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"On l'a laissée agoniser sur la voie publique" : nouvelles mises en examen après la mort de Maeva, poignardée à Montpellier

Trois jeunes filles sont désormais mises en examen pour extorsion avec arme ayant entraîné la mort, une qualification criminelle, mais la vérité semble bien difficile à percevoir, dans ce dossier où les versions des protagonistes ont beaucoup varié.

De nouvelles mises en examen criminelles, pour "extorsion avec violence ayant entraîné la mort" ont été signifiées par le juge d'instruction qui tente d'élucider les circonstances de la mort à Montpellier de Maeva, cette mère de famille de 27 ans poignardée à 17 reprises le 22 août dernier, sur un parking du quartier de la Mosson.

Un traquenard tendu par téléphone

Trois jeunes filles, dont deux déjà écrouées pour non-assistance à personne en danger, sont désormais soupçonnées d'avoir participé au traquenard qu'aurait tendu à cette maman de quatre enfants un adolescent de 16 ans, également incarcéré. Vers minuit, en se servant du téléphone de l'une d'elles, il a attiré sur ce parking Maeva.

"Tout cela était lié à un plan visant à la prendre en otage et à dérober de l'argent chez elle" ont résumé mardi 24 octobre les magistrats de la cour d'appel, devant laquelle Camilla, 18 ans, demandait sa libération.

"S'il le faut, je la tarte"

"S'il le faut, je la tarte" aurait dit l'une des filles, tandis que le garçon ajoutait : "je suis prêt à lui mettre un couteau sous la gorge."

Le garçon s'est retrouvé seul dans la voiture de Maeva, où il s'est soudain déchaîné avec son couteau. Pourquoi ? Quel rôle exact ont joué les filles, qui n'étaient pas loin de la scène de crime ? Difficile d'y voir clair, dans ce dossier où les versions ont varié.

"On est dans l'intention de dissimuler la vérité" s'indigne Me GuillaUme Raymond, partie civile avec le bâtonnier Martin pour le père et les enfants de Maeva."personne ne veut dire ce qu'est devenu le téléphone de la victime. Quelle vérité recèle-t-il, pour qu'on continue à le cacher ?"

A lire aussi : VIDEO. "Elle se sentait menacée" : le père de Maeva, tuée de 17 coups de couteau à Montpellier, parle pour la première fois

Des consignes depuis la prison

L'avocat le rappelle : sitôt incarcérée, le 25 août, Camilla s'est procuré un téléphone pour envoyer via Snapchat des consignes à un ami. "Il faut absolument que tu dises tout ce que je vais te dire pour que ma peine soit réduite."

L'avocate générale rappelle la sauvagerie du crime, et la fuite des trois filles. "On l'a laissée agoniser sur la voie publique, alors qu'elle baignait dans son sang."

Le rôle trouble des éducateurs

Mais Me Florian Médico souligne l'immaturité de sa cliente. "Il ne faut pas oublier qu'elle a 18 ans et qu'elle était placée sous la responsabilité des éducateurs de la PJJ. Quand elles vont leur dire, on était sur une scène de crime, on leur offre un Mcdo et on leur dit qu'on ira au commissariat un peu plus tard. Cela relativise la façon dont elle se comporte en garde à vue, les messages, les mensonges. Rien de tout cela n'était préparé."

L'adolescent ne regrette rien

La suite de l'enquête s'annonce complexe. "Le juge d'instruction a une thèse, le parquet en a une autre, la partie civile aussi et nous une quatrième." Les magistrats l'ont rappelé en début d'audience : "Le père de Maeva est persuadé à 200 % que le commanditaire est l'ancien compagnon de sa fille, qui a envoyé le petit de la famille qui prendrait moins si c'était lui qui le faisait." Dernier détail qui ne fait rien pour la sérénité de ce dossier : un message, intercepté par le juge d'instruction, envoyé par l'adolescent qui a tué Maeva à sa mère, depuis sa cellule, dans lequel il explique qu'il ne regrette rien. Décision le 31 octobre.