France

Rafi Eitan, Anna Chapman, Allen Dulles… Les légendes du Bureau

Stéphanie Duncan fait revivre sur France Inter la grande histoire à travers le destin d’espions célèbres.

Par Emilie Grangeray

Temps de Lecture 2 min.

France Inter
Samedi 11 juillet - 13 h 20
Série documentaire

Certes, le thème est rebattu. Fascinant, le monde de l’espionnage ne cesse d’inspirer scénaristes et cinéastes. Le succès du Bureau des légendes, l’excellente série d’Eric Rochant ou, côté israélien, de False Flag ou Fauda en témoignent. La série « Espions, une histoire vraie », imaginée par Stéphanie Duncan pour France Inter, n’en reste pas moins passionnante.

La productrice d’« Autant en emporte l’histoire » (également sur Inter) n’a pas cherché à raconter une énième fois des affaires qui, pour certaines, sont déjà bien connues (comme celle du Rainbow-Warrior) mais plutôt à « essayer de comprendre un parcours de vie. De croiser la grande histoire avec le destin d’un homme ou d’une femme ». Réalisés en confinement par trois femmes, chacun des neuf épisodes de cette série réjouissante mêle archives sonores et textes lus par des comédiens, afin que l’auditeur puisse « se créer des images ».

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« Collaboration avec le crime »

Les deux premiers épisodes – écoutables en ligne – étaient consacrés à Allen Dulles, ancien directeur de la CIA, et à l’espionne russe Anna Chapman. Pour le troisième, Stéphanie Duncan a choisi de s’intéresser à Rafael – « Rafi » – Eitan, chef du Mossad, devenu héros national à la suite de l’enlèvement hautement rocambolesque du criminel nazi Adolf Eichmann, en 1960. Né en 1926, Rafi Eitan rejoint très tôt la Haganah, organisation paramilitaire sioniste qui s’était donné pour mission de défendre les communautés juives des attaques arabes. Membre d’un commando d’élite dirigé par Yitzhak Rabin, il se fait remarquer alors qu’après avoir rampé dans les égouts de Haïfa – ce qui lui vaudra le surnom de « Rafi le puant » –, il parvient à faire sauter une station radar britannique sur le mont Carmel.

En 1951, il prend la tête des opérations du Mossad et réussit à capturer et exfiltrer Adolf Eichmann, logisticien de la « solution finale », caché en Argentine. Rafi Eitan quittera les services secrets israéliens en 1971 mais restera un héros national jusqu’à ce que son nom soit, dans les années 1980, mêlé à l’affaire Pollard, du nom d’un agent agissant aux Etats-Unis pour le profit d’Israël – lequel a d’ailleurs inspiré à Eric Rochant un personnage de son film Les Patriotes. A la fin de sa vie, il faut l’entendre déclarer, dans une précieuse archive : « Je suis une relique archéologique. J’appartiens à une génération qui a permis à cet Etat d’exister. Une génération où il y avait de la loyauté, et la volonté de se sacrifier pour le bénéfice de tous. »

A travers son portrait – et c’est le cas dans quasiment tous les épisodes –, c’est l’histoire d’un pays qui se donne à entendre et à comprendre. « Mélange de patriotisme et de cynisme, à la fois stratège et homme d’action, voire homme de main sans état d’âme », Rafi Eitan déclarait : « Le travail de renseignement implique une collaboration avec le crime : la morale n’a rien à voir là-dedans. » C’est la psychologie à l’œuvre qui a intéressé la journaliste : « Qu’est-ce qui fait, au fond, que quelqu’un devient espion ou espionne ? » Trois épisodes sur les neuf que compte la série sont d’ailleurs consacrés à ces dernières.

« Espions : une histoire vraie », créé par Stéphanie Duncan, réalisé par Fanny Bohuon, Anne-Sophie Ladonne et Céline Illa (9 × 32 min). Disponible à la demande sur France Inter.

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