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Présidentielle en Iran : Hossein Dehghan, candidat du régime à l'ascension fulgurante

Il se dit « nationaliste et revolutionnaire » sans « étiquette politique ». Il souhaite œuvrer pour une « compréhension mutuelle » au sein de la société, et être l'homme du « dialogue » avec la communauté internationale. Un « dialogue avec force et dignité » précise-t-il. C’est ainsi que Hossein Dehgan, général des Gardiens de la révolution, la toute-puissante armée idéologique du régime, a déclaré la course aux élections présidentielles ouverte. Prévues en juin 2021, elles marqueront un moment décisif dans l'histoire de la République islamique.

Étouffé sous les sanctions américaines, touché de plein fouet par la pandémie du Covid-19, le régime de Téhéran vit au rythme des crises perpétuelles, auxquelles s’ajoute désormais celle de la légitimité. Ls émeutes de novembre 2019, les plus vastes et violentes que le pays ait connues, et les législatives de février 2020, marquées par une abstention record, en ont été les exemples les plus parlant.

Sur l'échiquier politique, les réformistes sont écartés du pouvoir depuis 2009. Les conservateurs montent en puissance mais sont minés par des divisions internes. Alors que les modérés, incarnés par le président sortant Hassan Rohani, arrivent en fin de règne, sur un bilan décevant : désaveu de l’accord nucléaire, isolement du pays sur la scène internationale, effondrement de l’économie. Un champ libre donc pour le candidat des Gardiens, Hossein Dehghan, qui au nom de « l’intérêt du peuple » prône la fin « des querelles partisanes ». Son atout majeur : il a côtoyé et collaboré avec toutes les forces politiques, économiques et militaires du pays depuis la révolution de 1979.

Qui est Hossein Dehghan ?

Ce cacique du régime n’a que 22 ans lorsqu'il participe à la prise d’otage de l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran. Quelques mois plus tard, promu chef des Gardiens de la capitale, il joue un rôle majeur dans la répression sanglante des mouvements « contre-révolutionnaires ». « Couronné de ces succès» d’après sa biographie officielle, il est nommé en 1982 chef des Gardiens pour les opérations extérieures au Liban et en Syrie. C’est lui qui va superviser la création du Hezbollah, en réponse à l’intervention militaire israélienne au Liban, et alors que la guerre civile y fait rage. Comme il l'explique dans une interview télévisée, il se charge de tout : de la charte au drapeau, en passant par la désignation du porte-parole : « J’ai demandé à Hassan Nasrallah d’écrire les statuts du Hezbollah et de me les rendre le plus vite possible.»

En 1983, il est toujours en poste lorsque deux attentats kamikazes, quasi simultanés, font un carnage à Beyrouth. 299 morts dont 241 Américains et 58 Français. Bien qu’il nie toute implication, il est depuis dans le collimateur des Américains, placé sur la liste des personnalités sous sanctions. De retour au pays en 1984, il est commandant adjoint des forces aériennes des Gardiens jusqu’à la fin de la guerre Iran-Irak (1980-88). ٍLors de la reconstruction du pays, il reprend ses études en management, et participe au « djihad de construction » notamment à la tête de la coopérative Taâvon, le poumon économique des Gardiens.

Du général à l’homme politique

C’est dans le gouvernement réformiste de Khatami que Dehghan commence sa carrière de politicien, et fait rare, il va occuper des postes ministériels dans les différents gouvernements qui se succèdent. Appuyé par des hommes forts du régime et soutenu par le guide suprême, son ascension est fulgurante. Nommé vice-ministre de la Défense en 2001, il est reconduit en 2005 mais cette fois-ci sous les mandats du président conservateur Ahmadinejad qui le nomme vice-président en 2009. Enfin, sous le gouvernement du modéré Rohani en 2013, il devient ministre de la Défense.

Depuis 2017, Hossein Dehghan est à « la Maison », le QG du Guide suprême, dans le cercle le plus fermé du pouvoir. Il occupe une position qu’aucun ancien ministre de la Défense n’a pu obtenir jusqu'alors : conseiller spécial de l'industrie de la Défense et de la logistique des forces armées auprès de l'ayatollah. Une position clé car le programme de missiles balistiques iranien dont il est en charge, serait au cœur d'éventuelles négociations entre Téhéran et Washington.

Sa candidature, mûrement préparée avec ceux qu’il appelle ses « amis » est non seulement un signal fort aux alliés régionaux du régime, mais elle satisfait surtout les critères exigés par le Guide. Au printemps, celui-ci appelait de ses vœux « un gouvernement jeune et [partisan du] Hezbollah » précisant que « certains restent jeunes, joyeux et passionnés malgré leur âge, à l’image du martyr Ghassem Solemanie». Héros national aux yeux du régime, l’ex chef du Corps d'élite des Gardiens pour les opérations extérieures, tué en janvier 2020 par les Américains aurait été pressenti pour être candidat aux élections présidentielles. Le Guide suprême semble avoir trouvé son remplaçant idéal en la personne de Hossein Dehghan, né en 1957, comme Solemanie. 

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