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Viols sur mineurs : la psychologue scolaire sur le gril devant la cour d’assises de la Charente

Durant une bonne partie de son enfance, elle a passé ses week-ends chez lui, confiée par sa maman. Laurent était le bon copain de la famille, celui qui est là à Noël, aux anniversaires, celui qui dépanne pour aller chercher les enfants à l’école et les couvre de cadeaux. Pendant une demi-douzaine d’années, il a abusé de Laura. « C’était automatique à chaque fois que j’y allais », dit-elle.

« Je n’ai plus de haine »

Laura n’avait pas de père et dans l’innocence de l’enfance, a cru que c’était ça, « l’amour paternel ». C’est plus exactement quand les policiers l’ont interrogée, à ses 11 ans, après la plainte d’une autre collégienne, que la fillette a pris conscience de l’horreur de ces gestes. Des flash-back nauséeux l’ont foudroyée. Elle a aussi hérité d’un dégoût pour les poignées de main, les embrassades. Et ne peut plus voir sa photo d’elle toute petite. « Comme si elle essayait d’effacer son enfance », dit son avocat Arnaud Devaux.

Aujourd’hui, « je n’ai plus de haine », dit-elle. « Il me dégoûte juste. C’est un être immonde, immoral ». Aujourd’hui, il reste aussi des questions et la cour en a posé à la psychologue scolaire qui a vu Laura lorsqu’elle était en grande section, à Cognac. La praticienne se souvient d’une petite fille « mignonne, fragile ». Et se rappelle surtout de Laurent Commaille, ce monsieur qui venait chercher Laura à l’école. La fillette disait d’ailleurs qu’elle dormait dans son lit. « On a eu des impressions, on ne trouvait pas cette relation saine », a expliqué la psy à la barre. « Je me dis que je suis passée à côté de quelque chose, je n’ai pas aidé cette petite fille. J’en ai parlé à sa maman et elle m’a dit que c’était un monsieur très bien. » La mère, elle aussi, a dit qu’elle avait été « naïve ».

La psy, quant à elle, a voulu tendre des perches à Laura, lors de leurs entretiens. « J’ai essayé de lui poser des questions. » Mais la fillette n’a pas évoqué les faits clairement et aucun signalement n’a été fait à l’époque. « Je ne me sens pas du tout à la hauteur, j’ai failli dans ma mission », s’est excusée la professionnelle. « Est-ce que cette affaire a changé votre comportement ? », lui a demandé Charles Fribourg, l’un des avocats de la partie civile. « J’aimerais ne pas passer à côté, désormais. » Elle a expliqué que ses collègues enseignantes avaient aussi eu des doutes. Mais rien n’a été fait. « Pour l’avenir, dès qu’il y a un doute, signalez-le au procureur ! », l’a exhortée l’avocate générale Orianne Hounkpatin Amoussa qui précise que les membres du parquet se rendent dans les écoles pour encourager le monde enseignant à effectuer des signalements.

La veille, la cour d’assises a livré l’un de ces instants de vérité. Alors qu’il contestait une partie des faits reprochés, Laurent Commaille a fini par reconnaître que ce qu’avaient dénoncé les enfants était vrai.