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Plan de relance de l’UE : la Hongrie et la Pologne coordonnent leur position

La Pologne et la Hongrie ont fait cause commune, le 16 novembre, en refusant tout « conditionnement » des fonds alloués par l’Union européenne au respect de l’état de droit. Aujourd’hui, les deux pays frondeurs de l’UE veulent s’entendre sur la manière de sortir de ce bras de fer engagé contre la grande majorité des Européens. Le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki s’est déplacé jeudi 26 novembre à Budapest pour dessiner avec Viktor Orban un schéma de sortie de crise.

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Vers un possible compromis

Par le refus, Varsovie et Budapest, alliés au sein du Groupe de Visegrad, bloquent des milliards d’euros d’aides post-Covid, ainsi que le prochain budget européen pour 2021-2027. Mercredi 25 novembre, devant les eurodéputés réunis en plénière, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a condamné des « vétos irresponsables », tout en répondant aux principales objections de la Pologne et la Hongrie.

Les deux pays demandent une possibilité de « recours » au mécanisme de sanction, ainsi que des « critères objectifs » pour définir l’état de droit. La cheffe de l’exécutif européen les a rassurés en soulignant que « quiconque a encore des doutes » peut « s’adresser à la Cour de justice européenne pour demander que les nouvelles règles y fassent l’objet d’un examen exhaustif ».

« C’est dans cette enceinte que nous avons coutume de résoudre nos désaccords sur les textes de droit », a-t-elle un peu sèchement rappelé. « Et pas au détriment des millions d’Européens qui attendent notre aide de toute urgence ». Un compromis se dessine donc entre les diplomates : tant que la justice européenne n’aurait pas validé le mécanisme de sanction, ce dernier n’entrerait pas en vigueur. La Pologne et la Hongrie pourraient ainsi gagner un an, ou deux.

Budapest redoute d’être sanctionné

Cela suffira-t-il à calmer les ardeurs des deux capitales rebelles, qui ne s’expriment pas exactement sur le même plan ? Budapest redoute d’être sanctionné pour sa politique « anti-immigration ». « Aujourd’hui, seul le pays qui permet aux migrants d’entrer dans leur pays d’origine est considéré comme un État de droit », dénonçait Viktor Orban la semaine dernière dans un communiqué. Le premier ministre hongrois voudrait pousser son avantage jusqu’à faire retirer et réécrire le pacte migratoire proposé à l’automne par Bruxelles qui introduit une « solidarité obligatoire » dans la gestion des arrivées et des expulsions sur le sol européen que la Hongrie voudrait limiter.

→ EXPLICATION. Viktor Orban va-t-il bloquer la relance européenne ?

De son côté, Varsovie voit dans le nouveau mécanisme de sanction « un combat idéologique » contre ses « valeurs », notamment contre sa détermination à restreindre l’avortement. Un « mensonge », a assuré Ursula von der Leyen mercredi devant les eurodéputés.

Des soutiens divergents

Mais même entre les deux alliés, la confiance n’a pas toujours été au rendez-vous. Les deux gouvernements n’ont pas les mêmes appuis politiques au niveau européen. Le parti Droit et Justice au pouvoir en Pologne est dans le camp des Conservateurs et réformistes européens (CRE, eurosceptique). Malgré les nombreux débats en interne et la suspension du Fidesz, Viktor Orban est, lui, toujours membre du PPE (droite), le parti d’Ursula von der Leyen et de sa compatriote allemande, la chancelière Angela Merkel, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne.

Varsovie se souvient encore comment Budapest l’a laissée à son triste sort, isolée du reste des leaders européens, en 2017, au moment d’élire le polonais Donald Tusk (PPE), ennemi juré du PiS, à la tête du Conseil européen. Le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki craint que la Hongrie ne finisse pas conclure un marché trop souple, alors qu’il est contesté par son propre ministre de la justice, Zbigniew Tadeusz Ziobro, qui convoite le pouvoir sur une ligne plus ferme.

Peur d’un tête à tête Berlin-Budapest

C’est est effet dans la presse allemande que Viktor Orban a communiqué, jeudi 26 novembre, sur un ton beaucoup plus feutré, dans l’idée de gagner du temps. « Les pays dans le besoin veulent l’argent vite. Donnons-leur cet argent », a-t-il déclaré dans l’hebdomadaire allemand Die Zeit à paraître jeudi. « Les autres pays veulent de nouvelles règles d’état de droit. Très bien, discutons-en. La première chose, nous devons nous y mettre tout de suite, la seconde est moins urgente » et « peut attendre quelques mois », ajoute-t-il.

L’Allemagne a pris en charge la négociation. Viktor Orban fait jouer ses relations anciennes avec Angela Merkel. « Le train des Allemands accélère et veut nous faire dérailler », a-t-il alerté en faisant état de ses échanges avec la chancelière. « Ce que tu me demandes, Angela, c’est du suicide », lui aurait-il dit.

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