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Qu’est-ce que le « syndrome aérotoxique », ce trouble qui serait provoqué par la pollution de l’air dans les avions ?

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Des passagers assis dans un avion le 14 avril 2016. (Rafael Ben-Ari/Chameleons Eye/Ne)

Des syndicats de pilotes et de personnels de cabine s’inquiètent des conséquences sur la santé d’une possible pollution de l’air dans les avions. Saisie en 2019, l’Agence de sécurité sanitaire a rendu ce mercredi un avis sur ce supposé « syndrome aérotoxique ».

Par L'Obs avec AFP

· Publié le 25 octobre 2023 à 15h07 · Mis à jour le 25 octobre 2023 à 15h45

Temps de lecture 1 min

L’air des avions est-il toxique ? D’après des personnels navigants, il serait responsable de symptômes réunis sous le terme de « syndrome aérotoxique » et qui vont de maux de tête à des vertiges en passant par des problèmes digestifs ou respiratoires. Dans un avis nuancé rendu ce mercredi 25 octobre 2023, l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) estime que des recherches plus approfondies sont nécessaires pour reconnaître l’existence de cette pathologie.

L’agence a été saisie en 2019 par plusieurs syndicats représentant pilotes et personnels de cabine, ainsi que par l’Association des Victimes du Syndrome aérotoxique (AVSA). Cette dernière, qui souhaite se joindre en tant que partie civile à une information judiciaire ouverte à Paris pour « blessures involontaires » et « mise en danger de la vie d’autrui », décrit une « contamination aiguë ou chronique de l’air pressurisé des avions par des substances toxiques ».

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Elle assure que « sur la quasi-totalité des avions de ligne, l’air respiré à bord est prélevé sur les réacteurs. Cet air est contaminé, entre autres, par l’huile utilisée pour leur lubrification », qui contient, toujours selon l’AVSA, des « additifs toxiques », tandis qu’une partie des contaminants est de taille « nanométrique ». L’avion, qui est déjà connu pour son lourd impact environnemental, aurait également des effets néfastes sur ses passagers et son personnel navigant.

L’information judiciaire, instruite au pôle santé publique de Paris, a été ouverte après le dépôt de plainte d’un pilote d’Easyjet en 2016.

La recherche sur le « syndrome aérotoxique » doit se poursuivre

Le comité d’experts cité dans le rapport de l’Anses convient que « de nombreux polluants gazeux et particulaires […] sont présents dans les cabines d’avions, mais juge que » les données sont insuffisantes pour conduire une évaluation quantitative des risques sanitaires liés à cette situation. Pour l’Anses, il n’existe qu’un « niveau de preuve faible » d’un « syndrome spécifiquement lié à l’exposition à divers polluants » ou aux produits de décomposition des moteurs.

L’agence réaffirme que « les symptômes décrits par les personnes ne sont pas mis en cause ». Néanmoins, elle estime que le syndrome aérotoxique n’est pas une « entité nosologique consensuelle » et qu’il n’est donc pour le moment pas reconnu comme une pathologie à part entière. L’Anses encourage donc les recherches « qui permettront d’apporter des connaissances sur les causes d’événements de contamination de l’air des cabines et leurs conséquences sur la santé des personnels navigants ». Plusieurs études de ce type sont en cours.

L’Anses a étendu le champ de son rapport aux « effets sur la santé liés à la profession de personnel navigant » et rappelé que des études avaient déjà conclu que ces employés étaient plus souvent touchés que la moyenne de la population par des cancers de la peau et des leucémies, possiblement liés aux rayonnements solaire et cosmique.