France

Soin intégral

Rana Abdel Al

Physiothérapeute

Beyrouth (Liban)

De notre correspondante

«Le 4 août, ça a été très dur. Avec les explosions du port de Beyrouth, j’ai ressenti ce que les réfugiés éprouvent, l’urgence, le désordre », avoue Rana Abdel Al. Une fois le choc passé, elle a rejoint ses collègues de l’ONG Handicap International pour effectuer le tour des hôpitaux, évaluer les besoins, l’état du matériel disponible, le soutien psychologique nécessaire. Pour cette physiothérapeute, le désastre humain provoqué par la catastrophe a constitué un défi de plus, mais aussi une nouvelle expérience de vie.

Il y a deux ans, Rana Abdel Al a fait ses premiers pas au sein de la branche libanaise de Handicap International. Après huit ans passés à exercer dans le secteur privé, c’est une perte soudaine, celle de son père, qui la pousse à s’engager. À son évocation, ses yeux bleu gris se voilent, partagés entre une immense tristesse et l’admiration sans borne pour ce chirurgien qui n’avait de cesse de sauver des vies, aussi bien celles des hommes que celles d’animaux en détresse croisés au détour d’une rue. Après son décès, ou peut-être grâce à lui, Rana Abdel Al éprouve le besoin irrépressible de changer de vie. Pour y donner du sens. L’envie aussi de sortir de cette zone de confort que constitue le secteur privé, où certains patients se rendaient à leur séance de kinésithérapie plus par habitude que par réel besoin.

La jeune femme a plongé la tête la première dans une autre réalité, au sein de son propre pays, celle d’une société où très peu de personnes peuvent s’offrir le luxe d’une rééducation, encore moins financer des appareillages qui leur permettraient pourtant de se réinsérer dans la société. Un pays où la priorité est, d’abord, de survivre. Devant l’immensité des besoins, Rana Abdel Al se donne à fond, multipliant les sorties sur le terrain pour mieux cerner les attentes et les besoins des futurs bénéficiaires des projets de Handicap International.

« Chacun d’eux a une histoire familiale spécifique, une culture particulière, qu’ils viennent de Syrie, du Liban, de Palestine, d’Irak parfois aussi. Leur trait commun est que ce sont des personnes vulnérables. Il ne nous appartient pas de changer les mentalités, nous devons respecter leurs cultures », souligne la jeune femme d’une voix douce.

En quête de sens, elle semble avoir trouvé un nouvel objectif, celui de l’inclusion. « Mon travail, ce n’est pas seulement de soigner, c’est surtout de permettre aux personnes vulnérables de se réinsérer dans la communauté, explique-t-elle. Nous agissons pour que leurs vies changent. »

Au-delà de la simple rééducation physique, la Libanaise prend le temps de discuter avec chaque famille pour comprendre les défis colossaux auxquels ils sont confrontés. « Certains ont des frigos vides. Nous sommes en 2020, et il y a encore des personnes qui meurent de faim et de pauvreté », se désole la jeune femme qui s’appuie sur un réseau d’ONG susceptibles d’assister ces familles vivant dans le dénuement le plus complet.

Rana Abdel Al avoue parfois se heurter à l’incompréhension de familles en quête de sécurité et de besoins essentiels, comme la nourriture. « Je crois fermement que l’éducation est la clé pour le futur. Pour les enfants, l’inclusion, c’est leur permettre d’aller à l’école et de participer à la vie de la communauté. Pour les adultes, la perspective d’accéder à l’emploi, de générer un revenu, de se former, malgré le handicap, les blessures ou les maladies », avance-t-elle.

Alors qu’elle intervient régulièrement dans les camps de réfugiés syriens situés à proximité de la frontière libano-syrienne, certaines rencontres restent gravées dans sa mémoire. Comme celle de Shahid, une Syrienne de 10 ans, incapable de marcher et d’assister aux cours à cause de fragments d’obus logés dans sa moelle épinière. « Après avoir évalué ses besoins et discuté avec elle et sa famille, nous avons pu lui procurer une chaise roulante et les appareillages orthopédiques nécessaires pour qu’elle puisse de nouveau aller à l’école, raconte Rana Abdel Al avec fierté. Elle veut devenir médecin. »

L’histoire de Shaymaa, tragique, la hante. Atteinte de paralysie cérébrale, cette adolescente syrienne de 13 ans réfugiée à Ersal, à la frontière, doit aussi vivre avec l’absence de ses parents, portés disparus. « C’est un grand poids pour elle, j’essaie de l’aider », murmure la jeune femme, dont les grands yeux clairs sont empreints d’empathie et de sensibilité.

Confrontée à une misère extrême et aux injustices, dans un pays plombé par des crises profondes, Rana Abdel Al ne se laisse pas abattre. « Les défis sont nombreux, mais nous sommes tous dans le même bateau, il faut garder espoir. »

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