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PSG – Milan AC : De Maldini à Mbappé, qui gagne le classico de la mode ?

Les contemporains de l’époque Denisot vous vendront l’affiche comme un grand classique de l’histoire bleue et rouge, à ranger à côté du Barça et du Real. En réalité, le PSG et le Milan AC, qui se retrouveront ce soir au Parc des Princes en Ligue des champions, ne se sont affrontés qu’à quatre reprises en Coupe d’Europe. Les deux premières en 1994-95 au détour d’une demi-finale de C1 dominée par la bande de Capello (3-0 sur les deux matchs). Les deux autres, moins connues, en phase de poules de l’édition 2000-2001 (deux nuls). Après des balbutiements prometteurs, la légende de cet affrontement dont le PSG n’est jamais sorti vainqueur reste donc à écrire. Il faudrait, pour cela, que ses deux protagonistes fassent coïncider leurs moments de grandeur, ce qui, pour l’heure, n’est arrivé qu’une fois, il y a 18 ans.

En attendant, c’est vers les grands couturiers et les podiums de la Fashion Week qu’il faut se tourner pour voir Paris et Milan se tirer la bourre. Les deux villes se revendiquent capitale de la mode – Londres et New York aussi, mais personne n’y croit. Avantage ville lumière, assurent les connaisseurs comme Serge Carreira, maître de conférences à Sciences po, spécialiste de mode et du luxe :

Milan est vraiment la capitale de la mode italienne, avec une vraie tradition mais aussi un réseau industriel très important. Paris est d’une certaine façon la plateforme d’une mode internationale, avec des créateurs qui viennent du monde entier et bien évidemment des maisons parisiennes. Il y a une dimension plus globale à Paris, Milan étant plus la vitrine de cette mode italienne. »

La suprématie parisienne n’a pour autant pas toujours sonné comme une évidence. La bascule serait même récente selon Marc Beaugé, caution mode de Quotidien, à l’origine du magazine L’Etiquette : « Paris a gagné la bataille grâce aux grands groupes français dominants comme LVMH ou Kering. La grande époque de Milan, avec Dolce, Versace et Armani au top, c’était il y a une vingtaine d’années ». Pas pour rien que Netflix a parachuté Emily Cooper place Vendôme plutôt que dans la galerie Vittorio Emanuele II, quoi qu’on pense de la série.

L’élégance, partie intégrante de l’identité du Milan AC

Côté foot, et malgré plusieurs apparitions à la Fashion Week de Paris (Koché en 2017, Manish Arora en 2018 et Louis-Gabriel Nouchi en 2020), le PSG (ère QSI) a très longtemps snobé son patrimoine haute couture au profit de collaborations orientées streetwear, à l’image du partenariat avec Jordan, avant de réajuster le curseur un peu plus récemment. Depuis 2021, le Paris Saint-Germain est ainsi habillé par Dior, et les tenues de ville des joueurs sont directement « pensées » par Kim Jones, le Directeur Artistique des collections homme de Dior.

Insuffisant pour arriver à la cheville du Milan AC, qui sent bon l’élégance et le charisme sur plusieurs générations, comme le rappelle Marc Beaugé. « Quand on parle de footballeurs en costume j’ai des images de joueurs du Milan AC qui me viennent à l’esprit mais très peu du Paris Saint-Germain. Je pense spontanément à Baresi, Costacurta, Maldini, Pirlo, à Berlusconi aussi. Milan est une ville d’élégance masculine, ça ruisselle sur le club, forcément. La tenue actuelle du club avec Off White est réussie. Très propre, très discret, le rendu est plutôt bon. »

La marque de streetwear haut de gamme succède à Diesel et Dolce Gabbana. En 2011, cette dernière avait grandement surfé sur la réputation chic de l’institution rossonera en faisant poser les Zlatan, Pato et Gattuso en costume pour le photographe de renom Marco Falcetta. Un livre – Milan Fashion Soccer Players Portraits – naîtra de ce shooting.

C’est une chose d’avoir un beau costume, encore faut-il savoir le porter. « Dans la série sur David Beckham, illustre Serge Carreira, il y a un épisode où un des joueurs commente l’une de ses premières grandes sorties pour l’équipe nationale anglaise. Tout le monde portait un costume. Et le propos était ‘’David Beckham était le seul à bien porter le costume, à avoir un costume bien taillé, nous, on avait l’air de clowns. » « Desailly disait qu’en arrivant à Milan, on lui avait appris à faire son nœud de cravate proprement, à porter le costume, poursuit Marc Beaugé. Ça compte en Italie. À Milan on voit beaucoup d’hommes porter le costume, c’est moins le cas à Paris. » Effectivement, à moins de prendre le métro jusqu’à La Défense… mais qui rêve du flow d’un cadre sup de la tour Engie ?

