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France

Off My Mind #95 – Dan Didio : DC Comics ses TPB et ses labels

En tant que bon consommateur / lecteur de comics que vous êtes, vous avez cette année acheté et lu divers comics dans leurs éditions reliées. Trade paperbacks (TPB) et Hardcover (HC) composent une offre large que nous résumons en France comme une offre librairie – en phase de devenir l’unique offre comics avec la disparition du kiosque. Divers mouvements se faisaient ressentir dans les annonces et pré-commandes subitement annulées. En réaction à ces quelques questions, Dan Didio annonce repenser l’offre de ces éditions collectées pour 2020.

L’origine du problème

En Février 2019, Dan Didio annonçait déjà la couleur de l’avenir du format relié. Une restructuration était déjà de mise. Malgré des propos plutôt positifs, 2018 comptait une réduction du nombre de séries proposées par DC Comics. Concernant cette réaction – sans parler de la restructuration et du licenciement opéré l’année dernière – Dan Didio voit juste en parlant d’un marché saturé.

Les comics sortent chaque semaine, un rythme effréné rendant quasi-impossible la lecture d’un univers entier. On peut alors se demander si ces réactions ne sont pas preuve d’une faiblesse chez l’éditeur face à l’émergence d’éditeurs indépendants, du marché digital et une part des ventes de plus en plus grande que Marvel s’accapare. La concurrence se veut de plus en plus rude. L’événement n’est plus estival, mais constant et confiné dans diverses parties de l’univers Marvel, là où DC Comics ne sait plus quoi faire de Doomsday Clock et s’étouffe avec Year of the Vilain.

Face à une telle situation, les éditions reliées vont en pâtir. Comme dit précédemment, il fallait s’y attendre. Ces observations ne sont pas neuves et cette année 2019 a été une douche froide pour les collectionneurs d’Omnibus et autres éditions spéciales. Les annulations se sont répétées. Pas de second volume pour Titans ou Outsiders de Judd Winick. Pas de troisième volume pour Damage. La semaine dernière, c’était l’Absolute Gotham by Gaslight qui disparaissait. Pour d’autres raisons, il en a été de même pour l’édition Deluxe Shazam ! : The Monster Society of Evil.

Ce ne sont que quelques exemples, et les personnages les plus populaires ne font pas exception. En exemple l’omnibus Batman Hush, Batgirl of Burnside, ou encore la réédition de l’Absolute Dark Knight par Frank Miller, lui repoussé à une date indéterminée.

Des mesures à prendre

Les lecteurs réalisant ces précommandes se lassent. L’enthousiasme face aux annonces disparaît, et les publications ne pourront que diminuer lorsque l’engouement des lecteurs se fait de plus en plus rare. Si on en croit les dires de Dan Didio, ces annulations seraient causées par un nombre insuffisant de pré-commandes. A ne regarder que les pré-commandes et à annuler à tour de bras, ces annulations ne paraissent-elles pas logiques ? D’autres facteurs sont à prendre en compte, dont certains restent inconnus, comme le nombre attendu de pré-commandes par l’éditeur.

Cœur du problème des éditions reliées, une réaction semblerait avoir été trouvée chez DC. L’éditeur semble être prêt à réaliser un compromis pour tenir ses engagements à un lectorat frustré des annulations à répétition, tout en minimisant les risques financiers encourus. Exemple de ce début d’année. Alors que l’Omnibus John Byrne’s Man of Steel venait d’être annulé, DC a de suite présenté une collection au format TPB. Si l’édition est moins prestigieuse, le contenu promis est tout de même proposé.

«Nous repensons nos manières de construire nos collections, inclure du contenu supplémentaire aux versions imprimées qui ne seront pas disponibles aux versions digitales.»

Une autre initiative intéressante, mais qui devrait déjà définir l’achat de ce type d’édition. C’est ce qui caractérise même l’Absolute qui se doit de fournir des bonus justifiant l’achat et un format justifiant son prix. En soi, l’édition reliée se devrait de proposer un contenu différent, ou du moins, justifiant l’intérêt d’une édition physique.

Direction étrange en cette année 2020, puisque l’offre des formats reliés semble s’orienter vers une quête d’exclusivité pour les nombreux labels. DC devient un éditeur confus. Auparavant portant un intérêt minime de ce qui est canonique ou non, il minimise aujourd’hui le rôle de l’éditeur au profit d’une appropriation du personnage par l’artiste. Plutôt que de catégoriser continuité et hors-continuité, l’éditeur catégorise selon le public. Mais a cet avantage de mettre en avant certains de ses artistes.

Soigner le public de demain

Avec DC Ink, DC Zoom et autres, il réserve une part de son offre reliée à un public jeune, et revendique une qualité artistique de ses produits. D’un autre côté le Black Label, le Jinxworld et j’en passe pour un souci de diverses continuités. Au milieu de tout ça, Injustice ou les titres Arkham ne se posaient guère de questions, et s’appuyaient sur la réflexion logique du lecteur des événements canoniques ou non.

