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« Prière du cœur », un livre pour la comprendre et la pratiquer

La Prière du cœur

de Frère Jean

Actes Sud, 144 p., 16 €

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur. » La prière du cœur tant pratiquée par les orthodoxes est bien plus que cette courte phrase que l’on répète en la calant sur sa respiration. « La prière du cœur est l’état de celui qui se trouve devant Dieu. »

Le frère Jean est moine orthodoxe depuis quarante ans. ­Cofondateur du skite Sainte-Foy dans les Cévennes, il a vécu au Mont Athos, en Grèce, et au monastère ­Saint-Sabas dans le désert de Judée. Il propose dans ce livre un cheminement en dix étapes pour parvenir à cet « état ».

« Chercher en soi ce que l’on n’a pas compris »

« La prière ne s’explique pas, commence-t-il en introduction, elle se vit simplement. » Alors, pourquoi ce livre ? Parce que « l’homme a besoin d’un schéma, d’un chemin balisé pour accomplir le pèlerinage de la tête au cœur ». Ce chemin commence par la ­purification du cœur par le jeûne, par l’orientation intérieure qui tourne le priant vers Dieu, par le choix d’un père spirituel, « exigeant et aimant », qui saura susciter et accompagner « la parcelle divine qui est en nous ».

Puis le frère Jean aborde la position du corps dans la prière, la signification de chaque mot prononcé, la manducation qui incorpore la prière « au souffle de la respiration et résonne aux battements du cœur ». Peut ensuite venir « le Silence, l’état naturel de l’âme ». Alors « la prière du cœur devient, par Grâce, une invocation perpétuelle du Nom de ­Jésus qui rayonne sur toute Sa Création ».

Le cheminement proposé par le frère Jean s’égaie d’anecdotes et d’apophtegmes. Il navigue dans l’Écriture et dans la tradition en proposant des commentaires de l’Évangile ou des Pères orthodoxes. Il aide à comprendre certaines notions spirituelles peu aisées à l’aide d’analogies ou de métaphores. Peut-être faut-il, comme le suggère l’auteur quand il aborde la question de l’accompagnement spirituel, « chercher en soi ce que l’on n’a pas compris ». Car « la réponse n’est pas dans la réponse, sinon tous les érudits seraient des sages. La réponse est dans la question ».