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Pourquoi, en souverainiste, je soutiens Éric Ciotti

Le second tour pour la présidence des Républicains entre Eric Ciotti et Bruno Retailleau se déroulera ce week-end.

© JULIEN DE ROSA / AFP

Les Républicains

Bernard Carayon, l'ancien député et maire (LR) de Lavaur, s'engage dans la campagne de la présidence des Républicains et apporte son soutien à Eric Ciotti pour le second tour face à Bruno Retailleau.

Un parti, en France, porte l’espérance présidentielle ! C’est le sens des institutions de la Vème République. Mais à deux conditions : que le parti dispose d’un candidat naturel ; ce fut le cas de François Mitterrand lors du congrès d’Épinay dès 1971, de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, largement en amont de l’élection présidentielle.

Le parti doit ensuite incarner un projet de société : « Changer la vie » pour le PS, les 35 heures avec Lionel Jospin, résorber la « fracture sociale », avec Jacques Chirac. Cela ne constituait certes pas une vision du monde, mais cela suffisait aux Français…

Pour Éric Ciotti, le choix du candidat est clair : c’est Laurent Wauquiez. L’homme est enraciné dans une région où il fait merveille et a réussi à faire élire, à l’Assemblée nationale, de nombreux amis. Il est apte, mieux que tous, à comprendre la complexité du monde et animé par la volonté de faire sauter les verrous de nos impuissances publiques. Certains lui ont reproché de se dérober à certaines échéances, oubliant que ce normalien est méticuleux et que l’impressionnant désastre français n’autorise ni l’improvisation ni les facilités : comme disait André Tardieu, avant-guerre, « la Révolution est à refaire ». L’ADN d’Éric Ciotti, c’est le gaullisme : moins une nostalgie que la certitude que ses principes sont validés, une fois de plus, par les crises que nous traversons et la première d’entre elle : une crise morale qui a saisi les élites françaises depuis longtemps, tirant un trait sur la France, obnubilées par l’Europe et vassalisées par les Etats-Unis. Notre histoire, anémiée par trop de compromis avec les centristes, c’est le RPR.L’indépendance en est le moteur : l’indépendance politique aujourd’hui ; l’indépendance nationale, en drapeau. Et notre projet, c’est de recouvrer nos souverainetés perdues au profit de l’Union européenne en matière, notamment, d’immigration, de politique industrielle et de conception de la personne humaine.

Notre parti doit ainsi se transformer. Il s’est longtemps contenté d’afficher des solutions techniques, aussi utiles soient-elles, à des problèmes techniques, sans que nous nous accordions sur l’essentiel : notre vision de la France et notre regard sur le monde, sur l’Europe et le sens profond de l’identité nationale. En somme notre destin comme Nation, dont les intérêts sont évidemment prioritaires, dans un monde, non pas de « repli sur soi », comme disent les « mondialistes », mais simplement de retour aux « fondamentaux », selon une expression rugbystique : les frontières, les peuples, les États qui incarnent la seule légitimité qui vaille, démocratique. Poser ainsi les bases d’une réforme des retraites sans l’inscrire dans la perspective de notre déclin démographique n’est pas répondre au problème de son financement durable, comme de la continuité historique de notre pays. Nous portons des réformes de la politique d’immigration, mais sans aller, jusqu’à présent, à la racine de nos échecs : être Français est un honneur et une chance, et non une simple providence administrative. Les conditions d’acquisition de notre nationalité en découlent logiquement. Et pour Éric Ciotti, le droit du sang doit se substituer au droit du sol, ce qui est la condition de tout le reste.

Avons-nous identifié les engagements européens qui nous ficèlent ? Non. Quid du militantisme immigrationniste et wokiste dans les services de l’État ? Pas encore de stratégie sur ces sujets. Il faudra bien s’y mettre. Un jour, nous proposons des réformes à la marge sur la fiscalité, un autre jour, sur les droits des handicapés ? Mais si peu sur la mère des réformes économiques et sociales, celle de la diminution de la dépense publique qui asphyxie notre économie et encourage l’assistanat au détriment du travail.

Nous voulons améliorer la compétitivité des entreprises ? C’est bien le minimum, mais cela relève de l’intendance. Le patriotisme économique doit nous guider dans la construction d’une politique industrielle, destinée à réduire nos dépendances stratégiques et engager la troisième révolution industrielle de la transition écologique. Comme l’Allemagne, la quête de la puissance doit être le Graal de notre politique économique. Celle qu’engagea le général de Gaulle dès 1958 en résorbant dette et déficits et lançant des programmes industriels sur lesquels nous vivons encore, tant bien que mal.

Élire, c’est choisir : Bruno Retailleau n’est pas un adversaire : c’est un concurrent talentueux. Mais quand on est concurrent, on se compare : Bruno Retailleau ne vient pas du gaullisme. Il est issu du mouvement de Philippe de Villiers. C’est parfaitement honorable, mais ce n’est pas tout à fait notre histoire. Bruno Retailleau se tait quand on l’interroge sur le choix de notre candidat à la présidentielle, préférant différer sa réponse au lendemain des européennes. J’ai du respect pour Xavier Bertrand qui le soutient, mais celui-ci a créé son propre parti. Or, il ne peut y avoir deux écuries dans la même course.Bruno Retailleau fait de la question « civilisationnelle » un sujet essentiel. Tous les esprits lucides partagent depuis longtemps cette opinion. Éric Ciotti, à juste titre, veut inclure dans la Constitution, une référence à nos racines judéo-chrétiennes.

Mais Bruno Retailleau est aussi président d’un groupe parlementaire qui n’a pas la majorité absolue au Sénat et doit donc compter sur ses alliés centristes, artistes dans les synthèses a minima. Ils n’ont pas opposé, par exemple, de barrage démocratique à l’installation dans nos terroirs d’éoliennes terrestres. Ce n’est pas un sujet anecdotique : c’est l’illustration des compromis sénatoriaux qui, certes, sont bien naturels dans les processus législatifs, mais qui ne peuvent être contradictoires avec ce que nous voulons. Éric Ciotti est partisan, lui, d’un veto populaire. Et pour beaucoup d’entre nous, c’est le seul moyen d’entraver le développement de cette escroquerie écologique et du pire du capitalisme : tout le profit pour le promoteur, le coût et la laideur pour tous les autres.

Revenons donc aux racines du gaullisme avec Éric Ciotti : la restauration de nos souverainetés, la restitution aux contribuables de leur argent et aux Français de leur fierté nationale.

Bernard CARAYON

Ancien député

Maire (LR) de Lavaur

Avocat au barreau de Paris

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