France

Poivre, miel, champagne : une ONG alerte contre les "faux aliments" dans nos assiettes

L'ONG Foodwatch met en garde, dans un livre-enquête, contre les "faux aliments" qui se retrouvent dans nos assiettes. Invitée d'Europe 1, Ingrid Kragl, directrice de l'information de l'ONG et autrice du livre, explique que la fraude est bien plus massive qu'on peut le croire et touche tous les aliments.
INTERVIEW

Les aliments dans nos assiettes sont-ils vraiment ce qu'ils semblent être ? Ingrid Kragl, directrice de l'information de l'ONG Foodwatch publie un livre-enquête, Manger du faux pour de vrai, qui dévoile les pratiques souvent scandaleuses des grandes entreprises qui garnissent les rayons des supermarchés. Sur Europe 1, elle met en garde contre la présence massive de produits frauduleux sur le marché, "des aliments qui ne devraient jamais finir dans nos estomacs et qui y parviennent". Cette fraude, qui représente des sommes importantes, va du simple poivre jusqu'au foie gras et n'épargne pas le bio ou les appellations contrôlées.

Des faux aliments du "poivre au champagne"

Ces faux aliments peuvent prendre plusieurs formes, explique Ingrid Kragl, "par exemple, des aliments contrefaits, des imitations qui se font passer pour des produits de qualité". Cela peut aussi être "des aliments contaminés qui sont malgré tout commercialisés et entrent dans la chaîne alimentaire". Par exemple, des thons avariés rendus comestibles après un bain chimique. Cela peut encore être "des produits illégaux parce qu'ils ont clairement enfreint la réglementation", comme des faux aux pesticides.

Cette fraude comprend également beaucoup d'aliments dit "adultérés", c'est-à-dire le remplacement partiel ou total d'un produit par un autre. C'est par exemple le cas de certains miels "qui n'ont jamais vu la moindre abeille et qui sont un mélange de sirop de glucose et autres cochonneries chimiques", explique-t-elle.

Le constat est sans appel, selon Foodwatch. "Ça concerne absolument tous les rayons. Ça commence avec le sel, le poivre qui sont a priori bon marché, et ça va jusqu'aux aliments chics et chers comme les foies gras et le champagne, en passant par les poissons, la viande, l'huile d'olive, le miel." Dans le cas des condiments, "59% du poivre contrôlé en France est frauduleux", selon la répression des fraudes, rapporte Ingrid Kragl. Certains sont coupés avec du sable. 

Des labels pas synonymes de meilleure qualité

Face à ces données, le réflexe peut être de se tourner vers le bio, le local, ou les labels. Mais, selon Ingrid Kragl, "ça ne suffira pas à être protégé des fraudes". Car même avec des produits supposés de qualités, "il y a de la triche sur les étiquettes, sur l'origine, sur les détournements de qualités". En Europe, 9 % des Indications géographiques protégées (IGP) sont contrefaites, selon une statistique européenne.

Selon son enquête, la fraude se passe à tous les échelons. Elle peut être due à de "petits producteurs français, des PME ou des multinationales". Mais peut aussi parfois être "le fait de réseaux de criminalité organisée". Comme le résume Ingrid Kragl, les consommateurs sont "tous partiellement concernés par la fraude. Mais les industriels, dans certaines filières sont aussi victimes".

Un "tabou" pour les autorités

Et cette arnaque a également un coût. La Commission européenne estime à 30 milliards d'euros par an environ le montant de la fraude. Mais pour la présidente de Foodwatch, "il y a de fortes chances pour qu'il soit sous-estimé". En effet, l'Italie à elle seule estime "à 24,5 milliards les pertes pour l'industrie agroalimentaire dans ce qu'elle inclut dans le terme d'agro-mafia". C'est-à-dire "tout ce qui concerne les pratiques illégales liées à l'industrie agroalimentaire". Une pratique qui s'est intensifiée avec le Covid, puisque les inspecteurs des fraudes étaient mobilisés sur d'autres sujets. 

L'autre problème de la cette activité frauduleuse est le manque de transparence des autorités. "La DGCCRF ne communique jamais sur les marques, à une exception près, pour les vins", explique Ingrid Kragl. Or, selon elle, c'est aux États de "mettre en place une politique préventive pour s'assurer que la fraude n'a pas lieu" car les consommateurs ne peuvent pas faire la différence en rayon. Elle exige ainsi a minima plus de transparence car celle-ci a "un effet dissuasif". "C'est un choix politique d'être opaque", estime-t-elle.  C'est pour cela que son ONG lance une pétition dans ce sens à destination du gouvernement. Foodwatch estime qu'il faut mettre fin au "tabou" de la fraude alimentaire. 

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