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«Nous avons tous une part de responsabilité» : Conches-en-Ouche rend hommage à Lisa, 3 ans, battue à mort

Des centaines de personnes sont venues se recueillir ce samedi après l’infanticide de la fillette dans l’Eure, chacun se demandant comment il avait pu passer à côté de son calvaire.

Battue à mort par sa mère et son beau-père. Plusieurs centaines de personnes se sont réunies ce samedi 30 septembre à Conches-en-Ouche (Eure) pour rendre hommage à Lisa, morte dans la commune après des violences familiales présumées une semaine plus tôt.

«J'ai l'impression qu'on vit toutes et tous un cauchemar», s’est ému le maire Jérôme Pasco, qui a pris la parole devant les 400 à 500 personnes - des familles avec enfants comme des personnes seules - réunies devant le perron de la mairie. Certaines avaient apporté des roses blanches qu'elles ont déposées ensuite dans le jardin jouxtant la mairie. L'élu a rendu hommage à la fillette, à son frère et à son père, et a réclamé des «moyens d'agir pour mieux protéger nos enfants, pour mieux lutter contre les violences intrafamiliales».

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L’inquiétude d’une «chasse aux sorcières»

Le beau-père et la mère de la fillette ont été mis en examen et placés en détention provisoire après le décès dimanche 24 septembre de l'enfant au CHU de Rouen, après l'intervention des secours au domicile familial. Elle portait de multiples hématomes d'âges différents sur «le visage, les quatre membres, le thorax, le dos, le pubis», avait précisé le procureur de la République d'Évreux Rémi Coutin et elle «n'aurait pas été scolarisée la semaine précédent le drame».

«Ni la gendarmerie, ni la justice, ni les services de l'aide sociale à l'enfance n'avaient été informés» des «violences difficilement soutenables» subies par la petite fille, avait ajouté Rémi Coutin. Le beau-père et la mère étaient connus de la justice.

La directrice de l'école maternelle, où la fillette était scolarisée en moyenne section, a été suspendue à titre conservatoire. «Les bourreaux ne sont pas dans nos écoles», a déclaré le maire, «nous avons tous et toutes une part de responsabilité.» «Comment se fait-il que dans cette ville, on est capable de m'appeler quand le chien du voisin gueule trop fort et que je n'ai jamais été averti de ce qui se passait là-bas?», s'est ému Jérôme Pasco avant une minute de silence.

«Il faut faire attention à la chasse aux sorcières, aux boucs émissaires», a renchéri Alexandre Rassaërt, président du Département de l'Eure, en marge de la cérémonie.