Mbappé et Leão chouchou des marques

Au Parc comme à San Siro, la mode a très largement dépassé le simple cadre de partenariats collectifs. Beaucoup de joueurs assument leur côté fashionista et sont habillés par les grandes maisons quand ils ne créent pas leur propre marque (une mention pour le flop de Beau Goss, celle de Marquinhos). Personne ne sera étonné d’apprendre que Kylian Mbappé est un des chouchous des couturiers et autres artisans du style : il a collaboré avec Dior et les lunettes Oakley, entre autres. Son double portugais de Milan, Rafael Leão, a quant à lui récemment travaillé avec Arte Antwerp, une maison là aussi spécialisée dans le streetwear haut de gamme, pour un rendu, disons-le, plutôt classe.

Mbappé porte le fameux costume Dior de Kim Jones. Attention à la cravate Kyks
Mbappé porte le fameux costume Dior de Kim Jones. Attention à la cravate Kyks - J.E.E/SIPA

Il y a aussi des mauvais élèves : l’histoire s’empressera par exemple d’oublier le costume léopard rouge et noir de Théo Hernandez au défilé Dolce & Gabbana (Fashion Week de Milan 2022). Pareil pour son ancien coéquipier Samu Castillejo et son accoutrement rayé et doré à ne montrer dans aucune école de stylisme (Fashion Week 2020). Ces fashion faux pas notables montrent les limites des joueurs dans un milieu qu’ils maîtrisent encore mal.

« Je vois plus les footballeurs comme victimes de la mode, désireux d’afficher les signes de richesse moderne et d’arborer des logos reconnus, que comme de vrais férus de mode, théorise Beaugé. Ça m’étonnerait que derrière leur manière de s’habiller, il y ait un travail de recherche pour savoir qui a dessiné tel costume, pour aller dénicher le petit créateur moins connu ou pour chiner de belles pièces vintage. Ils sont riches et consomment comme des riches, donc ils roulent dans de grosses voitures, arborent des montres chères et portent de la mode, cela fait partie du package. Mais, dans l’ensemble, ça ne sent pas la passion et la culture. » Ouch.

Parisiens vs Milanais, qui a le meilleur flow ?

Le contexte posé, il faut délibérer. En 2023, qui du Paris Saint-Germain ou du Milan AC a la meilleure dégaine hors du terrain ? 20 Minutes a fait appel à l’expertise de Sofiane, aka L’Interiste, connu sur X (anciennement Twitter) pour ses threads d’évaluation des tenues portées par les joueurs de l’équipe de France à leur arrivée à Clairefontaine.

« Kylian, c’est du Nike, du Nike, haut et pantalon de même couleur. Il essaye d’être simple, ça contraste avec son jeu et sa condition de star. Un statut qu’il retrouve quand il enfile ses lunettes de soleil. Là, c’est lui la star. »

« Giroud, c’est dommage… On sent qu’il est classe mais il met des jeans slims déchirés. Il a 36 ans et met des tenues soit d’ado soit de star de la télé réalité alors qu’à Arsenal, quand il était habillé par le club, il était propre, classe. Il a la personnalité pour adopter un style beaucoup plus classe. »

Victoire Kylian Mbappé (1-0 PSG)

« Hakimi s’intéresse beaucoup à la mode depuis son arrivée à Paris. On le voit sur Insta, il essaye des tenus, des trucs larges, des trucs serrés, etc. Il s’en sort beaucoup mieux que certains, et maintenant on peut le dire, il est très stylé. Il a de plus en plus de flow. Ça se voit qu’il traine dans la mode. »

« Theo Hernandez met des tenues du style espagnol, genre Desigual. Il s’habille toujours large, jogging, t-shirt qui dépasse du pull, c’est un style paella. Il arrive pas à s’en détacher alors qu’il est dans une ville comme Milan. Le problème, c’est qu’il s’en fout, il sort comme s’il était encore à Madrid. »

Victoire Hakimi (2-0 PSG)

Achraf dans ses oeuvres
Achraf dans ses oeuvres - Achraf Hakimi

« Nuno, il faut voir comment il porte la blouse à l’infirmerie. Plus sérieusement, Mendes, a un flow très parisien. Il s’est adapté immédiatement à la culture francilienne, pull, blouson petit jean. C’est pas une mode fashion week mais une mode parisienne de tous les jours. C’est simple, efficace, mais face à Leão ça ne suffit pas. »

« Leão c’est simple, tout lui va bien. Quand tu le vois, tu te dis ‘’lui, il sait s’habiller’’. Il arrive à te sublimer chaque vêtement. Il met la tenue en valeur, il a toujours la petite coupe, le petit accessoire, le petit sourire qui va bien, comme quand il marque. C’est ce qui se fait de mieux. »

Victoire Leão

> Score final, 2-1, le PSG remporte la Supercoupe de la Fashion Week à défaut de gagner la C1.