Le lancement de ces collections révèle une expérimentation. DC, dans ses décisions éditoriales comme au cinéma, cherche ses repères et un marché différent de ceux exploités en réaction à cette « saturation du marché ». Avec cette offre adressée au jeune public, DC Comics réalise de très bonnes ventes. Ainsi, Catwoman : Under the Moon est l’album le plus vendu aux US en Mai 2019. Cette collection profite de récits pleinement déconnectés, et livre un récit souvent porté par des artistes connus, mais également des romanciers/romancières.

Ainsi, l’éditeur assure une qualité qu’il revendique fièrement, une communication étendue et un produit adapté au jeune public comme au plus grand. Car c’est là toute la force du label DC Ink comme DC Zoom, un graphic novel orienté vers une esthétique unique capable d’attiré toute une variété de publics.

Dans cette même ligne d’une esthétique singulière et d’une appropriation totale des personnages – pour ne pas dire une relecture, le Black Label se présente comme une réussite en demi-teinte. D’un côté, Batman Damned se dresse comme le fer de lance – si on exclue Watchmen – de ce label. 10ème album le plus vendu de l’année, le duo Azzarello/Bermejo ont marqué l’année malgré les retours critiques très mitigés. Alors que Superman Year One de Frank Miller et John Romita est un cuisant échec.

C’est là tout le problème du Black Label. Conçus comme des albums, la vente en single se veut être de fins TPB. Hors, ils sont pour certains conçus comme des Graphic Novels, selon le bon vouloir de l’artiste possédant toutes les libertés – exception faite de certains détails. Le Black Label sonnait étrangement comme un libre court au n’importe quoi, mais c’est pourtant l’expression d’un artiste et d’une appropriation, tout ce que nous pourrions reprocher à un Scott Snyder en perpétuelle roue libre. Le Black Label donne tous les droits aux artistes, ainsi on peut se retrouver avec Harleen comme avec Superman Year One. On ne peut que reprocher à l’éditeur de ne pas laisser la place aux bons projets.

Des formats reliés revus pour les titres réguliers

Si DC Comics parvient à se démarquer et à briller par cette offre spécifique, 2020 serait la réorganisation des TPB dédiés aux séries régulières. En 2011, DC Comics annonçait fièrement vouloir numéroter ses TPB. L’éditeur prenait le pari de voir ses ventes augmentées en incitant le lecteur à compléter la collection commencée. L’effet escompté a été quelque peu décevant. Aujourd’hui, Dan Didio voudrait faire machine arrière.

«Nous devons aussi réévaluer ces collections de six numéros et ainsi de suite – quand vous collectionnez six numéros d’un périodique, peu importe s’il s’agit d’une histoire complète. »

« Nous constatons que les livres numérotés sur le dos ont un rendement décroissant – ils prennent la même cadence périodique que nos singles. [la vente de] chaque numéro suivant chute abruptement. Plus les numéros sont longs, plus les tirages sont faibles. Je veux aussi m’assurer que nous sommes clairs sur le contenu de ce livre. C’est pourquoi le titre est plus important. J’aimerais que quelqu’un le prenne pour la lecture plutôt que pour la numérotation. »

Les règles de 2011 dictant la bonne forme des arcs narratifs à respecter pour l’édition reliée aurait donc été une erreur. Dan Didio ferait table rase des décisions prises ces neuf dernières années concernant les TPB des titres réguliers pour une forme plus libre des arcs narratifs ? Rien de sûr pour le moment, mais cette déclaration (et cette remise en question) serait un premier pas vers une amélioration de l’offre reliée et donc, des ventes.

C’est un retour au mode de fonctionnement de 2005-2010, tel qu’il était avant l’arrivée de Dan Didio aux commandes, avec des albums mettant en avant un arc, avec ses événements contenus et ses artistes, plutôt que sa progression numérotée. Reste à savoir si cette « nouvelle » politique compte toujours publier chaque série sous ce format, ou uniquement celles que l’éditeur estime rentable, selon les chiffres espérés.

Quelques stratagèmes ont déjà pu être remarqués, comme le retour au Volume 1 des TPB du titre Supergirl lors de l’arrivée de Marc Andreyko , en réaction aux événements du Superman de Brian M. Bendis. Une adaptation partielle pour donner au lecteur un accès à un titre déjà arrivé à son 25ème numéro. Il en est de même pour Aquaman par Kelly Sue Deconnick ou le Batman (Detective Comics) par Peter Tomasi, dont la numérotation a été relancée. Le public français connaît déjà le concept avec Urban Comics et ses collections Batman : Detective ou Arthur Curry : Aquaman.

« Vous verrez d’autres ajustements à l’avenir, mais je sens que nous sommes dans une très bonne position. »

La position n’est certainement pas des plus agréables. Néanmoins, les ajustements ne peuvent être que bénéfiques et à en croire la bonne parole de Dan Didio, nous serions sur le bon chemin, mais la route sera encore longue.

