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France

TÉMOIGNAGES. À la marche contre l'islamophobie, le ras-le-bol des « discriminations »

« Discriminations », « suspicion », « amalgames »: les manifestants de la marche contre l'islamophobie dimanche 10 novembre estiment qu'il y a urgence à réagir face au « grand danger » qui se profile, dans une atmosphère qui rappelle celle des « années 1930 ».

« En tant que femme voilée, je suis la première qui doit être là, parce que les discriminations, je les vis quotidiennement », raconte Myriam, la jeune femme venue du Val-de-Marne.

Master en science de l'éducation en poche, la trentenaire n'a jamais pu trouver un emploi dans son secteur, à cause de son voile, estime-t-elle. « Au niveau du CV, ça allait, mais au faciès, c'était impossible d'avoir un emploi. Je suis donc auto-entrepreneuse, j'ai dû créer mon emploi pour en avoir un, et je travaille dans la restauration. J'ai dû abandonner mes ambitions ».

Les politiques responsables

Pour autant, depuis qu'elle a vu une mère voilée être tancée par un élu RN lors d'une sortie scolaire, elle est persuadée que le pire reste à venir: « Aujourd'hui, j'appréhende même d'être maman. Au point que je mets de l'argent de côté pour que le jour où j'ai un enfant, je puisse le mettre dans le privé ».

« Je suis fatiguée des politiques à géométrie variable. Liberté, égalité, fraternité c'est du flan! », s'est emportée Hinda, salariée d'une association lors d'une manifestation à Marseille. Jusqu'aujourd'hui, dit-elle, elle n'avait « jamais ressenti le besoin de revendiquer (sa) religion, (elle) était Française ».

« Mais aujourd'hui je m'interroge. Quand je vois que les politiques ne réagissent pas quand on nous insulte, on nous rabaisse, qu'ils jettent de l'huile sur le feu et que personne n'est choqué, je me dis qu'il est temps de réagir. Je crois en la laïcité telle qu'elle existe dans les textes, mais certains en font une arme contre nous. On piétine nos droits, on rétablit la délation au plus haut niveau de l'État, c'est dangereux. Je vois un grand danger se profiler, je pense à l'ambiance des années 30, aux pires heures de l'Histoire. »

Un agenda politique

« Même si je ne suis pas musulman, c'était important de venir prôner le vivre ensemble, car c'est scandaleux de toujours blâmer les musulmans lorsqu'il se passe quelque chose », estime Thomas, graphiste aux lunettes rondes, venu à la manifestation parisienne avec des amis.

Pour lui, c'est « évident », le contexte est dicté par une volonté politique: « Les musulmans sont particulièrement discriminés. La question du voile est mise en avant en permanence. Tout ça, c'est beaucoup trop martelé pour que ce soit innocent ».

Depuis quelques temps, Ayoub Metchel, cuisinier, ne regarde plus la télévision: « Dès que j'allume, ça parle des musulmans, tout le temps en mal, toute la journée. C'est déprimant, ça joue sur le moral. Il y a beaucoup trop d'actes antimusulmans. Il faut que les choses changent, que ça cesse, parce que là, on arrive à un pic d'islamophobie », estime le quadragénaire flanqué d'un béret gris.

Trop d'amalgames

« Il y a un vrai problème avec les médias », assène Aurore Gaillard, une intermittente du spectacle: « Les musulmans sont toujours pointés du doigt, avec des amalgames musulmans = terroristes ».

Même si « les choses ne vont pas changer du jour au lendemain », la marche parisienne va permettre de montrer « que c'est ça aussi les musulmans, des gens qui défilent tranquillement, qu'au fond, tout va bien ».

« Mais je vois bien que les musulmans sont regardés différemment », explique la femme de confession juive. « Qu'ils sont vus avec suspicion. »

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