France

Un prêtre abusé en colère contre son évêque

« C’en est trop ! Mon âme est rassasiée de mépris. Pendant combien de temps encore les victimes devront-elles passer par les médias pour dénoncer le mépris dont elles sont l’objet, espérer se faire entendre, et obtenir le minimum de respect auquel elles ont droit ? » Ces mots de colère sont ceux d’un prêtre à son évêque. Le père Jean-Sébastien (1) s’est tu pendant quanrante-deux ans sur les abus sexuels dont il a été victime à l’adolescence. Il n’en a parlé à ses parents octogénaires qu’il y a dix jours.

Si ce prêtre du diocèse de Saint-Étienne s’est décidé aujourd’hui à prendre la parole publiquement, ce n’est pas pour dénoncer son agresseur, un autre prêtre du diocèse, le père Régis Peyrard, qui aurait fait de nombreuses victimes entre les années 1970 et 1990 et sera jugé en novembre pour abus sexuels sur mineur. Mais pour fustiger ce qu’il vit comme une « trahison », « une absence de la plus élémentaire empathie » et « de la maltraitance » de la part de son évêque, Mgr Sylvain Bataille.

Le père Jean-Sébastien avait gardé le silence sur les attouchements subis en juin 1976 jusqu’à ce que le diocèse lance une journée de prévention de la pédophilie, en janvier. « L’idée même de me retrouver comme victime au milieu de mes pairs était physiquement impossible. » C’est alors qu’il s’en ouvre pour la première fois au vicaire général, qui en informe l’évêque. Ce dernier respecte son choix et le dispense de la journée. Quelques mois plus tard, le père Jean-Sébastien revient avec l’évêque sur son secret, en toute confidentialité.

Or, en juin, Mgr Bataille lui fait demander par son assistante s’il pourrait loger le père Peyrard, qui doit alors être auditionné par la gendarmerie, dans le studio réservé aux « personnes de passage » au-dessus de son propre appartement, dans la maison du diocèse où lui-même vit… « Il m’était difficile de refuser à l’assistante car, à ce moment-là, je n’avais toujours pas décidé de raconter mon histoire, raconte le père Jean-Sébastien. J’ai usé de ruses de sioux pour rentrer tard le soir, et surtout ne pas le croiser… Mais un jour, il m’attendait dans le couloir, pour me demander pardon. Et, deuxième coup de massue, je découvre à travers ce qu’il me dit que l’évêque lui a parlé de ce que je lui avais confié. » Depuis juin, le père Jean-Sébastien peine à trouver le sommeil, à célébrer l’eucharistie… « Tous les matins je me réveille en me pinçant. J’ai du mal à y croire. Loger l’auteur des faits chez une de ses victimes, c’est du rarement vu ! »

Du côté du diocèse, on explique que Mgr Bataille « ne règle pas toutes les questions de logement et n’avait pas souhaité divulguer le caractère de victime du prêtre concerné à la cellule chargée du cas du père Peyrard ». « C’est un enchaînement malheureux de circonstances, explique Hervé Hostein, chargé de la communication du diocèse. Mgr Bataille le regrette profondément mais depuis un an, il a vraiment pris le sujet à bras-le-corps, avec notamment l’adoption d’une charte de prévention de la pédophilie. »

La présence lors d’une réunion, fin août, du vicaire général, le père Éric Molina, accusé de « gestes déplacés » sur une jeune fille – et finalement relevé de ses fonctions jeudi (lire La Croix du 14 septembre) –, est un nouveau coup pour le père Jean-Sébastien. Le 5 septembre, le prêtre revient sur l’épisode de juin avec l’évêque dont deux phrases « ne passent pas » : « Je n’ai pas pensé que vous alliez vous rencontrer », s’excuse dans un premier temps l’évêque. Puis : « Je n’avais pas compris que vous étiez victime. »« Nous en avions parlé deux fois ensemble. L’évêque s’est repris rapidement reconnaissant avoir trahi la confidentialité de notre entretien. Le mal était fait », raconte celui chez qui l’actualité et l’attitude de son évêque ont réveillé des réactions qu’il croyait « apaisées par le temps et le long travail de psychothérapie ».

Mgr Bataille a adressé une demande de pardon au père Jean-Sébastien. Sollicité par La Croix, il n’a pas souhaité s’exprimer, « son souci de pasteur » étant, explique Hervé Hostein, « de renouer le dialogue avec le prêtre directement et non par média interposé, et de trouver un chemin de réconciliation ».

En parlant aujourd’hui, le père Jean-Sébastien veut prendre au mot l’appel lancé par la Conférence épiscopale aux baptisés à « s’engager dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin ». « Peu importe ma personne, et peu importe la personne de Mgr Bataille. J’aimerais qu’un tel événement ne soit pas de la souffrance pour rien mais aide à faire réfléchir : comment sortir du cléricalisme ? Comment continuer à faire confiance au-delà du miel des mots qui prônent l’attention et la sollicitude nécessaires aux victimes ? Comment éviter que cela se reproduise ? »

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