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« Prier ensemble, au Vatican, c’est se souvenir que nous ne formons qu’une seule Église »

Devant la basilique Santa Maria in Aracoeli, Emmanuelle Martin sort, sourire aux lèvres, d’un atelier organisé par la communauté de Taizé dans le cadre de la journée œcuménique « Together 2023 » qui se déroule ce samedi 30 septembre. Durant deux heures, cette salariée de la mission protestante Jeepp (Jeunes Étudiant-e-s et Professionnel-le-s Protestant-e-s) a débattu autour du thème « Annoncer l’Évangile de manière crédible aujourd’hui », avec une cinquantaine de jeunes chrétiens, un évêque catholique allemand ainsi que deux responsables synodaux allemand et suisse.

« C’est la première fois que je viens à Rome, et même en Italie », confie la jeune femme de 29 ans, appareil photo en bandoulière, visiblement impressionnée par les trésors historiques de la Ville Éternelle. Il faut dire que « Manou », comme la surnomment les jeunes de la mission, est venue de loin pour assister à cette journée œcuménique qui se conclura par une veillée de prière historique sur la place Saint-Pierre rassemblant douze responsables d’Églises chrétiennes. Habitant à Lyon, elle s’est rendue à Strasbourg avec deux jeunes adultes - un protestant et une catholique - afin de prendre un bus de nuit direction la capitale italienne.

L’œcuménisme au quotidien

Si Emmanuelle Martin s’est donné tant de mal pour assister à cet événement, c’est qu’elle a l’unité des chrétiens chevillée au corps. Elle a notamment participé aux Journées mondiales de la jeunesse à Lisbonne, avec la communauté du Chemin-Neuf, dans cette optique. « Je vis dans une collocation de quatre personnes venant de tous les courants du christianisme, explique-t-elle en rehaussant ses lunettes de soleil. Prier ensemble, au Vatican, avec tant de frères chrétiens du monde entier, c’est se souvenir que nous ne formons qu’une seule Église, celle de Jésus, riche de ses différences. »

Sa présence devant la basilique dont les travaux de construction engendrèrent le schisme protestant au XVIe siècle se justifie également par une volonté de soutenir les travaux du synode de l’Église catholique, qui s’ouvrira le 4 octobre prochain. « Beaucoup de femmes catholiques que je connais portent une demande de changement, ajoute-t-elle. Certaines jalousent un peu les Églises protestantes où leur place est plus importante. Je viens aussi pour partager leur combat. »

Quelques autres jeunes protestants sont venus de Paris, de Rouen, pour assister à cette veillée dont beaucoup perçoivent le caractère unique. « Je suis venu échanger avec d’autres jeunes qui partagent la même foi que moi, partage Axel Valentin, Francilien de 27 ans, engagé depuis de longues années chez les Éclaireurs et éclaireuses unionistes de France et coordinateur de la Lumière de Bethléem. Je veux voir ce qu’il y a au-delà des étiquettes, des divergences, des dogmes, pour chercher des réponses et renforcer ma foi par la rencontre. »

L’attrait pour le pape François

Le jeune homme a maintenu son déplacement de deux jours, en train, malgré les complications de voyage engendrées par les éboulements dans la vallée de Maurienne (Savoie) à la fin du mois d’août. « Voir la place Saint-Pierre et le pape, cela a quelque chose d’intriguant », sourit-il. La figure du pape François semble faire consensus parmi ces jeunes. « Je l’aime beaucoup car il est très ouvert », s’enthousiasme Emmanuelle Martin à l’évocation du nom du pontife.

Samedi soir, François apparaîtra aux côtés de douze responsables chrétiens, des mondes protestants (historiques ou évangéliques), orthodoxe, orientaux. Une démarche qui plaît à la jeune femme. « Il a conscience que l’Église catholique n’est qu’une Église parmi les autres, enchaîne-t-elle. En cela, je lui en suis très reconnaissante. Car si le pape pose de tels gestes, cela va ouvrir de nouveaux horizons aux catholiques. »