L’offre reliée, une fierté DC Comics

La place des éditions reliées peut sembler insignifiante. Dans l’industrie des comics, elle a toujours une place mineure. La spéculation financière a toujours été dirigée vers le single. Il faut dire que l’édition reliée est encore très jeune, mais suit la logique première du comic-book. Les comics sont des compilations de récits destinés d’ordinaire aux enfants dans les journaux. Sous forme de strip ou de page complète, c’est dans l’idée d’une stratégie marketing originale – et d’éducation culturelle – que Willam-Wheeler Nicholson créé le comic-book. Ce que nous appelons aujourd’hui un single. Un format peu cher destiné aux enfants, jouant sur une réimpression de différentes histoires et promettant à la jeunesse une lecture divertissante.

Le comic-book va pourtant se limiter à cette stratégie-ci. Le comic-book est la compilation ultime. Il est question d’un divertissement populaire. Les histoires sont conçues pour tenir en ces quelques pages. Il n’est à l’origine pas question de l’étendre sur plus de vingt pages, et donc encore mois sur plusieurs numéros. Ce n’est qu’à partir des années 60 que le single commence à être pleinement consacré à un personnage. On retrouve encore ce qu’on appelle aujourd’hui des back-up dans ces titres.

Dans les années 60 on recense plusieurs compilations de singles passés. Une stratégie marketing visant à présenter à nouveau les origines des personnages. Ce qui donnera par la suite naissance au titre Secret Origins d’abord nourrit par des rééditions diverses, puis des réécritures originales. Cette stratégie va prendre de l’ampleur et accoucher des premiers TPB dans les années 70 chez DC comme chez Marvel.

Ce n’est que dans les années 80 que le TPB fait ses premiers pas hésitants. Chez Marvel, l’éditeur mise sur des récits divers. Une collection maladroitement numérotée regroupant un arc de chacune de ses licences. Chez DC, la révélation se fait avec deux œuvres majeures. La première à compiler un récit dans son intégralité est The Dark Knight Returns. Un succès que l’éditeur va réitérer dans les années 90 avec Death of Superman et qui deviendra le TPB le plus vendu de la décennie. Ce succès encourage DC à s’investir plus sérieusement dans l’offre TPB comme un écho aux meilleures ventes des singles. On retrouve ensuite quelques arcs du Flash de Mark Waid ou trois volumes pour contenir Batman : Knightfall, puis des volumes d’autres événements autour du personnage (Legacy, Contagion, Cataclysm ou encore No Man’s Land).

Après quoi, le TPB va se répandre et trouver ses fondations à la fin des années 90. Ce n’est que dans les années 2000 que le TPB compile de manière plus ou moins régulière les arcs des titres proposés par DC Comics. A la fin de ces années 2000, DC prenait le risque de proposer des collections. Des albums non-numérotés dont l’éditeur faisait la publicité dans ses singles.

C’est avec les New 52 que DC prend le pari de relier chaque titre et proposer une offre sérieuse de chacune de ses publications en album relié. Suite à cette annonce et avec l’émergence du comics digital, il fallait craindre pour le format emblématique du single. Aucune crainte à avoir, le TPB était en train de muter et trouvait sa fonction d’accès matériel aux récits emblématiques de l’éditeur. Rééditions et réaction à un lectorat en quête de trésors cachés donc les collections Showcase chez DC Comics et Essential chez Marvel étaient les précurseurs.

A la fois de par son héritage déviant du comic-book créé par le Major Malcolm Wheeler-Nicholson, et son succès dans les années 90 faisant traverser ses deux personnages fétiches les heures difficiles des super-héros, le TPB dépend en partie du single, mais reste un format, pour ne pas dire un héritage, que DC Comics se doit de soigner.

Le TPB de demain, le TPB du passé

Le TPB de ces dix dernières années a expérimenté plusieurs formes, porté par le graphic novel qui fait vivre une sorte d’actualité et lui permet de dépasser cette forme de condensé d’épisodes déjà publiés. Cette petite rétrospective de l’histoire du TPB rappelle que sa fonction première est bien de rendre accessible les épisodes passés à un public nouveau. Certains sont bien évidemment plus demandés que d’autres, et d’autres facteurs comme les adaptations se font sentir. Pour certaines raisons, Killing Joke et Watchmen restent dans le Top 3 des meilleures ventes de l’année aux Etats-Unis.

Preuve en est que des récits connus, déjà lus, voir déjà possédés sont capables de rester des succès commerciaux. Le marché du recueil n’est pas à laisser pour compte et peut soutenir ce besoin de lecture et de connaissance chez le lecteur. Le TPB de demain ne sera pas bien différent de celui d’aujourd’hui. Il sera même très similaire selon les dires du bonhomme, retourné sur de bonnes bases. Mais si Dan Didio compte effectivement repenser ses collections de sorte à vendre un album pour son contenu que pour son titre, il faudra passer par une révision du contenu. Et dans ce cas, les ventes des TPB présenteront effectivement les tares du catalogue DC, à mon avis déjà bien visibles.

Sources des interviews : Newsarama 20192020

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