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Strasbourg : un camp de migrants bientôt évacué, la ville attaque l’État

Strasbourg : un camp de migrants bientôt évacué, la ville attaque l’État

Photo AFP

publié le 5 décembre 2022 à 21h17.

Strasbourg va attaquer l’État pour sa « défaillance » à héberger les personnes à la rue.

Strasbourg, où un campement de migrants est sur le point d’être évacué, va attaquer l’État en justice pour sa « défaillance » à mettre à l’abri les personnes à la rue, a annoncé lundi la maire écologiste Jeanne Barseghian, lançant un appel national aux « élus » et « associations » qui le souhaitent à rallier son action.

« Malgré une action volontariste de la Ville de Strasbourg, la création de 500 places d’hébergement, l’ouverture d’un gymnase, nos moyens (municipaux) ne suffisent pas à répondre à cette grande détresse et à cette crise humanitaire. La mise à l’abri relève de l’État, il y a carence, donc j’ai décidé que la ville de Strasbourg intenterait une action en responsabilité contre l’État, du fait de cette défaillance », a déclaré l’élue EELV lors d’une conférence de presse.

« On est à côté des élus, on a maintenu le niveau de l’hébergement d’urgence à un niveau extrêmement haut », avec « 198.000 places en France », a rétorqué Olivier Klein, ministre délégué à la Ville et au logement. Concédant une « situation difficile », il a assuré que l’État jouait « son rôle ». « On attend des maires » qu’ils jouent aussi le leur, a-t-il ajouté.

« La France connaît une crise humanitaire sans précédent avec, dans toutes les grandes villes françaises, des centaines de personnes […], des enfants, qui sont à la rue dans le froid, sans droits, sans accès aux soins, dans la misère », a repris la maire écologiste, déplorant que l’État n’agisse pas « dans les responsabilités » et « les compétences qui sont les siennes ».

La « promesse » de Macron

« Strasbourg n’échappe pas à la règle », a-t-elle ajouté, en invitant « tous les élus » et « toutes les associations » de France qui le désirent à « rejoindre cette action en responsabilité contre l’État ».

Fin octobre, avec une dizaine de maires de grandes villes de France, Jeanne Barseghian avait dénoncé dans une lettre à la Première ministre Élisabeth Borne une baisse prévue des places d’hébergement d’urgence en hôtels en France, sur laquelle le gouvernement était finalement revenu.

« Je vous rappelle quand même que l’une des premières promesses d’Emmanuel Macron en 2017, c’était qu’à la fin (de cette même année), il n’y aurait plus personne à la rue », a encore déclaré Jeanne Barseghian, déplorant une promesse « absolument pas tenue ».