France

Taxe européenne sur les transactions financières : Vienne tacle le plan de Berlin

Pour Germot Blümel, c'est non. Le ministre autrichien des Finances a ouvertement critiqué, ce mardi 21 janvier, le projet de taxe européenne sur les transactions financières (TTF) présenté fin 2019 par Berlin.  Le projet du ministre allemand des Finances Blüme, Olaf Scholz, "n'est pas acceptable (...). Il punit (...) les petits épargnants et ceux de catégorie moyenne" et pas les spéculateurs boursiers, s'est emporté M. Blümel, avant une réunion des ministres européens des Finances à Bruxelles.

Il a exigé une "nouvelle proposition", menaçant sinon de claquer la porte des négociations. "Je crois que nous n'avons jamais été aussi loin en ce qui concerne les transactions financières en Europe", mais "mon impression, c'est que beaucoup (d'Etats membres) soutiennent" cette proposition, a réagi Olaf Scholz.

10 ans d'atermoiement

"Il y a même des pays qui voudraient nous rejoindre", a-t-il ajouté, sans préciser lesquels. Cela fait bientôt dix ans que les ministres européens des Finances tentent de s'entendre sur une taxe sur les transactions financières. Après un premier échec en 2013 au niveau européen, un nombre plus restreint de pays avait décidé de prolonger les négociations dans l'espoir de parvenir à un accord au moins entre eux.

Dans le cadre de cette coopération dite "rapprochée", ils sont actuellement dix, dont la France et l'Allemagne. Et au moins neuf d'entre eux doivent participer aux négociations pour qu'elles se poursuivent. Par conséquent, si l'Autriche et un autre pays prenaient la porte, ce serait la mort du projet.

Olaf Scholz, avait transmis son plan à ses neuf homologues le 10 décembre dernier. Il avait proposé de taxer à hauteur de 0,2% les achats d'actions d'entreprises dont la capitalisation boursière dépasse un milliard d'euros.