutefois pas. « C’est le seul sujet où il a respecté ce qu’il avait dit mais sur lequel il a le moins de résultats », relève le socialiste François Briançon en référence à la hausse de la délinquance et aux multiples cas de règlements de comptes qui ont eu lieu ces derniers mois.

Troisième ligne de métro, deuxième rocade… Pour le prochain mandat

Ce qui avait été promis. A Toulouse, aucune campagne municipale de ces vingt dernières années n’y a échappé. La mobilité reste un sujet phare tant les déplacements sont difficiles dans la Ville rose. Après un mandat sous gouvernance socialiste qui avait vu le retour du tramway en ville, Jean-Luc Moudenc revenait aux fondamentaux de la droite toulousaine :  proposer une ligne de métro comme Dominique Baudis avant lui. Elle ferait 17 km et relierait Airbus à Astrium au sud-est d’ici 2024 pour un montant de 1,7 milliard d’euros. Il remettait aussi au goût du jour le projet de seconde rocade qui avait animé en 2001 la campagne de Douste-Blazy, sans oublier la création de lignes de bus Linéo et d’une ligne de bus circulaire autour du périphérique.

Ce qui a été réalisé. Une étude a rapidement confirmé que la ligne de bus circulaire autour du périphérique était une option était irréalisable techniquement. Les bus Linéo, sur des circuits optimisés, ont vu le jour et marchent plutôt bien. Le projet de deuxième rocade est loin d’être sur les rails. Pour l’instant, seuls les crédits pour étudier l’opportunité de la construire sont inscrits au contrat de plan Etat-Région. La troisième ligne de métro est par contre plus engagée. Le feu vert a été donné au tracé fin 2019 pour une ligne de 27 km dont le coût est désormais estimé à 2.7 milliards d’euros. Elle doit être livrée en 2025, même si certains contestent la possibilité de tenir ces délais financièrement et techniquement.

La fiscalité et les hausses de tarifs, le point noir

Ce qui avait été promis. En 2014, Jean-Luc Moudenc s’était engagé à ne pas gréver le budget de la ville pour construire la troisième ligne de métro. « Elle sera financée sans augmenter les impôts », avait-il assuré. Il s’était par ailleurs engagé au « 0 % d’endettement municipal en plus ». Côté fiscalité, le maire sortant avait pris l’engagement de revoir les taux de la Cotisation foncière des entreprises (CFE), « l’un des plus élevés de France, afin de ne plus décourager les petits commerces » et de maintenir la gratuité des transports en commun pour les seniors.

Ce qui a été réalisé. Aujourd’hui, la question de la stabilité fiscale reste l’un des points noirs de la mandature et l’une des principales critiques des adversaires de Jean-Luc Moudenc. Mi-2017, une nouvelle tarification est entrée en vigueur chez Tisséo. Elle a mis fin à la gratuité des transports pour les plus de 65 ans, pour lesquels le prix du ticket est désormais fonction des revenus.

Deux ans plus tôt, la Métropole avait augmenté la CFE de 9 % et la même année les taux d’imposition ont grimpé de 15 %. Pour continuer à mener ses projets, le maire sortant a eu recours à l’emprunt et a mis en place une nouvelle tarification des cantines pour les faibles revenus. Un effort demandé aussi aux associations dont les subventions ont baissé de 25 % au cours du mandat. « A notre arrivée, on pensait avoir 22 millions d’épargne, mais en réalité elle était de -3,4 millions d'euros, la précédente majorité avait présenté un budget insincère. Juste après les élections le gouvernement a aussi annoncé la baisse des dotations, soit 35 millions d’euros en moins pour la ville », rappelle Sacha Briand, l’adjoint aux Finances, pour justifier la hausse des impôts.

L’urbanisme des grands projets

Ce qui avait été promis. La mise en valeur du patrimoine était une pierre angulaire du projet urbanistique et culturel de Jean-Luc Moudenc. Cela passait par la mise en valeur de Saint-Sernin, le réaménagement des allées Jean-Jaurès en ramblas, la poursuite de la réhabilitation du centre par l’urbaniste Joan Busquets à travers la rénovation des places et des berges de la Garonne. Au programme figurait aussi la création d’un auditorium à la prison Saint-Michel, d’un espace d’expositions à la Grave et d’un grand musée de l’histoire de Toulouse à l’hôtel de Lestang. Côté gros chantiers, le réaménagement du quartier de la gare en centre d’affaires était annoncé, prolongé par un mail végétalisé entre Matabiau et l’avenue Jean-Rieux par la couverture de la voie ferrée.

Ce qui a été réalisé. A la veille de Noël, les nouvelles allées Jean-Jaurès revues et corrigées ont été inaugurées, un vaste chantier à près de 20 millions d’euros qu’il faut maintenant faire vivre. Elles s’inscrivent dans le réaménagement plus large de la ville, qui comprend notamment la refonte complète du parvis de Saint-Sernin ou encore, rive gauche, du port Viguerie. Le projet d’auditorium à Saint-Michel est toujours d’actualité, mais n’a pas vraiment avancé. La ville a réussi à renégocier le prix des terrains avec l’Etat mais ne les a toujours pas achetés. 

Le grand musée de l’histoire de Toulouse est passé à la trappe et le séduisant mail verdoyant sur les voies ferrées à proximité de Matabiau n’a jamais vu le jour. A la place, le projet de tour Occitanie de 150 m de haut a été lancé et il est loin de faire l’unanimité.