C’était il y a six mois seulement, mais c’était une autre ère pour la politique italienne. Fin juillet 2019, Matteo Salvini était encore ministre de l’Intérieur et, pour tenir sa promesse de maintenir “les ports fermés”, le leader de la Ligue (extrême droite) décidait d’interdire le débarquement sur les côtes siciliennes d’une centaine de migrants.

“Il s’agissait du bateau Gregoretti, une embarcation militaire italienne qui venait de secourir 116 personnes et qui a dû attendre au large pendant plusieurs jours”, rappelle le site d’information Il Post.

Pour cet épisode – comme pour celui, similaire, du navire Diciotti –, la justice a ouvert une enquête et a demandé que Salvini soit jugé par un tribunal pour “séquestration de personnes”. Or, selon la loi sur l’immunité parlementaire italienne, il revient au Parlement d’autoriser ou non ce procès.

“Un procès contre le peuple italien tout entier”

En février 2019, le Mouvement 5 Étoiles (M5S), alors allié de la Ligue, avait sauvé le ministre de l’Intérieur d’un procès sur le cas Diciotti, mais cette fois, selon toute vraisemblance, l’issue sera différente.

En effet, détaille le site d’information Open, “lundi 20 janvier, la commission du Sénat italien pour l’immunité a autorisé le procès contre Salvini”. Dans les trente jours qui viennent, le Sénat devra encore s’exprimer en session complète, mais les jeux semblent désormais faits.

Face à une telle situation, on pourrait croire le leader de la Ligue inquiet, sur la défensive. Il n’en est rien. Dimanche 19 janvier, Matteo Salvini a demandé aux siens de “voter

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Beniamino Morante