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« The Appointment », bijou de l’horreur britannique, sort en salle quarante ans après sa réalisation

Unique film de Lindsey C. Vickers, le long-métrage raconte avec brio la vie d’une famille ordinaire, peu à peu contaminée par une mystérieuse force maléfique.

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On rêvera longtemps à ce qu’aurait pu être la filmographie de Lindsey C. Vickers, réalisateur d’un unique et magnifique long-métrage qui a mis près de quarante ans à arriver jusqu’à nous. Après des débuts à la télévision, l’homme officia comme assistant réalisateur sur plusieurs films horrifiques de la société de production Hammer Film. L’occasion lui fut donnée en 1981 de réaliser un film, The Appointment, premier volet de ce qui devait être une série de treize téléfilms britanniques produits à grands frais. Vickers en aurait réalisé la majeure partie, mais le projet tomba à l’eau, engloutissant les rêves de cinéma d’un metteur en scène prometteur. Resté à l’état de secret très bien gardé et de VHS (pour Video Home System) circulant sous le manteau, The Appointment doit sa restauration à une bande de cinéphiles obstinés, et sa sortie en France au défricheur de pépites Les Films du Camélia.

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Le film s’ouvre sur un somptueux prologue, véritable poème qui fait d’une jeune fille la grande instigatrice du surnaturel. En voix off, un rapport de police évoque la mystérieuse disparition d’une écolière qui n’est jamais rentrée de son cours de musique. C’est elle qui apparaît à l’écran : affublée de son violoncelle, la gamine emprunte seule un chemin de traverse lorsqu’elle entend d’inquiétantes voix scander son nom, suivies d’un puissant souffle surgi du buisson qui l’aspire tout entière – on ne la reverra plus jamais.

Trois ans plus tard, voici Joanne, jeune musicienne concentrée sur la préparation d’un concert de fin d’année qui sera donné le lendemain. Avec tout le lyrisme du monde, Lindsey C. Vickers filme la chambre d’une jeune fille comme on tenterait de faire le tour d’un cerveau : romans à l’eau de rose dans la bibliothèque, partitions de musique, papier peint floral et portrait encadré de Joanne avec son père. Justement, celui-ci appréhende de lui annoncer une mauvaise nouvelle : à cause d’un rendez-vous important, il ne pourra pas assister au concert de sa fille. L’intensité du chagrin de Joanne laisse planer l’ombre d’un complexe d’Electre que vient confirmer la jalousie de la mère.

Rêve prémonitoire

Mais, déjà, la caméra est ailleurs, distillant son venin, dilatant le temps jusqu’à son point de rupture. La mise en scène s’émancipe du scénario, comme une âme glissant de son enveloppe charnelle, circulant là où bon lui semble, observant la vie quotidienne à travers un puissant sentiment du tragique. Là où un autre aurait manié l’ellipse, Vickers contemple l’écoulement du temps à l’intérieur de la maison familiale, glisse le long des murs, attrapant les parents de Joanne dans leur sommeil, le père secoué par un rêve prémonitoire : une meute de chiens aboyants, un accident de la route. Très vite, le réel s’augmente d’un double fond invisible chargé de non-dits, de pressentiments, de désirs enfouis, d’angoisse de mort, de sensations de déjà-vu. Le réalisateur, qu’on devine hypersensible, semblant obsédé à l’idée de donner forme et vie à cette quatrième dimension qui tire les ficelles de la réalité.

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