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Synode, une « lettre au peuple de Dieu » très débattue

Le texte était très attendu, il a fini par être publié par le Vatican dans l’après-midi du mercredi 25 octobre. Trois jours avant la conclusion de la première assemblée synodale sur l’avenir de l’Église, les pères et mères synodaux ont signé une lettre de deux pages et demi adressée au « Peuple de Dieu ». Une démarche décidée il y a quelques jours par les 363 membres du Synode, à l’issue de plus de trois semaines de réflexions et de réunion surtout marquées par le silence.

Dans ces lignes, ils se disent marqués par « la parole de Dieu » et « l’expérience des autres » partagée au cours de ces travaux, malgré « le contexte d’un monde en crise » ainsi que ses « blessures » et ses « inégalités scandaleuses », qui ont donné aux travaux « une gravité particulière ». Du conflit entre le Hamas et Israël, éclaté trois jours après le début du Synode, les pères et mères synodaux ne disent rien de précis, mais ils affirment avoir « prié pour les victimes de la violence meurtrière ».

Défis multiples et questions nombreuses

Dans ce contexte difficile, les « défis » de l’Église catholique sont « multiples » et les questions « nombreuses », poursuivent-ils, en renvoyant au rapport de synthèse des travaux du Synode, qui sera publié samedi 28 octobre au soir. Parmi ces défis apparaît clairement l’écoute des plus faibles.

« L’Église de notre temps se doit d’écouter, dans un esprit de conversion, les personnes qui ont été victimes d’abus commis par des membres du corps ecclésial, et de s’engager concrètement et structurellement pour que cela ne se reproduise pas », peut-on lire dans ce texte. « L’Église a aussi besoin d’écouter les laïcs, hommes et femmes, tous appelés à la sainteté en raison de leur vocation baptismale », écrivent aussi les membres du Synode.

Tractations

Ces deux pages et demi ont fait l’objet de réelles tractations au sein de l’Assemblée du synode. Après avoir présenté le texte lundi matin à l’Assemblée, le secrétariat général du Synode a en effet fait face à une réaction qu’il n’avait pas anticipée. Car après avoir entendu des applaudissements éclater dans la salle Paul VI, le cardinal Mario Grech, secrétaire général avait conclu que la lettre pouvait être adoptée ainsi. Une méthode immédiatement contestée par plusieurs membres, prenant la parole afin de demander la possibilité d’amender le texte. Les uns estimaient que le vocabulaire utilisé n’était pas assez clair, les autres que la référence à la guerre devait être plus précise. D’autres encore réclamaient que les victimes de pédocriminalité soient clairement mentionnées.

Le comité de rédaction, composé de 12 membres, dont l’archevêque de Marseille, le cardinal Jean-Marc Aveline, s’est donc immédiatement remis au travail, pour intégrer les remarques et les amendements envoyés de toutes parts. Ce travail a d’ailleurs été coordonné, selon plusieurs sources vaticanes, par le cardinal français.

La version finale de la lettre, finalement adoptée mercredi après-midi par 336 membres, contre 12, a vu disparaître la liste des pays en guerre, jugée trop difficile à dresser. Quant aux abus sexuels, ils ne sont pas mentionnés. Le cardinal Grech, lui, a présenté, mercredi matin, ses excuses, pour avoir interprété - un peu vite - des applaudissements comme une approbation.